Chapitre quatorze

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Caleb Anderson

Je prends une bouchée de mon pancake, en regardant les nouvelles Néerlandaises. Ils parlent de Grace autant qu'ils parlent des crimes locaux et je suis prêt à parier qu'elle en est bien heureuse. J'éteins le téléviseur et porte mon assiette jusque dans l'évier, rempli de vaisselle sale. Un soupir s'échappe de mes lèvres quand je relève mes manches pour la laver. L'eau coule sur mes doigts pendant que je frotte et rince chacune des assiettes, couverts et verres.

- Pourquoi t'es réveillé ? Demande une voix alors que je lève les yeux pour tomber sur une Lacey à moitié endormie, un chignon mal fait planté sur le haut de sa tête.

- Je te dois quelque chose ? Je rétorque en prenant mon téléphone qui traînait sur le comptoir.

- T'es marrant toi, rit-elle faussement en s'approchant de la machine à café.

- Donc t'as si mal dormi que ça ? Demandais-je en me postant devant la machine pour attirer son attention.

- J'ai rêvé que je devenais chauve, souffle-t-elle en me poussant. J'explose de rire en agrippant l'îlot central.

- C'est pas drôle, je vois pas pourquoi tu rigoles, souffle-t-elle en allumant la machine, faisant couler le liquide marron dans son mug.

Je secoue la tête en me tournant pour m'approcher du petit agenda commun qu'elle s'est mise en tête de nous faire utiliser.

- On fait quoi aujourd'hui ? Je finis par demander, n'ayant pas envie de tourner autant de pages que quelques mots me coûteraient. Lacey marche à son tour vers moi et tourne les pages à ma place, me pointant du doigt la page correspondant au sept décembre.

- Promenade dans les bois, ensemble, je lis avant d'arquer un sourcil, relevant le regard sur elle. Tu peux te promener seule, tu sais ? Où as-tu peur des chiens que tu pourrais prendre pour des loups ?

- Crois-moi que j'y serais bien partie seule, Élisa m'a dit que nous devions paraître plus souvent ensemble en public, hors de la glace je veux dire, explique-t-elle en sirotant son café.

- Aabroo ne m'a rien dit du tout, Élisa casse les-, commençais-je avant de me faire couper par une tape à l'arrière du crâne.

- Je ne t'autorise pas à parler d'elle comme ça, et puis on pourrait tous dire la même chose à ton sujet, me réprimande-t-elle. Elle se met ensuite à monter les marches, regardant je-ne-sais-quoi sur son téléphone. Je lève les yeux au ciel et la suit.

Une fois à l'étage, j'entre dans la petite chambre et ouvre le tiroir de la commode que Lacey n'a toujours pas réussi à annexer. Je ne sais absolument pas quoi porter, mais j'arriverai bien à trouver si je remue un peu les vêtements. J'en sors un jean bleu et plusieurs pulls. C'est bien beau d'avoir le pantalon mais je ne vais pas me balader torse nu sous quarante-et-un degré Fahrenheit. Je peux prendre du blanc, du rouge et du vert.

Je ne porte pas souvent grand intérêt à mes vêtements, mais quelque chose en moi veut porter la bonne chose, le bon jour. Je prends le pull blanc et l'enfile, jetant une grosse veste par dessus.

- On sort quand ? Je demande, sortant la tête par la porte, trouvant le couloir vide et la chambre de Lacey vide.

- Je croyais que tu ne voulais pas sortir ? Rétorque Lacey alors que je serre les dents à la stupidité de ma question, évidemment qu'elle allait trouver un moyen de réussir à me lancer quelques phrases types.

- Ferme-la et réponds-moi

- Je ne me suis même pas encore lavée monsieur le mal-propre, tu vas devoir attendre, répond-elle en sortant de la salle de bain, de la mousse blanche plein la bouche et sa brosse à dents dans les mains.

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