" L'absence de tes yeux devant les miens, de ton visage proche du mien, de tes lèvres contre les miennes est pour moi le début d'une agonie amoureuse. "
PDV Ylonna
Je jetai un regard interrogateur à Perez, essayant de comprendre si elle attendait quelqu'un. Je me levai pour rassembler mes affaires, prête à partir, mais elle me retint en levant une main pour m'arrêter.
- Attends, reste ici un moment. Il est encore tôt avant que les cours ne commencent.
- Mais... vous attendiez quelqu'un ? demandai-je en désignant la porte, faisant référence aux coups qui venaient d'y retentir.
- Non, personne, répondit-elle avec un soupir. Personne n'entre jamais dans ce bureau à cette heure. Je suis même surprise d'entendre quelqu'un frapper.
Au même instant, les coups se firent entendre à nouveau, plus insistants. Perez souffla, visiblement agacée, puis prononça la même phrase qu'elle m'avait dite plus tôt pour permettre à la personne d'entrer. Je m'étais rassise entre temps, mes yeux baissés, ne voulant pas croiser le regard de qui que ce soit. J'entendis les pas lourds de l'intrus, et devinai par leur cadence que c'était un homme.
Lorsque l'homme s'arrêta à côté de moi, je ne pus m'empêcher de lever la tête, à contrecœur, et à ma plus grande surprise, je reconnus immédiatement celui que j'avais croisé plus tôt au café — l'homme désagréable. Nos regards se croisèrent à nouveau, mais cette fois, le mien était chargé d'une colère sourde, tandis que le sien affichait un sourire moqueur.
- Comme on se retrouve, l'orpheline, lança-t-il sans une once d'hésitation.
Avant que je ne puisse réagir, Perez se leva brusquement de sa chaise, visiblement irritée par ses paroles.
- Ne lui parle pas comme ça, dit-elle, sa voix dure et tranchante.
L'homme tourna finalement son attention vers elle, comme s'il avait momentanément oublié sa présence. Je remarquai que tout le monde était debout dans la pièce, et je refusais d'être la seule assise. Je me levai donc également, déterminée à ne pas me laisser dominer par l'atmosphère tendue. Mon mouvement semblait l'amuser, car il laissa échapper un petit rire moqueur avant de reporter son regard sur Perez.
- Soit, je t'ai apporté ton petit-déjeuner, dit-il en déposant un sachet sur le bureau, juste à côté du mien.
Perez, visiblement à bout de patience, répliqua avec une acidité mordante.
- Et si tu le prenais et que tu te le foutais là où je pense ?
Il esquissa un sourire narquois avant de répondre :
- Ma jolie, la vulgarité ne te va pas. Tu le sais.
- Tu penses vraiment que je me soucie de ce que tu penses, toi, et de ton stupide déjeuner ?
- Je n'en sais rien, mais tu sembles te soucier de cette orpheline, dit-il en me pointant du doigt, avec une satisfaction évidente.
Son ton méprisant piqua ma colère, mais ce fut le regard de Perez qui attira mon attention. Elle me jeta un coup d'œil qui ressemblait presque à une excuse. Ils se connaissaient, c'était évident. Mais d'où ? Perez prit une profonde inspiration, visiblement furieuse.
- Je t'ai déjà dit de ne pas l'appeler comme ça. Occupe-toi de tes affaires.
L'homme ricana, visiblement ravi de la tournure des événements.
- Combien de fois faudra-t-il que je te le rappelle ? Ce n'est pas ainsi que l'on parle à son mari.
Ces mots me frappèrent de plein fouet. Ma bouche s'ouvrit sous le choc, et je l'ai rapidement refermée avec ma main, essayant de digérer l'information. Les pièces du puzzle se mirent soudain en place dans ma tête. Je me souvenais maintenant où j'avais vu cet homme : sur une photo encadrée dans ce bureau, la dernière fois que j'étais ici. C'était aussi l'homme qui m'avait interrogée sur une certaine Giorgia dans les couloirs. Perez m'avait elle-même dit qu'elle était encore mariée, mais qu'elle envisageait de divorcer.
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Between secrets and passion
Roman d'amourGiorgia Perez, professeur d'anglais à l'Astral Academy, est connue pour son tempérament ardent et son caractère glacial. Sa présence terrifie les étudiants, et elle prend plaisir à les voir se soumettre à son autorité. Il est évident qu'elle lutte a...
