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Un grand ciel bleu s'étendait au-dessus d'eux, parsemé de quelques nuages blancs paresseux. L'air était tiède, caressant la peau comme une promesse d'été. Le parc était vivant : des enfants riaient, des chiens couraient, et la vie semblait plus douce qu'elle ne l'avait été depuis longtemps.

Woody installait une couverture sur l'herbe. Il lissait les plis, vérifiait les angles comme s'il montait une tente militaire.

- Tu sais qu'on pique-nique pas avec la Reine d'Angleterre, hein ? se moqua Lucas, un grand sac de sandwichs sur l'épaule.

- C'est pas pour elle, c'est pour ma fille, répondit Woody avec un demi-sourire, en posant délicatement Aliyah au centre de la couverture comme si elle était une pierre précieuse.

Leyssa, elle, était en train d'enlever ses sandales, les orteils dans l'herbe, riant déjà des bêtises de Cloé qui essayait de faire tenir un ballon à l'hélium attaché à une bouteille d'eau.

- Tu vas voir qu'elle va faire exploser un truc, murmura-t-elle à Kylie, à ses côtés.

- Elle a toujours eu l'âme d'une scientifique frustrée, répondit Kylie avec un petit rire complice.

Aliyah babillait en agitant les bras, captivée par tout ce qui bougeait autour d'elle. Les couleurs, les sons, les visages familiers. Woody lui avait acheté une bulle géante qui faisait des bulles de savon multicolores, et la petite éclatait de rire chaque fois qu'une bulle éclatait sur son nez.

- Elle est vraiment belle, dit Lucas en tendant une bouteille d'eau à Leyssa. Vous avez créé un petit bijou, toi et mon frère.

Leyssa sourit, un peu émue.

- Merci. C'est elle qui m'a reconstruite. Littéralement.

Pendant que Cloé essayait de faire marcher Bluetooth pour mettre de la musique, Woody s'approcha doucement de Leyssa et lui glissa à l'oreille :

- Je pourrais vivre comme ça tous les jours. Toi, elle, nos amis. Le soleil. Ton rire.

Elle le regarda, doucement, et hocha la tête.

- C'est la première fois depuis longtemps que je me sens... chez moi.

Plus loin, Kylie faisait tourner Aliyah sur ses genoux, doucement, avec une tendresse qui surprit même Leyssa et au lieu de sentir cette vieille rancune remonter, elle se laissa aller à l'instant. À la beauté de ce moment simple.

En fin d'après-midi, après les sandwichs, les bulles de savon et les fous rires de Cloé qui avait tenté de faire du yoga avec Lucas (et s'était écroulée de tout son long), le groupe resta allongé sur la couverture, à regarder le ciel changer de couleur.

Woody jouait doucement avec les petits pieds d'Aliyah pendant qu'elle somnolait dans les bras de sa maman.

- Tu sais, Leyssa... je crois que c'est ça, le vrai bonheur pas les grandes villas, les soirées mondaines, les millions.

- Juste ça, murmura-t-elle. Un moment, une bulle...

- Avec toi, ajouta-t-il.

Et dans cette bulle, protégée du monde, Leyssa sut que malgré les tempêtes passées, elle construisait quelque chose de vrai.

Quelque chose qui valait chaque larme, chaque combat.

Amour Inattendu Où les histoires vivent. Découvrez maintenant