Pov Daragon
Je me réveille en sueur. Un mauvais pressentiment hérisse mes poils. Ai-je fais un cauchemar ? Ou bien devrais-je y aller ? Ils sont peut-être en danger mais ce n'est pas notre moment, mon sommeil n'a pas été dérangé par le bruit infâme de l'alarme. Pourtant je décide de me lever et de tapoter l'épaule de Isaac.
-On y va.
Un air interrogateur sculpte son visage endormi. Il ne pose pourtant pas de question et se relève, prêt à me suivre. Un "bip" strident nous accueil dans le labyrinthe de buissons. Je regarde les chemins et ne sais plus par où passer. Je me pose contre le mur et réfléchie. Comment j'ai pu oublier un truc pareil !
Intuitivement je fais un "on-i-ra-la-bas-au-bout-de-trois" dans ma tête. Issac voyant mon doigts virevolter de droite à gauche fronce les sourcils d'incompréhension. Il doit surement s'inquiéter de ma technique de spécialiste.
Je tombe sur le chemin de droite alors nous le traversons, sans problème. Le brun jette quelque coup d'œil à l'environnement mais sans plus, j'ai plutôt l'impression qu'il me guette discrètement. Nous rencontrons les humanoïdes, les rampants et les volants mais il ne semblait pas y réagir. Nos pas vibrent ensembles, tout parait simple et relaxant. Il ne dégage aucune émotion particulière. Embrumé dans mes pensées il me pose une question à mis parcours :
-Monsieur le guide..
-Daragon, appelle moi Daragon. C'est moi qui devrait t'appeler monsieur, t'es plus vieux que moi.
Un fin rire parcourt mes lèvres par dépit. Je ressemble à un "monsieur" moi ?
-Vous aimez travailler ici ?
C'est vrai, je suis son guide, c'est normal qu'il m'appelle comme ça.
-Oui, j'aime mon travail et mes collègues. Même si ça me fait mal.
Il ne renchérit pas. Il suit le chemin. Je m'attendais à ce qu'il me pose une montagne de questions, des choses indiscrètes et personnelles. Mais rien, son regard ne parcourt que le sentier de terre.
Je m'attarde un peu plus sur notre direction et remarque qu'on tourne en rond. Je m'arrête. La lumière ne s'est pas éteinte depuis notre entrée, c'est étrange.
J'attrape le poignet de Isaac et le tire dans la direction opposée. A deux doigts de trébucher il émet un léger cri de détresse mais il retombe stablement sur ses pieds. Je me retourne, il detourne ses yeux des miens, gêné. Puis nous traversons le labyrinthe d'un pas un peu plus pressé. Je lâche son bras et il tourne et retourne son poignet comme pour voir si je ne l'ai pas taché ou sali.
-Votre peau est naturellement bleue Daragon ?
Il pense que je mets du maquillage ?
-Oui, pourquoi cette question ?
-Ah, je ne voulais pas vous déranger, je me posais juste la question !
Tout redevient silencieux et calme. L'animation ne tient qu'aux bruits répétitifs de nos pas. Issac est vraiment une personne particulière. Il n'observe rien, il n'est même pas concentré sur ses pas, il ne marche pas droit. Pourtant il a une curiosité qui l'anime et qui le fait parler à des intervalles aléatoires.
-C'est de la peinture sous vos yeux ?
Voilà qu'il recommence.
-Non, des tatouages, ils représentent la dernière fois où j'ai pleuré. Ça doit être il y a quelques années de là.
-Vous n'avez jamais repleuré depuis ?
Tient, deux questions d'affilées.
-Non jamais, et je pense ne plus être capable de pleurer. C'est la signification principale de ces dessins.
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