⚔️Chapitre 1

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Pdv : Elyana


Le cri strident de mon réveil se répercute pour la deuxième fois dans ma chambre illuminée par la lumière grise qui provient de la fenêtre. J'attrape mon téléphone et coupe la sonnerie infernale.
Je la supporte déjà plusieurs secondes par jour, c'est largement suffisant.
Je roule sur le dos et j'observe le plafond de ma chambre les yeux encore endormis en poussant un long soupir. Le motif vert du papier peint placé quand j'étais petite n'a pas été changé depuis. Les seules choses ayant changé sont mon lit, positionné à côté de l'unique fenêtre de la pièce, qu'on a agrandi au fur et à mesure que je grandissais et mon bureau, qu'on a rajouté à mon entrée en primaire.

J'aime ma chambre malgré cet aspect un peu enfantin surtout grâce aux photos de moi et mes amis qui recouvrent presque entièrement un des quatre murs. Je la trouve plutôt grande. Elle n'est ni parfaitement rangée, ni toute récente mais pour moi, ce qui fait d'elle ma chambre ce ne sont pas tous ces détails, ce sont les souvenirs qu'elle renferme.
La porte de ma chambre s'entrouvre, laissant passer la tête encore endormie mais souriante de ma mère. Ses mèches blondes sont attachées en un chignon décoiffé, et elle porte encore son pyjama licorne choisi par mes soins.

- Il est l'heure ma puce, debout ! Tu vas encore être en retard si tu ne te lèves pas.

Là tout de suite, j'ai tout sauf envie de me lever mais je sais que ma mère ne quittera pas la chambre tant qu'elle ne m'aura pas vue debout, elle me connait trop pour ça. Je pousse un soupir et saute sur mes pieds.
Je n'ai jamais détesté l'école, bien au contraire, j'ai toujours apprécié y rejoindre mes amies et passer des heures de cours à parler, pour provoquer mes professeurs ou mes camarades de classe. Mais aujourd'hui je n'ai qu'une envie, rester couchée, et puis, mon lit est tellement confortable.

- Salut, je lui dis.

- Bien dormi ?

Je hoche la tête et me dirige vers ma garde-robe, encore à moitié endormie. J'en sors un large jeans et un top rouge. Je ne mentirai pas en affirmant que ce sont les premiers vêtements sur lesquels ma main est tombée.
Un léger coup d'œil vers la porte en bois sombre de ma chambre suffit à me confirmer que ma mère a bien quitté la pièce. J'enfile mes vêtements en vitesse puis me dirige vers la porte de la salle de bain que je partage avec ma maman. Elle n'est pas excessivement grande mais suffisamment pour nous deux. Un large miroir est accroché devant le lavabo en pierre blanche et le sol est recouvert d'un plancher foncé. Les murs sont recouverts de pierre blanche. Tout le côté droit de la pièce est occupé par une douche remplie de tous nos produits de beauté de moi et ma mère.
Je m'approche du miroir et je grimace à la vue de mes longues ondulations brunes. Elles sont rassemblées en paquets de nœuds sur le côté de mon crâne.
Comment est-ce possible d'avoir des cheveux aussi emmêlés ? Et en plus de ça, je suis censée être à l'école dans vingt petites minutes. Je pousse un soupir, désespérée.
J'entreprends de les démêler approximativement et quand mon reflet dans le miroir me convient plus ou moins, je pose la brosse sur le coter de l'évier.
Je me brosse les dents, mets une petite couche de mascara sur mes cils qui entourent mes yeux émeraude et attrape un élastique pour nouer mes cheveux en un chignon décoiffé sur le haut de mon crane. Deux petites mèches plus courtes de chaque côté de mon visage restent lâchées car j'ai fait l'erreur de vouloir tenter une frange rideau il y a quelque mois. Je quitte la salle de bain sans oublier de m'inspecter une dernière fois de la tête aux pieds dans le miroir pour être sûre de ne rien avoir oublié.
Pantalon, t-shirt, cheveux coiffés, brosser les dents brossées, mascara, ... ok, je crois que j'ai tout.
Je quitte la pièce pour retourner dans ma chambre où je récupère mon sac et mon téléphone que je place dans la poche de mon jeans. Je dévale les escaliers, je traverse la salle à manger à toute vitesse....je suis en retard, mais ça n'a rien d'étonnant. J'attrape une pomme qui traine dans un panier sur la table et croque une grosse bouchée dans le fruit juteux qui gicle sur ma joue. Je m'essuie du revers de la main.
Je passe dans le salon où j'aperçois ma mère assise dans le canapé bordeaux, les yeux plongés dans un gros livre. À côté d'elle, sur le petit meuble en bois, repose un petit cadre doré.
Je ne l'avouerai sûrement jamais, mais la photo placée à l'intérieur compte énormément pour moi. Ce n'est qu'un petit bout de papier qui pourrait sembler semblerait insignifiant pour n'importe qui mais c'est la seule photo de mon père que je possède. Elle représente ma mère et de mon père, un grand homme blond aux yeux aussi bleus que l'océan il ne doit pas avoir plus de vingt ans sur la photo. Un grand sourire étire leurs lèvres. Leurs yeux brillent de bonheur. C'est une photo tellement naturelle qu'on ressent la joie rien qu'en l'observant.
Je n'ai jamais connu mon père. Il est mort quelques mois après ma naissance. Je ne sais rien de lui, cela a toujours été le terrain glissant, le sujet à ne pas aborder avec ma mère si on ne veut pas que la discussion dégénère. Il y a trois ans, je ressentais énormément le manque de mon père, je voulais en savoir le plus possible, même tout savoir, avoir droit à l'histoire de leur rencontre, leurs anecdotes drôles, je voulais découvrir qui était mon père même si je ne l'avais jamais connu, Je voulais découvrir qui étais mon père, parce que je ne l'avais jamais connu. C'était pour combler le vide qu'il avait laissé dans ma vie. À présent, j'ai appris à ne jamais aborder ce sujet et à faire comme s'il n'avait jamais existé. Parce que maman n'a jamais pu guérir de sa perte et parce que chaque détail qui lui rappelle leurs souvenirs la fait replonger.
Je sors de mes pensées en détachant mon regard de la photographie. Je me surprends à sentir le coin de mon œil légèrement humide. Je le frotte discrètement pour éviter que la larme ne dévale le long de ma joue.

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