Chapitre vingt-trois

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Lacey Cooper

Il est trois heures du matin et je n'ai honnêtement qu'une seule envie, dormir. Je me verse une tasse de café alors que Caleb, Élisa et Aabroo discutent sur le canapé du salon. Je retourne m'asseoir sur le sol, en face d'eux avant de me frotter les yeux. Pour la faire courte, Élisa souhaite ne pas réagir à l'article, alors que Caleb, lui, veut y réagir. Aabroo lui, ne sait pas quoi faire et moi, je n'ai pas encore donné mon avis.

- Toi, Lacey, tu veux faire quoi ? Demande Caleb

- Moi je veux rien, je veux juste dormir... je grommelle en prenant une gorgée de mon café. Malheureusement, je sais que ce n'est pas de sitôt que je vais trouver repos. Caleb soupire et s'enfonce dans le canapé, relisant l'article une énième fois.

- Je pense quand même que c'est de la provocation pure et dure, il fait en levant les yeux vers nous.

- C'est sûrement cette garce de Grace, j'ajoute en reposant mon dos contre la table basse.

- Il faudrait faire profil bas, ne pas en parler jusqu'à ce que quelqu'un vous pose la question, et vous n'aurez qu'à faire comme si vous n'étiez même pas au courant, c'est tout aussi simple que ça, répète Élisa, car oui, elle ne le sait pas mais nous avons remarqué qu'elle répète la même chose depuis le début.

- Si on ne dit rien, alors on perd du potentiel soutien, ce fichu article est tout de même bien écrit, pour être honnête, j'ai moi même douté de notre propre relation en le lisant, et on sait pertinemment que les faveurs du public nous aident tout autant que nos performances sur la glace, j'explique en tenant ma tasse chaude entre mes doigts. Caleb hoche la tête et Élisa soupire.

- Alors, il faudra vraiment faire attention à ce que vous dites si vous souhaitez vous exprimer sur le sujet, car dans ce cas-là, même un simple mot mal choisi peut confirmer tout ce qui est dit dans ce ramassi de conneries, elle reprend en pointant du doigt le téléphone de Caleb.

- N'oublions pas non plus que ce "ramassi de conneries" est réel, de ce que je sais vous ne faites pas encore de bisous bisous, dit Aabroo, m'arrachant un sourire. Caleb lève les yeux au ciel et je me mords l'intérieur de mes joues pour ne pas pouffer de rire.

- Bon, plus sérieusement, il faut que vous vous décidiez maintenant, rappelle Élisa en se redressant.

- Je veux parler.

- Moi aussi.

- Finalement, je pense que moi aussi.

Élisa se pince l'arrête du nez en voyant qu'elle se retrouve finalement seule contre nous et elle hausse les épaules.

- Alors, c'est le moment -et il va falloir se mettre au boulot maintenant-, de préparer ce que vous allez dire, elle ordonne en claquant dans ses mains. Je râle alors que nous nous levons tous comme des enfants pour se mettre autour de la table de la cuisine. Élisa sors d'un des tiroirs un de mes petits blocs-notes et prend place à côté de nous.

***

Après encore une longue heure acharnée, nos deux coachs nous abandonnent pour le confort de leurs chambres d'hôtel, et nous sommes enfin autorisés à nous reposer. Je monte lentement les marches du châlet pour rejoindre ma chambre. Je m'écroule presque instantanément sur mon lit mais je n'arrive pas à trouver le sommeil. Je me retourne pour tenter de trouver une position qui me serait au moins un peu plus confortable mais rien, rien. Le sommeil ne semble tout simplement pas vouloir venir vers moi. Je soupire, grognant presque, ce n'était absolument, mais alors absolument pas le moment d'avoir une insomnie. Je soupire bruyamment et enfile mes chaussons. J'attrape un pull que j'enfile par-dessus mon pyjama et prends une écharpe que j'enroule autour de mon cou. Je descends le plus doucement possible les marches avant de prendre ma paire de clefs et sortir du châlet.

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