1996 : Jour 1 : Pour la protection de votre domicile, ayez les bons réflexes

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Jour 1

Tilleul, 27,5 cm et crin de licorne. Mona n'avait jamais autant utilisé sa baguette magique que durant l'année écoulée. Elle l'observa avec affection, ravie de tenir son alliée entre ses mains. Sa baguette levée, elle la fit glisser le long des baies vitrées de la véranda de ses parents. Les carreaux encerclés s'illuminèrent d'une vive lumière bleue un court instant. Mona épia les environs moldus avec inquiétude. Mr Wilson écartait un rideau fleuri pour regarder dans sa direction. Elle lui adressa un signe de la main et dissimula précipitamment sa baguette. Inutilement, évidemment. Depuis sa construction, les vitres de la véranda étaient impénétrables et probablement proches de l'indestructibilité maintenant que Mona y avait ajouté sa touche. Monsieur Wilson scrutait les environs sans comprendre d'où provenait cette lumière bleue.

— Tu en es où ?

Terence croisait les bras, adossé contre l'encadrement en bois. Sous cet éclairage, le jeune frère de Mona lui parut brusquement plus âgé.

Et tu te plains ? Parce que pour info, chaque fois que je vous retrouve tous, vous avez vieilli d'un an. Vous réalisez que Terence a trente-quatre ans et sa sœur trente-cinq ? C'est dingue !

Oui, pardon : bonjour les lecteurs ! Ça fait longtemps, comment ça va ? De mon côté, la routine, ne pas avoir de vie est assez handicapant dans les conversations. Mais ça ne me gênera pas pour vous donner mon avis. Donc, nous sommes en juin 1996, le 12 pour être précis. Oui, un monsieur va mourir bientôt et non, ce n'est pas Terence à mon grand regret. Quoique. Mona se décide peut-être à accomplir mon souhait le plus cher...

— Essaie de m'attaquer ici, dit-elle.

— Je vais être considéré comme agresseur ? s'étonna Terence.

— Bien sûr. Imagine que tu rappliques en étant ensorcelé, la maison ne fera pas la différence. Elle ne protège que moi, nos parents et les enfants.

Terence grogna généreusement. Sa sœur s'abstint de répliquer en le voyant sortir sa baguette et la pointer vers elle.

— Stupéfix !

Mona encaissa le sort sans broncher et tomba en arrière, heurtant un fauteuil en osier furibond. Une lumière bleue émanait désormais des vitres. Mona, exaspérée par la bêtise de son frère, le regarda devenir livide. Les trois fauteuils en osier se ruaient sur lui – accoudoirs aiguisés – prêts à l'éventrer.

— Arrête-les ! hurla Terence.

Mona pesta intérieurement, involontairement immobilisée. Son frère l'ayant stupéfiée, plusieurs minutes lui seraient nécessaires pour stopper le massacre annoncé.

Pour apprécier un tel spectacle, il faudrait des sièges confortables...

— DURO, INCENDIO ! hurla Terence.

Les fauteuils ralentissaient, brûlaient, mais poursuivaient leurs attaques malgré les réprimandes du sorcier.

Quelle fin tragique pour Terence, finir empalé par le pied d'une chaise de véranda.

— Finite !

Les restes calcinés et durcis des fauteuils s'effondrèrent sur le sol. Terence pivota vivement vers son père. Edgar Moon, baguette au poing, regarda tour à tour ses enfants et les vestiges des fauteuils. Il pointa alors sa baguette magique sur sa fille.

— Finite.

Mona sentit les effets du sortilège se dissiper et se leva aussi vite que possible.

— Ce n'est pas le moment de jouer avec le mobilier, grogna Edgar en remettant sa baguette dans sa poche.

Un jour, Mona Moon sera une rebelleDes histoires addictives. Découvrez maintenant