" Ecrire, écrire le pourquoi on veut écrire, écrire son besoin d'écrire, c'est écrire sa tourmente, sa révélation, sa tension. C'est délier sa peur ! "
PDV Ylonna
Les cours ont suivi, bien sûr, mais je n'étais absolument pas attentive à ce qui s'y disait, mon esprit trop occupé à repasser l'altercation que j'avais eue avec Perez. Ça ne cessait de tourner dans ma tête, et je m'en voulais ; j'avais réagi sous le coup de la colère, ma réaction était disproportionnée, mais je ne supportais plus qu'elle refuse d'être honnête avec moi. Ce n'était pas comme si je lui demandais de m'acheter une maison, quoi que, si je lui laissais le choix entre les deux, elle choisirait probablement la deuxième option.
Elle était aussi têtue que moi dès qu'il s'agissait d'émotions. J'ai été dure avec elle, je le réalise, mais je ne supporte plus l'idée d'être inutile. Je préfère m'éloigner d'elle plutôt que de la voir souffrir, parce que ça finirait aussi par me faire souffrir.
La fin de la journée a été annoncée par la dernière sonnerie. J'ai rapidement rassemblé mes affaires et je suis sortie sans perdre une seconde, mes pas devenant de plus en plus rapides. En chemin, j'ai percuté quelqu'un sans m'en rendre compte.
— Désolé.
J'ai levé la tête pour voir qui je venais de heurter, et c'était justement la personne que je redoutais de croiser.
— Ylonna, je peux te parler ? dit-elle, la voix presque suppliante.
Mon cœur me disait de m'arrêter pour discuter, mais ma raison me disait que c'était vain. Nous allions encore tourner autour du pot, et ça ne nous mènerait nulle part.
— Désolé, madame, mais je dois y aller.
Elle laissa échapper un rire sec.
— On en est là, au "madame" maintenant ?
Je ne savais pas quoi dire ; j'avais besoin de mettre de la distance entre nous. "Nous" ? Est-ce qu'il y a encore un "nous" ?
— Bonne journée, dis-je en la laissant encore une fois derrière moi.
Je l'entendais m'appeler à nouveau, mais je ne pouvais pas me retourner, je ne devais pas. Une fois que je le ferais, il n'y aurait pas de retour en arrière. J'ai continué ma route, le cœur lourd, mais je n'avais pas le choix.
J'ai fait un rapide détour par chez moi pour récupérer mes vêtements pour le travail, et sans attendre, j'ai pris une trottinette pour me rendre au café.
Sur la route, des souvenirs que j'ai partagés avec Perez me sont revenus un par un : le jour où elle m'a aidée quand Vera avait renversé son jus sur moi, le soir où elle m'a protégée d'un vieux type qui profitait de mon manque de lucidité, ou encore toutes les fois où elle m'a défendue et où elle était là pour moi quand j'allais mal.
Je voulais lui rendre la pareille, mais si elle ne m'en donnait pas l'occasion, je ne pouvais rien faire. Ça me brisait le cœur ; je veux lui donner autant qu'elle m'a donné, mais elle est tellement têtue que rien ne fonctionne. J'ai l'impression d'être inutile.
Je suis arrivée rapidement au café, je suis passée directement aux vestiaires pour me changer et commencer le service. Mes amis n'étaient pas encore là, alors j'attendais patiemment en prenant les commandes des clients.
J'avais hâte de les revoir, même si je ne l'admettrais jamais devant eux ; ma fierté en prendrait un coup, et ça leur ferait trop plaisir.
Je m'avançais vers une table pour prendre la commande d'un groupe de garçons.
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Between secrets and passion
RomanceGiorgia Perez, professeur d'anglais à l'Astral Academy, est connue pour son tempérament ardent et son caractère glacial. Sa présence terrifie les étudiants, et elle prend plaisir à les voir se soumettre à son autorité. Il est évident qu'elle lutte a...
