41

307 14 1
                                        

Cela faisait trois semaines. Trois semaines que Woody avait découvert l’appartement vide. Trois semaines que plus personne ne répondait au numéro de Leyssa, que ses réseaux sociaux étaient désactivés. Trois semaines de silence. Trois semaines d’absence et trois semaines d’un trou noir dans son cœur.

Il était trop tard.

Du moins, c’est ce qu’il croyait.

Le regret le rongeait à chaque seconde. La manière dont il l’avait regardée ce jour-là, comme si elle l’avait trahi, alors qu’elle lui avait offert le plus pur des cadeaux : une vie. Leur enfant.

Il se revoit encore, accuser Leyssa de mensonge, lui dire avec une froideur glaciale que « cet enfant ne pouvait pas être de lui ». Son regard blessé, les larmes silencieuses, sa main tremblante sur son ventre… Woody n’arrivait pas à s’en débarrasser.

Il savait qu’il avait tout gâché mais il n’était pas prêt à renoncer

Alors il avait tout laissé derrière lui

Il avait quitté son boulot, vidé ses économies, récupéré tout ce qu’il pouvait trouver sur son passage qui pourrait le ramener à elle : une photo oubliée dans un tiroir, une adresse griffonnée à la va-vite sur une vieille carte postale, une conversation WhatsApp qui mentionnait une ville française que Leyssa avait dit adorer : Annecy.

Il avait pris l’avion sans même réfléchir Juste un sac, un passeport et cette douleur insupportable dans la poitrine.

C’est là qu’il décida de commencer.

Il n’avait aucune certitude juste une intuition et l’amour, le vrai celui qui pousse un homme à traverser un océan.

Le taxi s’arrêta devant une petite pension aux volets bleus, perdue dans les hauteurs de la ville.

Woody descendit, sac sur l’épaule, usé par la fatigue, les nuits sans sommeil, mais le cœur battant. Il demanda à la gérante, une dame au sourire discret, s’il y avait une jeune femme du nom de Leyssa dans la région.

— Je ne connais pas ce nom, dit-elle doucement

Il était sur une mauvaise piste

Leyssa était partie et il ignorait où. Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle fuyait et qu’elle voulait qu’il ne la retrouve jamais mais Woody n’avait jamais été du genre à abandonner.

Il avait commencé par la France. Paris. Le quartier où elle avait visité avec son école Il avait refait les ruelles qu’elle aimait, photographié les cafés qu’elle lui avait montrés en visio pendant son voyage scolaire. Il avait demandé aux passants, montré une photo. Toujours la même réponse : non, désolé. Jamais vue.

Puis, l’Espagne. Barcelone. Elle parlait souvent de cette ville, disait qu’elle y irait un jour pour "se perdre dans la foule, danser jusqu’à l’aube et manger des tapas à n’en plus finir". Il avait marché des heures le long des Ramblas, les yeux fixés sur chaque silhouette brune aux cheveux longs mais ce n’était jamais elle.

Ensuite Rome Il y avait cette fontaine, celle où elle rêvait de faire un vœu. Il y avait cru, lui aussi. Il avait fermé les yeux, jeté une pièce. "Qu’elle me revienne." Mais quand il les avait rouverts… il était toujours seul.

Le Maroc. La Grèce. Même Londres. Woody ne comptait plus les vols, les hôtels, les rues défilant sous ses pas usés. À chaque arrivée, un espoir fou à chaque départ, un peu plus de vide.

Les nuits, il les passait à fixer l’écran de son téléphone, relisant leurs messages, regardant leurs photos, s’imaginant sa voix, son rire et chaque matin, il reprenait la route comme si marcher plus loin pourrait l’emmener plus près d’elle.

Amour Inattendu Où les histoires vivent. Découvrez maintenant