Leyssa n’avait jamais eu l’intention de le revoir encore moins de lui parler et surtout pas de lui accorder la moindre place dans sa nouvelle vie elle était partie pour fuir pour recommencer ailleurs pour se reconstruire loin de ses blessures et de celui qui les avait ouvertes mais Woody l’avait retrouvée et depuis qu’il avait franchi la barrière invisible qu’elle avait dressée entre eux, il était là.
Il ne dormait pas chez elle,ne mangeait pas avec elle ne la touchait pas mais sa présence remplissait l’air elle la sentait dans chacun de ses gestes dans le silence pesant des matins gris dans les regards de la vieille boulangère du village qui lui demandait s’il « allait bien », comme s’il faisait déjà partie du décor.
Leyssa lui avait laissé un espace dans sa vie mais c’était par devoir, pas par envie. Pas par tendresse et certainement pas par pardon.
— Tu peux être là pour le bébé, avait-elle dit d’une voix froide. C’est tout. Pas plus.
Woody n’avait pas discuté il avait simplement hoché la tête, les yeux brillants, comme s’il acceptait une sentence il ne cherchait pas à discuter, ni à gagner des points. Il voulait juste rester. Elle, elle voulait juste tenir bon.
Les premières semaines furent supportables. Il était discret. Silencieux. Il la suivait aux rendez-vous médicaux, restait dans les couloirs à lire des magazines usés pendant qu’elle discutait avec la sage-femme. Il apportait parfois des fruits, du jus pressé, une crème pour les douleurs de dos, qu’il déposait sans rien dire. Elle ne le remerciait même pas.
Parce qu’au fond, tout en elle criait encore.
Tu m’as trahie. Tu m’as abandonnée. Tu m’as jugée.
Mais ce qu’elle ne disait pas… c’était qu’une partie d’elle-même n’avait jamais cessé de l’aimer.
Et c’était ça, le vrai combat.
Chaque jour, elle luttait contre cette tendresse piégée dans sa poitrine. Chaque fois qu’elle le voyait parler au bébé à travers son ventre, poser une main hésitante contre sa peau arrondie avec un mélange de respect et de peur, elle avait envie de le gifler… puis de l’embrasser et cette contradiction la rendait folle.
Parfois, en pleine nuit, elle se réveillait tremblante, le cœur battant, après avoir rêvé de ses bras. Elle serrait alors son oreiller, les larmes aux yeux et se jurait de ne plus jamais retomber.
Mais Woody était patient.
Il ne demandait rien. Ne forçait rien. Il était simplement là. Chaque jour.
Et c’est cette constance qui faisait le plus de dégâts.
Un après-midi, alors qu’elle sortait de la salle de bain avec des douleurs dans le dos, elle le trouva assis devant sa porte, les yeux levés vers le ciel. Il avait une bouteille d’huile essentielle dans la main.
— J’ai lu que ça aidait pour les muscles, murmura-t-il. Tu veux que je la laisse ici ?
— Oui, laisse-la et va-t’en.
Il hocha la tête sans discuter.
Mais ce soir-là, après avoir pris son bain, elle s’en servit et elle pleura en silence sous sa couette.
Elle voulait qu’il parte mais encore plus que ça… elle voulait qu’il reste.
Et ce paradoxe la bouffait de l’intérieur.
Une semaine plus tard, alors qu’elle sortait d’un rendez-vous prénatal important, Woody l’attendait dehors il tenait à la main une petite boîte rose pâle.
— C’est pas grand-chose. Juste une tenue pour la naissance. Si c’est une fille, évidemment…
Leyssa prit la boîte sans un mot. Elle ne le regarda pas. Mais le soir même, elle ouvrit l’emballage et lorsqu’elle vit le petit body brodé de fleurs, son cœur se fissura.
Elle s’assit sur son lit, caressa doucement le tissu, et murmura :
— T’as pas le droit d’être aussi doux. Pas après ce que tu m’as fait.
Elle le haïssait… autant qu’elle l’aimait.
Et chaque jour, elle regrettait un peu plus qu’il ait réussi à la retrouver si vite. Parce que il avait toujours eu une emprise sur elle, depuis le premier regard. Une manière de l’apaiser de l’envahir sans crier gare de se glisser sous sa peau.
Elle aurait voulu l’oublier, l’effacer, reconstruire ailleurs.
Mais il était là. Et il attendait.
Un soir, après un petit malaise, Woody l’avait raccompagnée chez elle. Elle n’avait pas eu la force de le repousser. Elle s’était laissée tomber sur le canapé, le souffle court, les yeux fermés et il était resté assis à côté, sans bouger.
Le silence dura longtemps.
Puis il murmura :
— Tu regrettes que je sois venu.
— Oui. Parfois.
— Tu veux que je parte ?
Elle ouvrit les yeux. Croisa son regard.
— Je veux que tu cesses de m’affaiblir.
Woody hocha doucement la tête.
— Je veux juste être un bon père er un homme meilleur.
— Tu ne seras jamais plus l’homme de ma vie. Ça, c’est terminé.
Il baissa les yeux.
— D’accord.
Et elle aurait voulu que sa voix tremble. Qu’il montre de la peine. Mais non. Il acceptait. Sans discussion. Parce qu’il l’aimait et parce que cette fois, il avait compris : c’était à elle de choisir s’il aurait droit à autre chose qu’une seconde chance… en tant que père seulement.
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Amour Inattendu
AdventureLeyssa, une jeune collégienne vivant à New York avec sa grande sœur Cloé, tente de se reconstruire après la mort de ses parents. Mais à la suite d'un simple conflit amical, elle prend une décision qui va bouleverser sa vie à jamais...
