Chapitre 22

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" L'amour est la plus vieille demeure du monde, qu'il faut sans cesse reconstruire, pierre par pierre sans jamais se reposer et croire que les sentiments sont acquis pour toujours. "

PDV Ylonna

La matinée suivait son cours. Les pas des élèves résonnaient dans les couloirs, accompagnés du murmure de leurs voix. Mes amis n'étaient pas venus aujourd'hui. Ils étaient rentrés hier de leur tournoi et avaient droit à quelques jours de repos. J'étais encore seule, mais cela ne me dérangeait pas vraiment.

Adossée contre un mur, je faisais semblant de scroller sur TikTok, mais en réalité, mon doigt glissait machinalement sur l'écran. Mon esprit était ailleurs, occupé à repenser à ma conversation avec Leora et Jojo, mais surtout à cette prise de conscience qui m'avait frappée hier soir. J'avais admis que je l'aimais. Moi, celle qui avait toujours été persuadée d'aimer les garçons, et seulement les garçons. Comment en étais-je arrivée là ? Cette révélation me semblait irréelle, presque impossible.

Et pourtant, tout avait commencé avec elle. Elle, qui était entrée dans ma vie comme un tourbillon, chamboulant tout sur son passage, même ce que je pensais savoir sur moi-même. Elle avait retourné mon monde, bouleversé mes certitudes. Au début, on ne pouvait pas se supporter. C'était presque un jeu entre nous, cette façon de s'éviter ou de s'envoyer des piques. Mais les choses avaient changé, subtilement d'abord, puis de manière flagrante.

Nous avions appris à nous connaître, à nous comprendre, et cette complicité naissante avait grandi, presque malgré nous. Je m'étais attachée à elle, plus que je n'aurais voulu l'admettre. Ses sourires, sa voix, sa façon d'être, tout chez elle semblait éveiller quelque chose en moi. C'était effrayant et exaltant à la fois.

De mon côté, c'était clair. Ce que je ressentais dépassait l'amitié. Mais qu'en était-il pour elle ?

Mes pensées furent brutalement interrompues par le bruit strident de la sonnerie, un vacarme qui semblait vouloir me perforer les tympans. À contrecœur, je me résignai à me diriger vers mon prochain cours. C'était avec Perez. Rien que d'y penser, mon estomac se nouait. Je n'avais aucune envie de lui faire face, pas maintenant. Pas alors que je devais encore maintenir cette façade froide et distante. Mais j'avais peur... Peur de ne plus être capable de jouer ce rôle. Tout ce que je voulais, c'était la prendre dans mes bras, comme elle l'avait si souvent fait pour moi quand ça n'allait pas. Je voulais pouvoir lui parler, rire avec elle, et oublier, ne serait-ce qu'un instant, que le reste du monde existait.

Je marchais vers la salle, le cœur battant déjà à un rythme inquiétant. C'était la première fois que j'assistais à l'un de ses cours en étant pleinement consciente de ce que je ressentais vraiment pour elle. Ces sentiments, qui jusque-là étaient une énigme, étaient devenus une vérité claire et inébranlable. Mais au lieu d'un soulagement, cette prise de conscience m'effrayait.

Une fois arrivée, je me dépêchai de m'installer sur une chaise au fond de la classe. Autour de moi, les autres élèves continuaient de discuter joyeusement, leurs rires et murmures flottant dans l'air en attendant l'arrivée de la professeure. Puis, je l'entendis. Ce bruit familier et distinct : des talons qui résonnaient dans le couloir, se rapprochant inexorablement de la salle. Mon souffle se suspendit. Je savais que c'était elle. Je pouvais reconnaître le rythme de ses pas entre mille.

Quand elle entra, mon cœur rata un battement. Elle était magnifique. Bien sûr, elle l'était toujours, mais aujourd'hui, elle semblait rayonner encore davantage. Elle portait un tailleur bleu marine parfaitement ajusté, assorti à une chemise blanche dont les premiers boutons étaient laissés ouverts. Une paire de talons noirs complétait son allure élégante et sophistiquée. C'était tellement... elle.

Between secrets and passionOù les histoires vivent. Découvrez maintenant