Pdv : Elyana
Je saute droit sur le garde. Plus par réflexe que par véritable choix.
J’étais obligée d’agir. Avant que « Nath » n’arrive, mais surtout avant que l’homme devant moi ne sorte l’épée pendant à sa taille.
Avant qu’il n’ait le temps de comprendre, le pommeau en argent de mon poignard atteignit sa tempe, laissant un filet de sang sur sa peau pâle. Profitant de sa désorientation, je passe l’encadrement de la porte et me retrouve dans le couloir. De là, je peux voir les deux hommes. Et les deux hommes peuvent me voir…
Un rapide coup d’œil autour de moi me confirme ce que je savais déjà. Calann n’est toujours pas là. Je vais devoir trouver une solution seule, et vite.
Perdue dans mes pensées, je remarque Nath seulement lorsqu’il sort son épée du fourreau dans un crissement métallique. Il fonce sur moi, laissant clairement paraître ses intentions sur son visage.
Il lève son épée au-dessus de sa tête pour avoir de l’élan et me couper en deux mais à la dernière minute, je me décale sur le côté et passe derrière lui à une vitesse qui m’étonne moi-même. Presque naturellement, ma petite lame s’enfonce dans sa cuisse. Il laisse échapper un gémissement de douleur et tombe à genoux en tentant de compresser la plaie entre ses paumes, son épée abandonnée au sol.
Je m’apprête à m’enfuir lorsque l’autre garde, apparemment remis du coup que je lui ai infligé me donne un puissant coup de pied dans le ventre, me coupant la respiration. Je glisse le long du sol avant que mon dos ne heurte violemment un mur.
Je prends sur moi pour empêcher de rejeter le peu que contienne mon estomac. Je resserre les jambes contre mon corps par réflexe, tentant de trouver un peu d’air. Dans ma chute, le couteau a volé à plusieurs mètres de moi, hors de portée. Guidée par mon instinct de survie, je force mon corps à se relever mais, avant que je ne puisse trouver la force en moi, la poigne du soldat se referme sur mon épaule pour me forcer à rester immobile sur le sol. Son genou s’enfonce dans mon dos, comprimant mes poumons de tout son poids. L’air a du mal à arriver jusqu’aux poumons mais je me force à continuer à prendre des inspirations régulières. Hors de question que je perde connaissance maintenant.
Sans que je m’y attende, il relâche sa prise et me force à me retourner pour planter son regard dans le mien.
- Tu devrais mourir pour ce que tu viens de faire à Nath, me crache le soldat.
Je lui lance un regard dédaigneux et j’attrape un des couteaux qui pend à ma cuisse et d’un mouvement maladroit je tente de l’atteindre mais il attrape mon poignet pour le tordre et me faire lâcher la lame. Malgré le petit cri de douleur qui s’échappe d’entre mes lèvres, je souris en remarquant la fine plaie que j’ai laissé sur sa pommette.
- Tes petits tours débiles ne font pas le poids contre…
Il n’a pas le temps de finir sa phrase que le manche d’une l’épée vient violement percuter son crâne dans un bruit sourd et qu’il s’écroule au sol, à côté de moi.
Je prends quelques secondes à réaliser ce qu’il vient de passer avant de remarquer Calann, la main tendue dans ma direction pour m’aider à me redresser. Une fois debout, je sens son regard sur moi, à la recherche d’une éventuelle blessure.
- Je n’ai rien, dis-je pour le rassurer, d’une voix légèrement tremblante.
Il hoche la tête et pousse un petit soupir comme s’il venait de recommencer à respirer après une longue période d’apnée. Il détourne le regard et lance un rapide coup d’œil aux dégâts.
- Récupère vite tes affaires, ordonne-t-il en centrant son attention sur moi. On doit être partis avant que d’autres gardes n’arrivent.
Je hoche la tête et rattache ma première arme à la cuisse avant de courir récupérer la dernière qui traine sur le carrelage blanc du couloir. Je rejoins ensuite Calann il porte deux gros sacs en toile par-dessus les épaules. Le poids ne semble pas le déranger, alors je ne propose pas mon aide. Je jette un regard autour de mon épaule ne sachant pas par où aller.
- Où est la sortie ?
D’un geste fluide du menton, Calann m’indique la droite et, comme un seul homme, nous nous mettons à courir dans cette direction. Je force mes foulées à s’agrandir pour réussir à rester à sa hauteur.
- On va à l’écurie, on ira plus vite à cheval. J’en ai déjà fait seller deux hier soir.
Même s’il ne me voit pas, je hoche la tête. J’hésite à l’informer tout de suite que je ne sais pas monter à cheval mais je n’en fais rien.
On verra bien au moment venu.
On court tellement vite que le sol sous mes pieds semble flou et j’ai l’impression que mes pieds ne touchent pas le carrelage froid. Comme si je volais au-dessus.
Quelques mèches rebelles qui se sont échappées de ma tresse volent autour de mon visage et je me force à les repousser à chaque fois qu’elles se collent à mes lèvres humides.
Je suis Calann, presque comme un robot dans le labyrinthe que représente le château.
On descend un escalier.
On tourne à droite.
On tourne à gauche.
On traverse une grande bibliothèque.
On tourne à gauche.
Encore à gauche.
J’ai été bête de me dire tout à l’heure que je me débrouillerais sans Calann. Sans lui, je n’aurais même pas réussi à quitter ce château.
Le prince s’arrête net devant une large porte que je devine celle des écuries étant donné la forte odeur de crottin qui s’en dégage.
Calann me lance un regard alarmé avant de vérifier que personne ne nous a suivi. Pour le moment personne n’est en vue mais d’ici, on arrive à entendre les cris étouffés de plusieurs hommes.
- Ils ont fermé la porte, annonce Calann en me montrant le lourd bois qui bloque la porte.
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Le Sacrifice
FantasyLors d'une visite scolaire, la vie d'Elyana Viline bascule brusquement. Se retrouvant propulsée dans un monde sans pitié, elle devient une menace au yeux de tous. Pour s'en sortir vivante des mains du roi et des dangers qui l'entourent, elle n'aura...
