⚔️Chapitre 13

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Pdv : Elyana

Vous connaissez cette sensation de ne pas être à votre place ? Quand personne ne veut que vous soyez là et que le destin s’acharne contre vous pour vous le prouver ? Cette impression d’être l’intruse dans la liste ? Et bien moi, c’est exactement ce que je ressens. 
Je suis installée à côté du roi,tout en bout de table. Tout le monde me voit, tout le monde sait qui je suis. J’ai envie de disparaître, pourtant je garde le menton haut, raide comme un piquet. Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire mais je me répète en boucle les paroles de Rosalyne.
"Je dois être forte, au moins en apparence".
En face de moi se tient le prince qui, depuis le début du repas, me lance des regards froids, vides de toute émotion ce qui a le don de faire apparaitre de la chair de poule sur mes bras nus. Quand on m’avait parlé d’un repas, Rosalyne avait évoqué un repas entre le roi, le prince et moi mais une trentaine d’autres personnes sont présentes autour de la table. Je n’arrive pas à savoir si cette situation est préférable à ce qui m’avait été énoncé à la base. Les autres courtisans sont assis autour de la longue table et bavardent joyeusement en buvant de la soupe bouillante servie en entrée. Je n’y ai pas encore touché malgré mon ventre qui gargouille. Personne ne m’a encore adressé la parole, ce qui n’empêche pas les regards hostiles de se poser sur moi. Mon regard est rivé sur la soupe verte et mes poings sont serrés contre mes cuisses, sous la table, à l’abris des regards.  

- Tu ne manges pas, énonce le roi glacial. N’as-tu jamais appris qu’il était impoli de ne pas manger ce qui est offert à des invités. 

Mon regard remonte vers lui, mes sourcils sont froncés et sous la table mes poings se serrent encore plus fort.
« Soit forte, ne leur montre pas ta peur, aies l’air sûre de toi et tout se passera bien. »

- Ne vous a-t-on jamais dit, je demande sur le même ton, qu’il était malpoli d’enfermer des personnes innocentes.

En face de moi, le prince rit jaune et mon regard froid glisse sur lui jusqu’à se planter dans ses yeux sombres. A ce son, quelques discussions s’interrompent avant de reprendre comme s’il ne s’était rien passé.

- Eh bien père, il semblerait que votre petite humaine ait du répondant.

Je prends une inspiration tremblante pour empêcher de laisser exploser la colère que je sens monter en moi.  

- Je ne suis pas votre petite humaine. Je n’appartiens à personne et encore moins à vous, je crache avec un dégout non dissimulé.

Les lèvres fines du roi s’étirent dans un sourire sans joie. 

- Détrompez-vous jeune fille. Tout ce qui se trouve sur mes terres m’appartient, vous en particulier. Mais, vous devez certainement vous douter que nous ne sommes pas là pour parler de ce qui m’appartient ou non. J’ai quelques questions à vous poser.

Je comprends tout de suite que son ton ne laisse pas réellement place à la discussion mais, au point où j’en suis…

- Et moi, je n’aurai aucune réponse à vous donner, je réponds du tac au tac. 

Il s’adosse avec nonchalance à son siège le regard rivé dans mes pupilles vertes. Je ne détourne pas le regard.  

- A bon, demande-t-il avec arrogance. Ce serait dommage de devoir utiliser la manière forte pour une si bête chose, ajoute t’il avec une grimace faussement ennuyée.

Un frisson descend le long de ma colonne vertébrale et malgré me poings serrés je sens mes doigts se mettre à trembler. J’attrape ma cuillère pour cacher mes tremblements. J’ai vu assez de films pour savoir ce qu’un homme comme le roi serait capable de faire pour obtenir de simples réponses. Je dois choisir mes combats. Lentement, je trempe ma cuillère dans la soupe et la porte à mes lèvres. Le liquide n’est plus très chaud mais j’avale quand même laissant le gout des légumes se répandre dans ma bouche.     

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