⚔️Prologue

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16 ans plus tôt...


La douce brise caresse mon visage surement dans l’espoir de remettre un peu d’ordre dans mes émotions chaotiques. Peut-être espère-t-elle emporter dans son sillage les sentiments que j’éprouve pour les deux seules femmes de ma vie que je dois quitter à tout jamais.
La cabane dans la forêt que j'ai passé tant d'années à construire avec Nadia ne sera bientôt plus qu'un souvenir, un de mes plus joyeux souvenirs. Je passe en revue son toit improvisé qui nous a de nombreuses fois protégés des averses, ses murs en bois brun si foncés qu'ils semblaient presque noirs, les arbres qu'on escaladait chaque soir pour observer le coucher du soleil lors des chaudes soirées d'été et enfin la balancelle sur laquelle Nadia et moi avons vécu tellement de beaux moments chacun plus incroyable que les autres. A ces souvenirs, mon cœur se serre et me comprime douloureusement la poitrine de son étau de fer.
Aujourd’hui, le soleil brille dans le ciel bleu qui ne laisse paraitre aucun nuage, sa lumière traverse les feuilles des hauts arbres pour venir caresser notre peau de ses rayons chauds. Ça me rappelle ma maison. Mais où est réellement ma maison ? La ou les personnes qui détiennent mon cœur prisonnier se trouvent ou à l’endroit où on attend mon retour ?
C’est un temps bien trop beau pour une journée aussi triste, je pense.
Elyana dort paisiblement dans les bras de Nadia. Ses petites menottes reposent sur son ventre et sa respiration régulière montre que son sommeil est paisible. Ma bien-aimée Nadia me fixe de ses yeux brillants de larmes. L’une d’elles coule sur sa joue. J'ai le plus grand mal à retenir les miennes. Je la serre dans mes bras pour une dernière étreinte et elle éclate en sanglots. Je ne peux retenir mon émotion.
Elle me chuchote :

- Tu n'es pas obligé de partir, tu peux rester... Pour Elyana... Pour moi...

Je la regarde droit dans les yeux. Oui je veux rester plus que tout, voir Elyana grandir, dire son premier mot, faire ses premiers pas mais c'est impossible. Je prends ses mains froides entre les miennes.

- Tu sais bien que je ne peux pas rester ici, chérie. Si je restais, vous seriez toutes les deux en danger.

Elle baisse le regard vers le sol où s’étend une multitude de fleurs jaunes. La voir si triste me déchire le cœur. J'attrape son menton entre le pouce et l’index et pose un doux baiser sur ses lèvres. Ses longues mèches blondes me chatouillent le menton et je profite encore quelques secondes de la sensation de sa peau contre la mienne avant de  me détourner. J'embrasse le front d’Elyana en leur souhaitant à toutes les deux une vie tranquille et sans problème. Une vie dont je ne ferai pas partie.
Je jette un dernier regard au visage sans défaut de Nadia, à ses cheveux brillants sous l’éclat doré du soleil puis à ses yeux bleus remplis de larmes. Je me détourne, incapable de soutenir le sien plus longtemps. Je mets la main dans ma poche et elle se referme sur l'unique bille de passage qui me reste. Je la sors. La bille est fine et lisse, je la reconnaitrais entre mille, c’est moi qui l’ai fabriquée. Je la lance au sol et elle explose dégageant une fumée rouge feu. Je fais un pas en avant et je suis instantanément emporté par mon portail.
La dernière chose que j’aperçois sont les lèvres de ma bien-aimée prononcer un « je t'aime » qui, je le sais, m'est entièrement destiné et que je n'oublierai jamais. Il restera l’ultime souvenir que j'aurai de cette femme que j'ai tant chérie.

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