Je ne tiens plus. L'atmosphère étouffante de ma chambre, le silence tendu de mes parents... tout me pèse. Alors, sans prévenir, je décide de sortir. Je prends mon sac, glisse mon téléphone à l'intérieur, enfile mon manteau, et quitte la maison.
Mes parents ne disent rien. Peut-être pensent-ils que c'est une bonne chose que je prenne l'air. Moi, je ne sais pas trop pourquoi je pars. J'ai juste besoin d'être ailleurs.
Je marche jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche. Le matin est froid, mais je ne ressens rien. Lorsque le bus arrive, je monte sans trop réfléchir et me laisse porter. Je ne sais même pas vraiment où je vais.
Quelques minutes plus tard, je descends près d'un parc. C'est un endroit calme, entouré de grands arbres aux feuilles rouges et dorées qui tombent doucement sous la brise d'automne. Le chemin de gravier craque sous mes pas, et je m'enfonce un peu plus loin, loin des bancs, des rares passants, des regards.
Je trouve un coin isolé, sous un grand arbre dont les branches étendues offrent une ombre réconfortante. J'étale mon écharpe sur le sol et m'assieds dessus. Là, seule, je regarde le ciel à travers les branches.
Les pensées reviennent, comme toujours. Incontrôlables. Pesantes.
Je me souviens de ces moments où tout allait bien. Ces instants rares, presque oubliés, où j'avais l'impression d'exister vraiment. Quand j'étais petite, et que tout était si simple. Quand ma mère me serrait dans ses bras sans me demander pourquoi je pleurais. Quand mon père riait avec moi pour des choses insignifiantes.
Je me rappelle aussi les éclats de bonheur volés ici et là. Le jour où j'ai eu mon premier A+ en classe et que mes parents étaient fiers. Les promenades d'été avec mon ancienne meilleure amie, avant qu'elle ne s'éloigne. Les rires qui résonnaient autour de moi, avant qu'ils ne se transforment en moqueries.
Ces souvenirs me poignardent presque autant qu'ils me réconfortent. Ils me rappellent que j'ai eu une vie, autrefois. Une vie que je ne reconnais plus.
Le soleil perce doucement à travers les branches de l'arbre, projetant des motifs de lumière et d'ombre sur le sol. Je fixe cette lumière, hypnotisée. Elle est belle, presque apaisante. Mais elle me fait mal, d'une certaine manière.
Je me demande si c'est comme ça, la mort. Une lumière douce qui efface tout. Toutes les erreurs. Tous les regrets. Toutes les souffrances.
Je ferme les yeux, et une pensée étrange me traverse l'esprit : Et si je pouvais recommencer ?
Recommencer à zéro, tout effacer et tout refaire. Vivre sans cette douleur, sans ce poids. Vivre une vie différente, où je pourrais être heureuse.
Mais ce n'est pas possible, n'est-ce pas ?
Je rouvre les yeux et regarde le ciel. Les nuages bougent lentement, insensibles à mes pensées. Je sens mes larmes couler, silencieuses, brûlantes sur mes joues froides.
Je ne sais pas combien de temps je reste là, sous cet arbre, à contempler ma vie et ce qu'elle aurait pu être. Peut-être une heure, peut-être deux. Le temps ne semble plus avoir d'importance.
À un moment, mon téléphone vibre dans ma poche, mais je ne le sors pas. Je n'ai pas envie de parler, pas envie d'expliquer où je suis ni pourquoi je suis partie.
Je suis juste là, sous cet arbre, seule avec mes pensées. Et pour une fois, ce silence me semble presque supportable.
Mais alors que le soleil commence à descendre, une idée me traverse l'esprit, une idée que je ne peux plus repousser. Je ne peux pas continuer comme ça, à faire semblant, à sourire devant mes parents alors que tout en moi hurle de douleur.
Je dois leur dire.
Je dois leur dire ce qui se passe à l'école. Leur parler de ces regards cruels, des moqueries incessantes, des mots blessants qui me hantent même quand je suis seule. Je dois leur dire que les profs ferment les yeux, comme si rien n'arrivait. Que chaque journée dans ces couloirs est un combat que je perds un peu plus à chaque pas.
J'ai peur. Terriblement peur. Mais je ne peux plus garder tout ça pour moi.
Je fixe les rayons dorés du soleil couchant et laisse mes larmes couler librement. Je sais que ce ne sera pas facile. Je sais que ce sera peut-être même pire, au début. Mais pour la première fois depuis longtemps, je sens une petite flamme s'allumer en moi.
Peut-être que dire la vérité, c'est le premier pas pour recommencer.
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Rien à perdre
Teen FictionÉliséa, accablée par le harcèlement, se rend dans une forêt, prête à tout arrêter. Mais quand elle se retrouve face à un garçon étrange, ses certitudes vacillent. Pourquoi Jian l'a-t-il sauvée ? Et pourquoi, pour la première fois, elle doute de sa d...
