Pdv : Elyana Wildfawn
Je suis réveillée par les chauds rayons de soleil qui caressent ma peau pâle. Je veux rouler sur le ventre mais à la place de rencontrer le tissu doux et chaud de mon lit, ce sont des brins d’herbe frais qui viennent picoter ma joue. J’entrouvre les yeux avec difficulté et les referme presque aussitôt tant la luminosité est forte et ma tête m’élance.
J’ai l’impression que quelqu’un s’amuse à taper au marteau dans mon crâne.
Les évènements de la veille sont flous dans mon esprit, je n’arrive à me souvenir que des bribes de parole et de certaines images qui me reviennent comme des flashes. Je prends plusieurs grandes inspirations malgré la brûlure de ma gorge et rouvre les yeux. Le soleil me brule à nouveau la rétine mais je suis trop surprise par ce que je vois pour les refermer. Le spectacle qui s'ouvre à moi me laisse sans voix.
Je suis allongée dans une clairière immense, des centaines de petites fleurs de toutes les couleurs couvrent l’herbe d’un vert éclatant. Des arbres projettent leurs immenses ombres sur moi et un soleil éclatant brille dans le ciel bleu au-dessus de moi. Je sens la panique monter, comme une vague prête à me dévorer. Ma respiration est saccadée alors que je n’ai même pas bougé et je sens une goutte de sueur perler le long de mon dos, davantage due au stress qu’a la réelle chaleur.
- Mais où est ce que je suis-je ?
Je me relève doucement sur mes coudes, ma tête tourne légèrement et je manque de perdre l’équilibre lorsque je suis enfin sur mes pieds. Je passe une main dans mes cheveux et grimace. A l’arrière de mon crâne, je sens une bosse douloureuse. Autour, mes cheveux sont dans un état pitoyable, ils sont secs et crasseux, je n’ose même pas en sentir l’odeur par peur de ce que je pourrais découvrir.
Je dois prendre une douche.
Mais je ne suis pas chez moi. Cette pensée me ramène à la réalité, un peu trop brusquement à mon goût.
- génial, dis-je à voix haute avec un petit rire hystérique.
J’aurais rêvé de trouver un si bel endroit. Dans n’importe quelle autre circonstance, la beauté de cette clairière m’aurait arraché un sourire mais là, je n’arrive pas à laisser la joie se dessiner sur mes lèvres, la peur est trop présente dans mon organisme pour laisser une autre émotion prendre place. Un peu tremblante, je mets un pas devant l’autre, le soleil tape contre ma peau pâle qui doit surement être rougie par un coup de soleil. Sans vraiment en connaitre le but, je fais un tour de la clairière, paniquée, espérant découvrir comme par magie où je me trouve. Mes vêtements ne sont plus mouillés par l’eau des égouts mais ils me collent à la peau à cause de la chaleur ambiante. Avec mon t-shirt, j’éponge la sueur de mon front.
Plus mon esprit s’adapte à la situation plus je sens mes larmes monter, je me force à les ravaler espérant de cette façon garder les idées claires. Tout ça est impossible. J’étais à New York. Une blague, c’est la seule solution logique, ou un rêve, oui, je suis en train de rêver ou peut être une expérience scientifique, une espèce de jeu dans le style Hunger Games. Toutes les hypothèses qui me viennent à l’esprit sont rapidement balayées par une vague de panique. Les larmes me brulent les yeux et ma respiration est haletante, des petits couinements paniqués s’échappent de ma bouche sans que je ne puisse le contrôler. Je ne maîtrise plus rien. Mes genoux lâchent et je tombe au sol sans même en ressentir la douleur, je suis roulée en boule, les larmes dévalant sur mes joues pour venir s’écraser dans l’herbe.
- Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, je murmure à moi-même, je vais me réveiller, c’est un rêve rien de plus. Ça va aller, ça va aller, ça va aller…
Les yeux fermés, je laisse des larmes froides couler le long de mes joues, les yeux fermés, en espérant que, quand je les rouvrirai, je serai à nouveau dans mon lit, dans ma chambre de gamine, en cours d’histoire, dans la cour avec Lara qui me propose de sécher, avec ma mère dans le salon en train de regarder un film à l’eau de rose comme on le fait tous les vendredis. Pendant ce qui me semble être une éternité, les larmes dévale sur mes joues ne semblent pas vouloir s’arrêter. Je n’ose pas ouvrir les yeux par peur de découvrir que je ne suis pas chez moi pourtant je sais que je serais obligé de la vais devoir le faire, … mais je peux attendre encore un peu, non ?
J’ouvre les yeux.
Je suis toujours dans cette clairière, cette clairière trop parfaite, trop lumineuse, trop fleurie, trop différente de chez moi. Je prends une grande inspiration pour éviter que les larmes ne se remettent à couler et je me relève.
Je retourne près de l’endroit au centre de la clairière où les brins d’herbes ont été aplatis par mon passage et je cherche la moindre chose pouvant me donner un indice sur l’endroit où je me trouve. Je repousse les touffes d’herbe avec les mains pour chercher à tâtons la moindre petite chose et je me remets presque à pleurer quand ma main se pose sur un petit rectangle en métal froid.
Mon téléphone.
J’appuie sur le bouton d’allumage en priant pour que le petit écran s’allume mais après plusieurs minutes d’attente et sept essais déspéré, je dois me rendre à l’évidence, il n’a pas survécu à ma petite baignade dans les égouts. Tout bien réfléchi, c’est même un miracle qu’il soit ici et pas au fond de l’eau sale.
Je lance rageusement l’appareil contre un arbre et il explose sur l’écorce alors qu’une larme de rage coule sur ma joue.
Mais c’est quoi ce délire à la fin ? Je lâche un rire nerveux suivi d’un cri de rage de colère. J’ai envie de pleurer et d’arracher toutes ces fleurs colorées qui me narguent.
- Si c’est une putain de blague, je vous jure que ce n’est vraiment pas drôle ! Je crie à m’en casser la voix en regardant vers le ciel. Si personne ne vient m’expliquer ce que je fous ici, dans les cinq secondes qui suivent je… J’arrête de parler me rendant compte à quel point je suis ridicule.
Je me couche par terre, enfonce mon visage entre mes bras et réfléchis. Après avoir passé en revue toutes les solutions possibles et avoir repoussé au mieux l’angoisse qui me submerge, je choisis l’option qui me semble la plus logique. Je prends une grande inspiration autant pour me donner du courage que pour m’éviter d’éclater de nouveau en sanglots.
Je quitte tout de suite la belle clairière pour m’enfoncer dans la forêt. Les hauts arbres empêchent la lumière du soleil de filtrer à travers les branches. Bien que les rayons du soleil n’arrivent pas jusqu’en bas, la chaleur est étouffante et de grosses gouttes de sueur perlent sur mon front. Je marche depuis plusieurs heures maintenant et j’ai l’impression de tourner en rond, tous les arbres se ressemblent, et la chaleur et le désespoir commencent à m’épuiser. Ils sont trop hauts et m’empêchent de voir le ciel mais je devine que le soleil ne va pas tarder à se coucher grâce a la lumière qui décline tout doucement. J’essaie de ne pas y penser mais je ne peux m’empêcher de redouter la nuit que je vais sans aucun doute être obliger de devoir passer dans cette forêt. Ma bouche est sèche et mon ventre gargouille déjà depuis plusieurs heures. Je suis trempée de sueur et les quelque mèches rebelles qui s’échappent de mon chignon fait à la hâte collent à mon front.
Je crois d’abord rêver quand je vois une lueur devant moi mais le bruit de l’eau qui s’écoule me redonne de l’espoir. J’agrandis mes foulées malgré mes jambes douloureuses et mes pieds certainement recouverts d’ampoules.
De l’eau !
Une rivière d’une eau plus translucide que je n’en ai jamais vue. Je peux voir chaque caillou recouvert de mousse au fond et je crois même apercevoir quelques poissons. Je suis tellement heureuse que je ne sais pas si je suis sur le point d’éclater en sanglots ou de partir en fou rire. Je cours vers l’eau tout en virant maladroitement mes Converses que j’abandonne sur la rive.
Je me rince le visage à l’eau fraîche et, sans me soucier de sa potabilité, j’en bois une grande gorgée. J'enlève mes vêtements rapidement en laissant uniquement mes sous-vêtements. Je rince mon t-shirt et mon pantalon à l'eau claire puis je les pose sur un gros caillou chauffé par le soleil pour qu'ils sèchent. J’entre ensuite entièrement dans l’eau. Le froid me brule la peau mais je ne m’en plains pas, trop occupée à savourer ce rafraichissement. L’eau ne m’arrive qu’a la taille mais ça ne m’empêche pas de barboter dedans plusieurs minutes avant de commencer à frotter mes cheveux trempés pour les débarrasser de l’odeur des égouts. Je ne suis pas encore totalement propre quand je sors de l’eau mais l’épuisement a eu raison de moi. Le soleil est presque couché à l’horizon mais il fait encore assez chaud pour que mon corps trempé sèche rapidement. Je noue mes cheveux encore humides en une tresse sur le côté puis me dirige vers mes vêtements. Par chance ils sont déjà secs et je peux m'habiller tout de suite. N'ayant plus la force de marcher aujourd'hui, je m’assieds par terre dos à un arbre et penche la tête en arrière pour observer les étoiles qui commencent à briller dans le ciel. La lune apparait, remplaçant le soleil et illuminant la nuit. Mon ventre gargouille violemment. Je pense tout de suite aux poissons que j’ai vus dans la rivière mais le soleil est déjà couché et j’ai peur de mourir de froid si je suis mouillée, et en plus j’ai très peu de chance de réussir à attraper un poisson à main nue. Je me redresse et avance lentement vers l’orée de la forêt espérant trouver quelque chose qui soit comestible. Je suis sur le point d’abandonner quand un petit buisson attire mon attention, enfin, plutôt ses baies dessus dont je n’arrive pas à distinguer la couleur à cause du peu de lumière. J’en récolte quelques-unes dans ma main en me griffant les avant-bras à cause des épines des branches. J’ai peur qu’elles ne soient pas comestibles mais je ne réfléchis pas et en jette une dans ma bouche espérant avoir de la chance. Son jus sucré éclate sur ma langue.
C’est juste une myrtille, un peu trop mure mais ça suffit à me rassurer. Je remplis mes poches de ces petits fruits et repars vers le caillou ou j’avais mis mes vêtements à sécher plus tôt. Le vent est froid et le soleil n’est plus là pour me réchauffer quand des frissons recouvre mes bras. Je regrette de ne pas avoir de veste. Je vide mes poches des myrtilles sur le caillou pour éviter de les écraser puis me dirige vers la rivière pour rincer mes mains collantes. Quand l’eau rentre en contact de mes mains, elle se met à luire d’un bleu magnifique. Je suis trop étonnée pour réagir. L’eau forme de légères vaguelettes et la lumière se répand se diffuse petit à petit. Je soulève ma main pour envoyer une gerbe d’eau dans les airs et elle s’illumine de la même façon. Je lâche un petit rire mi-fascinée, mi-effrayée. Je me redresse lentement frottant mes mains mouillées sur mon pantalon puis je vais m’adosser au caillou, les bras enroulés autour de mes jambes. De temps en temps, j’avale une myrtille ou lance une petite pierre dans l’eau pour qu’elle « s’allume ». Malgré le froid, la peur et l’excitation de cette journée étrange, je finis part sombrer dans l’inconscience. Mes paupières se ferment et je tombe dans un sommeil profond.
VOUS LISEZ
Le Sacrifice
FantasíaElyana Viline, vivant dans la grande ville de New York, se retrouve propulsée dans un monde sans pitié lors d'une visite scolaire. Tous voulant sa mort, Elyana devra se faire des alliés de taille afin de se sortir vivante des mains du roi pour retr...
