Pdv : Elyana
Cinq heures. Il me reste cinq heures.
Ou peut-être plus.
Ou peut-être moins.
J’ai l’impression d’être enfermée ici depuis une éternité. Après que les gardes m’ont sortie de force de la chambre, ils m’ont enfermée dans une pièce voisine. Beaucoup moins grande et remplie d’un unique lit et sans fenêtre. Ce qui n’a rien d’étonnant après ce que j’ai fait. Je n’ai même pas pris la peine d’allumer la lumière. Quand on m’a jetée sur le lit me laissant seule dans le noir, je n’ai pas trouvé la force de me redresser pour chercher à tâtons l’interrupteur. Je préfère ne pas voir ce qui m’entoure, peut-être que comme ça je pourrais m’imaginer que je suis rentrée chez moi. Je me tourne sur le côté et je me roule en une tout petite boule, les jambes entourées de mes bras.
Je serre les paupières l’une contre l’autre si fort que les yeux me font mal.
- Je promets d’être toujours gentille avec ma maman si quand j’ouvre les yeux je suis chez moi, je murmure comme une prière.
Je suis toujours dans la chambre. Je prends une lourde inspiration tremblante.
- Je promets d’être toujours gentille avec ma maman et de me lever plus tôt le matin si quand j’ouvre les yeux je suis chez moi.
Rien. Ma respiration se fait plus hachée, presque précipitée.
- Je promets d’être toujours gentille avec ma maman, de me lever plus tôt le matin et d’écouter à l’école si quand j’ouvre les yeux je suis chez moi, la fin de ma phrase se brise dans un cri de rage et de tristesse étouffé dans mon coussin.
Je suis ridicule. Je n’ai plus rien à faire, c’est fini. Je suis toujours enfermée, toujours claustrophobe et toujours terriblement seule.
J’ai envie de pleurer, de hurler et même de rire. Mes nerfs sont si à vif que j’ai l’impression de devenir complètement folle. Je veux que ça s’arrête maintenant, qu’ils arrêtent de me forcer à attendre la mort sans savoir exactement quand celle-ci va venir. J’ai envie de connaitre l’heure. De savoir combien de temps il me reste à vivre, combien de temps je serais encore obligée de me torturer l’esprit avec mes propres pensées. Mais quand j’imagine l’épée se figer dans mon ventre je ne peux pas m’empêcher de ressentir une peur qui me glace jusque dans les entrailles.
Malgré tout, l’épée doit certainement être la solution la moins douloureuse, non ?
Je lâche un second cri pour faire taire mes pensées et tape un coup dans mon coussin. Je roule sur le dos pour regarder le plafond que je ne vois pas car il fait trop sombre. Je laisse mon esprit imaginer que le plafond est recouvert du papier peint vert de quand j’étais gamine, j’imagine qu’à la place de ce matelas deux places, trop grand pour moi, je suis allongée sur mon petit lit recouvert d’un simple drap blanc qui n’est ni de la soie ni n’importe quelle matière trop coûteuse. J’imagine que je ne suis pas seule et que ma mère est dans la pièce a coté en train de dormir, que si je fais un cauchemar ou que le sommeil ne me gagne pas, je pourrais la rejoindre. J’imagine que…
- Le roi demande qu’on lui amène cette prisonnière. Laisser moi entrer.
J’entends difficilement les bribes d’une réponse mais je n’y prête pas attention. Comme un ressort, je me redresse. Maintenant totalement éveillée, je saute presque de mon matelas et me laisse glisser au sol. Ma première intention était de me glisser sous le lit pour que personne ne me trouve mais, l’espace est si fin que même une souris serait incapable de passer. Je prends une inspiration tremblante cherchant par tous les moyens une solution, que je ne trouve pas. Je ramène mes jambes contre moi, tentant de me faire le plus petit possible contre le mur.
La porte s’ouvre et mon cœur loupe un battement. Je retiens ma respiration espérant que ça suffise pour passer inaperçue même si j’ai très peu d’espoir. Le rayon de lumière qui éclairait la pièce disparait quand la personne referme la porte derrière elle. De là ou je suis, je ne vois pas la porte mais j’entends la respiration discrète de l’homme qui se trouve dans la chambre. J’entends ses chaussures claquer contre le sol quand il fait quelque pas en direction du lit mais je n’arrive toujours pas à distinguer de silhouette. Je retiens mon envie de fermer les yeux, consciente qu’ils seront plus utiles ouverts.
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Le Sacrifice
FantasíaElyana Viline, vivant dans la grande ville de New York, se retrouve propulsée dans un monde sans pitié lors d'une visite scolaire. Tous voulant sa mort, Elyana devra se faire des alliés de taille afin de se sortir vivante des mains du roi pour retr...
