Chapitre trente-trois

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Lacey Cooper

Je pose un énième pantalon plié dans mon énorme valise. Caleb est allongé sur mon lit et observe le plafond.

– Je le déteste, je fais en fronçant les sourcils.

– Et moi donc, Caleb grogne en se retournant.

– Il a du culot, venir te voir le jour de la finale, après notre victoire en plus ! Je suis certaine qu'il ne serait pas venu si on avait perdu.

– Lacey, laisse tomber, il ne t'embêtera plus, on retourne bientôt aux États-Unis, et c'est bon, il murmure, mais je sens bien qu'il est préoccupé par ce retour soudain de son père.

– Il s'est invité ici ce matin ! Comment veux-tu que j'arrête de parler de lui ? Je fais en posant mes mains sur mes hanches.

Il se trouve que Monsieur Anderson s'est invité, ce matin au châlet pour prendre des nouvelles de son fils, fils qu'il n'a pas vu depuis plus d'un mois apparemment. Il a bu ma dernière capsule de café, a cassé mon mug préféré et a passé la matinée entière à juger nos décorations de Noël. Mais en réalité,je crois que ce qui m'a fait le plus de mal c'est qu'il ai dit que son fils méritait de vivre dans un meilleur endroit, dans de meilleures conditions.

– C'est un vrai con, il est comme ça, commence Caleb en se levant difficilement de mon lit.

Je souffle et continue de faire ma valise. Je ressens un petit pincement au cœur, je dois quitter ce châlet dans lequel j'ai vécu près d'un mois, quitter ces nouvelles habitudes que j'ai prises et, surtout... quitter Caleb.

– N'empêche, je crois que ça me fait plaisir qu'il soit passé, il avoue doucement. Je le sens se placer derrière moi, ses mains entourent ma taille et je me laisse fondre contre lui.

Il place ses douces lèvres contre la peau de ma nuque et je frémis.

– On est bien là, non ? Il chuchote à mon oreille et je souris.

– Je n'aurais jamais cru un jour ne pas hurler en me retrouvant dans tes bras, je ris pour le détendre un petit peu.

Je n'aurais jamais cru te prendre dans mes bras un jour Lacey.

Je reste silencieuse pendant un moment. Je me demande en fait comment est-ce que j'ai pu en arriver là ? je suis dans les bras de la personne que je souhaitais voir morte il y a deux mois à peine et je m'y plais. Je m'y plais énormément.

Je me tourne pour le serrer à mon tour dans mes bras, je monte sur la pointe des pieds mais avant que je ne puisse lui retourner son baiser, on entend des coups à la porte. Je me détache de lui et mon regard vague légèrement hésitant.

C'est vrai qu'on est bien là.

– Ne t'en vas pas, reste, Caleb soupire en me tirant près de lui.

– C'est sûrement important, allez, je vais ouvrir.

Je râle un peu mais quitte la chambre pour ouvrir la porte.

– Qui est là ? Je demande sans même être arrivée à la porte.

– C'est nous ! Retentit la voix d'Élisa et je n'en perds pas une pour la faire rentrer, elle et Aabroo.

– Nous sommes venus vous aider à tout..., celui-ci commence avant de s'arrêter net une fois dans le salon.

Une tonne de cartons et de sacs jonchent le sol, le sapin est déconstruit mais pas rangé, le tapis retourné, des sacs poubelles pleins; rien d'habituel.

– Lacey ? Fait ma coach en amenant sa main à sa bouche, presque figée. Mais qu'est-ce qui t'arrives ? Toi qui me hurle presque dessus lorsque je laisse dépasser une mèche de cheveux de tes coiffures.

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