Chapitre 20

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" Le rêve est la preuve qu'imaginer, rêver ce qui n'a pas été, est l'un des plus profonds besoins de l'homme. "

PDV YLonna

Le reste du chemin s'était fait dans le silence, sa main dans la mienne, le bruit de la voiture et un léger fond de musique pour donner un sentiment de vie qui semblait manquer. Elle comme moi savions que beaucoup de choses n'avaient pas été dites et pourtant, on continuait à agir comme si de rien n'était. Je ne sais pas si je devrais en être reconnaissante ou, au contraire, m'en vouloir, car je ne suis jamais capable d'affronter ce qui me dépasse, c'est plus fort que moi, c'est le cas de le dire.

Les minutes passèrent, ni elle ni moi ne disions quoi que ce soit. Le silence entre nous était aussi lourd que la voiture dans laquelle nous nous trouvions, mais une part de moi avait besoin de ce silence. Ce n'était ni agréable, ni malaisant, non, juste un simple silence qui nous permettait, chacune de notre côté, de rassembler toutes nos idées et nos non-dits, du moins d'essayer.

Après encore quelques minutes de route, nous étions finalement arrivées devant chez moi. J'ai relâché sa main qui ne semblait pas vouloir faire de même avec la mienne, mais elle le fit quand même quand elle comprit qu'elle le devait. J'ouvris la portière et sortis de la voiture.

— Ylonna ? dit-elle d'une voix plutôt basse, sans même me regarder, son regard fixé droit devant elle.

Je me tournais vers elle, surprise qu'elle ait repris la parole, étant donné le silence qui s'était installé dans la voiture. Une partie de moi avait l'impression qu'elle attendait le moment de pouvoir parler depuis un bout de temps.

— Oui ? dis-je d'une voix calme.

Pendant quelques secondes, elle ne dit rien, mais son visage se tourna tout doucement vers moi. Je ne sais pas si c'était la luminosité dans la voiture, mais j'ai cru percevoir une surface brillante dans ses yeux. Je sentis mon cœur se serrer à la conclusion qui m'était venue : elle se retenait de pleurer ?

— J'ai une faveur à te demander.

Sa voix, presque inaudible.

— Tout ce que tu voudras.

Un énième silence s'installa entre nous. Je pouvais entendre les battements de mon cœur résonner dans mes oreilles.

— Promets-moi de me pardonner.

Sa faveur m'avait prise de court. Que voulait-elle dire ?

— Je ne comprends pas trop, pourquoi devrais-je te pardonner ?

— Ylonna, je t'ai toujours dit que tu étais trop curieuse.

— Mais, je...

— Ylonna, contente-toi de me le promettre, bon sang.

Sa voix était un peu plus stricte que le début de notre conversation, ce qui ne me laissa pas trop de choix quant à ma réponse.

— Bien, je vous le promets, même si je ne vois toujours pas pourquoi.

— Moins tu en sais, mieux c'est, dit-elle d'une voix légèrement tremblante, avant de rajouter quelque chose dans un murmure. Pour l'instant en tout cas.

Je ne pus pas discerner ce qu'elle venait de murmurer, mais la tonalité de sa voix m'inquiétait. J'avais déjà entendu tout type de voix avec elle : celle heureuse, celle énervée, celle fatiguée, celle de prof... mais celle-là, jamais, du moins pas avant ce soir. Il semblait y avoir une pointe de tristesse, comme si quelque chose la rongeait de l'intérieur.

— Mad- je veux dire Giorgia, tu vas bien ? dis-je avec une touche d'inquiétude perceptible dans ma voix.

Au moment où ma phrase sortit de ma bouche, elle détourna la tête. Un reniflement se fit entendre, ce qui ne laissa plus aucun doute sur son état actuel : elle n'allait pas bien, et savoir ça me fit me sentir mal aussi. Si elle ne va pas bien, je ne vais pas bien non plus.

Between secrets and passionOù les histoires vivent. Découvrez maintenant