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Les premiers jours après la révélation furent pesants.
Naïla marchait dans la maison comme une invitée indésirable, silencieuse, presque invisible. Leyssa évitait son regard, même si parfois elle l'observait à la dérobée.
Quelque chose en elle résistait mais un autre fragment de son cœur commençait à s'interroger

Et ce fut Aliyah, sans le savoir, qui brisa la glace.

Un matin, alors que Naïla était dans le salon, assise en train de lire un roman Aliyah trottina jusqu'à elle un jouet dans la main sans réfléchir elle le lui tendit avec un sourire.

Naïla, surprise, le prit doucement.

- « Merci, petit ange... » murmura-t-elle.

Leyssa, qui avait vu la scène depuis la cuisine, resta figée.
C'était la première fois qu'elle voyait sa fille tendre un jouet à quelqu'un sans y être poussée et elle connaissait sa fille : elle ressentait les cœurs.

À partir de ce jour, les petites choses commencèrent à changer.

Naïla et Leyssa se croisèrent un jour dans le jardin une tension flottait toujours mais Naïla osa briser le silence

- « Tu savais que j'ai le même grain de beauté que toi, juste au-dessus du coude ? »

Leyssa haussa les sourcils, étonnée.
Elle releva sa manche et en effet... un tout petit grain au même endroit que celui de Naïla, qu'elle venait de montrer.

- « Bizarre, hein ? », souffla Naïla.

Elles rirent... un peu pour la première fois.
C'était maladroit, mais réel.

Puis vinrent d'autres détails

Elles aimaient toutes les deux le thé à la vanille, sans sucre.

Elles s'asseyaient toujours pieds nus dans l'herbe.

Elles avaient la même mauvaise habitude de chanter en murmurant quand elles faisaient la vaisselle et Leyssa commença à voir autre chose  Naïla n'était pas une rivale, ni une intruse c'était une âme brisée, elle aussi.
Mais une âme qui voulait aimer et être aimée à partir de ce jour les deux sœurs commencèrent à bien s'entendre

Un mois plus tard

Le soleil semblait plus doux sur la maison.
La douleur, toujours là avait laissé place à une forme de paix étrange comme si chacun apprenait à respirer à nouveau.

Leyssa et Naïla passaient du temps ensemble sans s'en rendre compte un gâteau préparé à deux, une promenade avec Aliyah, une discussion tardive sur la terrasse.
Élena les observait, silencieuse, les larmes aux yeux, reconnaissante de voir ses filles commencer à reconstruire ce qu'elle avait brisé.

Woody, lui, regardait tout cela avec un amour immense dans le regard.
Chaque jour, il voyait Leyssa sourire un peu plus. Reprendre confiance. Aimer sans peur.

Et il sut...
Que le moment était venu.

Ce soir-là, Leyssa pensait qu'ils allaient simplement dîner dehors, comme d'habitude.
Mais Woody lui banda les yeux, et l'emmena doucement par la main jusqu'à la plage privée derrière la maison.

Quand elle retira le bandeau, elle découvrit un décor féerique.

Des guirlandes suspendues entre les palmiers, des bougies flottantes dans des vases, une table dressée pour deux face à la mer

Leyssa se tourna vers Woody, bouleversée.

- « C'est quoi tout ça ? »

Il s'approcha, lui prit les mains et la regarda droit dans les yeux.

- « J'ai vu la douleur te briser et j'ai vu la lumière revenir en toi j'ai vu une mère, une fille, une sœur, une femme magnifique, courageuse, forte... Et je veux t'aimer pour le reste de ma vie. »

Il mit un genou à terre.
Un silence.
Un souffle coupé.

Il sortit une petite boîte, l'ouvrit, et murmura :

- « Leyssa... Veux-tu devenir ma femme ? »

Leyssa resta figée un instant, comme si le temps s’était suspendu autour d’eux elle n’avait jamais imaginé vivre une telle scène, elle, la jeune femme blessée par la vie, par les doutes, par tant de malentendus pourtant en cet instant, ses souvenirs affluaient : leurs disputes, leurs réconciliations, la naissance d’Aliyah, leurs promesses chuchotées tard le soir… tout s’entrelaçait dans son cœur.

Une larme roula sur sa joue et Woody déstabilisé, crut l’avoir perdue sa voix tremblante brisa le silence

— Leyssa… je ne te demande pas la perfection je ne promets pas une vie sans tempêtes… mais je veux que toutes mes tempêtes, toutes mes victoires, toutes mes nuits… soient avec toi. Épouse-moi.

Cette déclaration balaya le dernier doute. Leyssa porta ses mains à sa bouche, submergée par une émotion qu’elle n’arrivait plus à contenir ses lèvres s’entrouvrirent et sans attendre d’une voix vibrante presque brisée elle murmura

— Oui, Woody. Oui, mille fois oui.

Woody écarquilla les yeux, incrédule, avant qu’un immense sourire n’illumine son visage il glissa la bague à son doigt avec des gestes maladroits mais sincères puis se releva pour la serrer contre lui. Leyssa s’accrocha à son cou et leurs larmes se mêlèrent dans un baiser passionné autour d’eux, le monde s’effaçait ; il n’y avait plus que leur amour, brut, vrai, incandescent.

— Tu es tout pour moi, souffla-t-elle contre ses lèvres peu importe où on est, peu importe ce qui arrivera, je veux être ta femme… Je veux qu’Aliyah grandisse en voyant que malgré nos failles, l’amour gagne toujours.

Woody ferma les yeux, son front contre le sien, submergé par une gratitude qu’il n’avait jamais ressentie il pensa à toutes les fois où il avait cru la perdre à ses erreurs à ses regrets et pourtant elle était là devant lui à lui offrir ce qu’il n’osait plus espérer : son “oui”

Ils restèrent enlacés longtemps, bercés par la musique discrète du vent et le parfum des fleurs. Leyssa posa sa tête contre son torse, écoutant les battements de son cœur, se laissant envelopper par la sécurité de ses bras.

— Tu sais, dit-elle en riant doucement à travers ses larmes, tu viens de réaliser le rêve de la petite fille que j’étais… mais surtout, tu viens de sauver la femme que je suis.

Woody embrassa ses cheveux incapable de répondre tant son émotion était immense. Ce soir-là, sous les étoiles complices, ils scellèrent une promesse éternelle celle de marcher ensemble, malgré les doutes, malgré les blessures, toujours main dans la main.

Et au creux de leur bonheur, une certitude résonnait  leur histoire ne faisait que commencer.

Amour Inattendu Où les histoires vivent. Découvrez maintenant