Le silence qui suivit le départ de Leyssa résonna comme une gifle en pleine poitrine.
Woody resta figé sur le perron, le regard vide. Il venait de la laisser partir il avait laissé la femme qu’il aimait s’en aller avec leur fille, sans réussir à la retenir parce qu’il avait laissé sa mère prendre le contrôle, encore une fois parce qu’il avait manqué de courage parce qu’il avait cru pouvoir tout gérer… comme avant.
Mais c’était plus avant.
Il rouvrit lentement la porte de la maison celle où Leyssa n’avait jamais vraiment réussi à se sentir chez elle clle qui puait la froideur, le contrôle, l’hypocrisie.
Dans le salon, Isabella sirotait toujours son thé, posée dans le fauteuil comme si elle régnait sur un empire. Stacy, mal à l’aise, s’était recroquevillée dans un coin du canapé. L’ambiance était figée et Woody… bouillonnait.
Il referma la porte avec lenteur puis il s’avança. Un pas. Deux pas. Trois.
— Tu savais exactement ce que tu faisais.
Sa voix était calme,trop calme le genre de calme qui annonçait la tempête.
Isabella le regarda avec un sourire en coin, faussement innocent.
— Tu exagères, Woody j’ai juste voulu aider Stacy est passée dire bonjour, c’est tout…
— T’as invité mon ex, dans MA maison, sans me prévenir elle a pris ma fille dans ses bras et tu veux que je croie que c’est anodin ?!
Il explosa. La colère qu’il contenait depuis des semaines se libéra d’un coup. Tout ce qu’il avait avalé, toléré, ignoré… ressortait.
— Tu veux contrôler ma vie ! hurla-t-il. Tu crois que t’es encore en train de choisir mes vêtements, mes fréquentations, mes décisions ! Tu t’es incrustée dans MA famille comme si c’était la tienne ! Mais Leyssa n’est pas toi, maman et moi, je ne suis plus ton petit garçon.
Isabella se leva d’un bond, vexée.
— Tu crois qu’elle t’aime plus que moi, cette fille ? Elle te manipule ! Elle t’éloigne de moi, de ta famille, de tout ce qu’on a construit ensemble !
Woody la regarda avec un mépris glacé.
— Elle m’aime assez pour partir quand elle se sent humiliée. Toi, tu m’aimes juste assez pour me posséder.
Il se tourna vers Stacy.
— Et toi, Stacy, tu ne vaux pas mieux. T’aurais dû dire non. T’aurais dû comprendre que ce n’était pas ton rôle d’être là. T’es un fantôme du passé et j’ai plus envie de vivre dans un cimetière.
Il remonta les escaliers, attrapa son sac, quelques affaires d’Aliyah, une photo de Leyssa, et redescendit.
Isabella hurla derrière lui :
— Et tu vas aller où, hein ? Tu vas l’implorer de revenir après ce qu’elle t’a balancé ? Elle va te piétiner, Woody !
Il s’arrêta, sa main sur la poignée de la porte.
— Je préfère être piétiné par elle que porté par toi.
Puis il quitta la maison. Pour de bon.
Woody poussa la porte de sa vieille maison un parfum d’oubli et de souvenirs flotta dans l’air les murs étaient nus mais la maison respirait quelque chose de vrai. De brut. C’était là qu’il avait tout vécu. Ses nuits de galère, ses premiers boulots, ses désillusions.
Et c’est là qu’il avait compris qu’il voulait quelque chose de plus grand quelque chose de vrai une famille une vie.
Il passa la nuit seul. Sans Leyssa. Sans Aliyah. Dans le silence.
Et c’est là qu’il comprit à quel point il avait tout foiré.
Deux jours plus tard
Elle arriva devant chez lui, tirée par la curiosité, mais surtout par l’envie de comprendre.
La maison était simple, modeste, entourée de vieux arbres. Rien à voir avec la villa luxueuse d’Isabella.
Et pourtant… elle s’y sentait mieux.
Woody l’attendait devant, les mains dans les poches, l’air fatigué, les cernes creusées, mais les yeux remplis d’une tendresse sincère.
— C’est ici que tu vivais ? demanda-t-elle doucement.
Il hocha la tête.
— Ouais. C’est ici que j’ai grandi. C’est ici que j’ai tout connu. Le manque. Le bruit. Les erreurs. Les coups durs.
— Pourquoi tu ne m’as jamais amenée ici ?
Un silence. Puis il soupira.
— Parce que j’avais honte. Parce que j’ai fait beaucoup trop de conneries entre ces murs. J’ai eu des filles ici que je respecte même pas aujourd’hui. J’ai bu, j’ai menti, j’ai fui les responsabilités et quand t’es arrivée dans ma vie… j’ai cru qu’il fallait t’amener dans un cadre propre, rangé, comme chez ma mère j'avais aussi envie de t'amener dans la maison que j'ai en commun avec mon frère là où on s'est rencontré pour la première fois mais Je croyais que tu serais plus en sécurité là-bas chez ma mère Que tu serais mieux épaulée avec elle.
Il baissa les yeux.
— Mais j’ai réalisé trop tard que tout ce dont tu avais besoin, c’était pas une maison de magazine… c’était juste de moi. De moi, entier avec mes défauts. Mon passé. Mes erreurs.
Leyssa le regarda longuement il n’était plus le même homme quelque chose avait changé dans ses yeux.
Quelque chose d’authentique de brisé Mais de sincère.
— Et maintenant ?
Woody la fixa, les yeux brillants.
— Maintenant, j’ai envie de te reconstruire ici. Toi, moi, Aliyah pas dans une maison parfaite, mais dans une maison vraie si tu me laisses une chance, je te jure que je la mérite cette fois et je la prendrai pas pour acquise.
Un long silence s’installa.
Puis Leyssa esquissa un sourire timide, les yeux embués.
— Montre-moi l’intérieur j’veux voir où tu dormais quand t’étais encore un con.
Woody éclata de rire. Il la prit dans ses bras, doucement. Puis la guida à l’intérieur, le cœur battant.
Et dans cette maison pleine d’ombres, pour la première fois depuis longtemps…
la lumière entra.
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Amour Inattendu
AdventureLeyssa, une jeune collégienne vivant à New York avec sa grande sœur Cloé, tente de se reconstruire après la mort de ses parents. Mais à la suite d'un simple conflit amical, elle prend une décision qui va bouleverser sa vie à jamais...
