Chapitre 10: Issa

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Ivy

Je regarde l'hôpital qui s'éloigne au fur et à mesure que nous avançons. Je respire fort tout en affichant un sourire que je n'imaginais pas apparaître. C'était excitant.

Tu as aimé, n'est-ce pas ? M'interroge Orion en voyant mon expression

— De quoi tu parles ? Je mens en reprenant un visage neutre.

— Mais bien sûr.

Je ne lui réponds plus, bien trop honteuse qu'il ait raison. J'ai aimé l'adrénaline que cette course poursuite m'a donné, c'est tout.

Certes, c'était excitant, mais ça ne change rien au fait qu'il faille tuer pour faire partie de ce monde. Ça n'efface pas ma peine ni les atrocités qu'il a infligées à ce marchand.

Je pivote légèrement, les muscles de mon dos tendus, et fixe la vitre, cherchant à m'y ancrer comme pour me protéger du regard qu'il pourrait poser sur moi.

Même si j'essaye de voir un peu de positif dans cette ombre, ça n'en reste pas moins semblable à l'enfer.

— Nous devons déposer la clé USB dans une des boîtes aux lettres, je te laisse t'en charger, dit-il en me tendant la clé devant les yeux.

Je la récupère à contre-cœur, sachant que refuser n'est pas une option. Il gare la voiture devant une série de boîtes, et je me prépare à accomplir ce geste sans grand intérêt.

— Dans laquelle ? je demande en me détachant.

— La 506.

Je ne lui réponds pas et me contente de sortir en silence. Je fais quelques pas et je sens déjà mes muscles jambiers me faire souffrir. Je ne suis vraiment pas sportif.

Je dépose la clé dans la bonne boite et lorsque je me retourne pour le regarder, je le vois, sourcils froncés fixés sur son portable.

— Super la mauvaise humeur, marmonnai-je en revenant.

Je m'assoie silencieusement à ma place et je n'ai pas le temps de m'attacher qu'il démarre en trombe.

— Où est-ce qu'on va ? J'ose demander entre deux virages miraculeusement négociés.

— Voir Peter, répliqua-t-il sèchement.

Je ne sais pas qui est ce Peter, ni si cela a un lien avec notre mission ou si cet endroit pourrait être dangereux. Je préfère ne pas l'énerver davantage, alors je me tasse dans mon siège, priant les dieux de me protéger.

.

— De quand date cette vidéo ? Demande Orion d'un ton sévère.

Nous avons pénétré dans cet endroit lugubre, une sorte de refuge où Peter semble se cacher.

Les murs sont envahis par la moisissure et l'air est lourd, chargé de poussière.

La vaisselle entassée dans l'évier, oubliée depuis des jours, est comme une extension de l'homme qui y vit. La pièce respire l'abandon.

Pourtant, nous sommes assis face à un ordinateur dernière génération, parfaitement entretenu. L'état impeccable de cette technologie moderne apparaît comme un signe de ses véritables priorités.

Je suis assise sur une chaise à côté de son super bureau et je suis aussi utile que d'habitude. Orion et Peter regardent en boucle une vidéo surveillance où l'on y voit un homme, sous la neige, habillé d'une doudoune noir.

Je n'ai pas compris pourquoi ils s'intéressent à ce type et je ne préfère pas intervenir dans leur discussion qui semble tendre Orion depuis tout à l'heure.

— Il a été détecté hier après-midi à Moscou, explique Peter en zoomant vers son visage à peine reconnaissable. Sa capuche le recouvre presque entièrement.

— Comment peux-tu être sûr que c'est bien lui ? L'interroge Orion, sceptique par la fiabilité de son information.

J'assiste à la scène comme si j'y comprenais quelque chose.

— D'après l'un de mes contacts, il a eu rendez-vous avec Igor Morozov, le chef d'un gang populaire de la région.

— Que sais-tu sur cet Igor ? 

HellOù les histoires vivent. Découvrez maintenant