⚔️Chapitre 17

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Pdv : Calann

Vingt-quatre heures plus tôt…

- Calann. Mon fils. J’ai à te faire part de la décision prise par le conseil et moi-même, en rapport à la jeune humaine, Elyana.

Je suis installé en face de mon père. Trois marches nous séparent ce qui le rend plus grand que moi malgré qu’il soit installé sur son large trône en or recouvert de coussins en soie noire. Le roi m’a fait appeler il y a déjà plusieurs minutes dans la salle de bal, ce qui arrive assez rarement. Généralement, il n’utilise cette pièce que lorsqu’il veut impressionner sa cour, pour me faire part de ses choix politique, il a tendance à me convier dans son bureau. 
Malgré que la pièce ne soit pas décorée à l’occasion d’une fête elle reste d’une beauté à couper le souffle. Le plafond est haut et couvert de moulures. Le sol immaculé reflète les rayons du soleil qui filtre à travers les géantes portes fenêtre qui mènent aux jardins. Derrière le trône est suspendue une draperie représentant notre ancien roi, déjà présente bien avant ma naissance. Le roi Oscar. Notre roi le plus connu et certainement le plus aimé. Il y a plus de 300 000 années, c’est lui qui s'est sacrifié pour permettre aux Faes de pouvoir vivre en sécurité des Humains.   
Je concentre à nouveau mon regard sur mon père qui m’observe comme si je n’étais qu’un pion comme les autres qu’il pouvait utiliser à sa guise.

- Quelle est votre décision ? Je demande d’une voix le plus neutre possible.

D’un geste calculé, il laisse tomber sa main sur son accoudoir.

- Elle sera tuée. Demain matin.

Mes bras se couvre de chair de poule quand j’imagine l’humaine pendue à une corde sur la place de notre capitale. J’avale difficilement ma salive chassant l’image désagréable qui se pose dans mon esprit. Je hoche la tête sans laisser paraître mon trouble, attendant de recevoir l’autorisation pour quitter la pièce.

- J’aimerais que tu t’occupe de son exécution, ajoute-t-il naturellement. 

Non. Je serre les dents si fort que je ne serais pas étonné de les entendre grincer.

- Nous avons des soldats pour ça, je réponds sur un ton similaire au sien. 

Avec une lenteur presque effrayante, mon père se lève de son trône et avance vers moi sans me lâcher de son regard vert aussi froid que la glace. Je prends sur moi pour éviter de détourner les yeux. 
Je ne peux pas être faible. Pas devant lui. Il me l'a déjà fait comprendre de nombreuses fois. De trop nombreuses fois. Je chasse les souvenirs douloureux qui m’assaillent pour me concentrer sur le présent.
Mon père descend deux marches avant de se retrouver en face de moi, me surplombant de plusieurs centimètres. 

- En effet, il laisse ses paroles résonner dans l’air avant de reprendre. Il me semblait juste de te confier cette tâche. Etant donné que c’est toi qui as eu l’honneur de me la ramener au palais. Me suis-je trompé en affirmant à mes conseillers que mon fils serait capable d’accomplir cette exécution ?

Je serre les poings en entendant la façon dont il m’a appelé. Mon fils. Je ne suis pas son fils, pour lui je ne suis rien de plus que n’importe qui ici. Il ne m’appelle comme ça que lorsqu'il attend quelque chose de moi. J’aurais aimé trouver la force en moi afin de refuser mais j’en suis incapable.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de la tuer maintenant. Elle ne nous a encore rien dit. Ce serait ridicule de la tuer si elle sait encore des choses intéressantes. 

Il ne réagit pas et se contente de me regarder avec un calme de surface mais je le connais assez bien pour remarquer la rage qui brûle derrière ses pupilles.

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