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La maison baignait dans une lumière dorée. Une odeur délicate de sauce tomate et d’herbes fraîches flottait dans l’air. Woody passait de la cuisine à la salle à manger, concentré mais excité ce soir, il avait tout organisé pour la première fois, il avait le contrôle total  Bryana et Lucas avaient accepté de garder Aliyah pour la nuit juste lui et Leyssa rien d’autre.

Il avait dressé la table avec soin nappe blanche, bougies allumées, verres en cristal qu’il avait dû laver trois fois pour qu’ils brillent. Il avait même cueilli une petite fleur blanche dans le jardin pour la poser au centre et sur la platine, un vieux vinyle de Nina Simone tournait doucement.

Il était en train de goûter la sauce quand il l’entendit descendre.

Et quand il leva les yeux…

Leyssa apparut en haut des marches.

Sa robe noire satinée lui tombait sur la peau comme une caresse. Elle avait légèrement attaché ses cheveux, laissant quelques mèches encadrer son visage. Ses yeux brillaient, sa peau rayonnait. Woody sentit son souffle se bloquer un instant.

— Je suis trop habillée ? demanda-t-elle avec un sourire timide.

— Non. T’es parfaite, répondit-il dans un souffle.

Il s’avança et lui tendit la main. Elle la prit, et il la fit tourner doucement avant de la tirer contre lui pour l’embrasser.

— Tu m’as manqué comme ça, murmura-t-elle.

— Moi aussi. Ce soir, c’est que nous deux. Comme avant… mais en mieux.

Ils s’assirent, rirent, parlèrent, se rappelèrent les débuts, les hauts, les très bas. Leyssa s’amusait à tremper son pain dans la sauce et à le lui faire goûter, et Woody ne cessait de lui voler des regards en coin, comme s’il redécouvrait la femme qu’il avait failli perdre.

À la fin du repas, il mit une chanson plus lente. Il se leva, lui tendit à nouveau la main.

— On n’a jamais eu de vrai premier date. Ce soir, j’corrige ça. Danse avec moi.

Ils dansèrent, leurs corps collés, bercés par la voix de Nina Simone. Sa main caressait lentement la peau de son dos nu. Elle posa sa tête contre son torse.

— Tu sais… malgré tout… malgré ce qu’on a traversé, j’ai jamais aimé quelqu’un comme toi.

Il l’embrassa sur le front, doucement.

— Et moi, je veux tout recommencer. Tout te redonner. Lentement, comme tu veux. Juste… reste avec moi.

Elle leva les yeux vers lui. Le silence les enveloppa.

— Je reste.

Le lendemain, une douce routine s’était installée. Café noir pour Woody, chocolat chaud pour Leyssa. Ils parlaient encore dans le lit, bercés par le calme sans Aliyah. Mais alors qu’ils profitaient de cette bulle suspendue… la sonnette retentit.

Woody fronça les sourcils.

— Tu attends quelqu’un ?

— Non…

Leyssa se leva, remonta un peu sa robe de chambre, et ouvrit la porte.

Son cœur se figea.

— SURPRIIIISE !!!

Cloé.

Son visage, radieux, familier, adoré une valise rose fluo à la main. Et juste derrière elle, un peu plus timide… Kylie.

— Oh mon Dieu… Cloé ! hurla Leyssa en lui sautant dans les bras.

Elles se serrèrent fort, longtemps. Les larmes montèrent vite.

— Je devais te voir. Te serrer dans mes bras. Et… je voulais rencontrer ma nièce !

Mais Leyssa ne quitta pas Kylie des yeux. Elle était là, plus discrète, les cheveux attachés, le regard un peu inquiet.

— Salut, murmura-t-elle.

Leyssa se redressa.

— Salut… Kylie.

Woody apparut derrière, en jogging, torse nu, avec un air à moitié réveillé.

— Euh… je dérange ?

Kylie éclata de rire.

— C’est lui, le papa sexy ? Je comprends mieux pourquoi t’as pas pu résister.

Woody tendit la main à Kylie, un sourire en coin.

— Woody.

— Kylie, l'ancienne meilleure amie de Leyssa

Puis, Leyssa ouvrit la porte plus grand, sans lâcher Kylie du regard.

— Entrez.

À peine dans le salon, Cloé sautillait déjà vers les photos d’Aliyah.

— Elle est trop belle ! C’est ta copie conforme, Leyssa !

— Elle dort encore. Vous pouvez poser vos affaires dans la chambre d’amis.

Kylie s’arrêta au milieu du salon, observant chaque détail son regard s’attarda un peu trop longtemps sur Woody.

— C’est une belle maison.

— Oui c’est notre maison maintenant.

Silence.

Cloé, toujours la diplomate, ajouta joyeusement :

— Kylie a insisté pour venir. Elle… voulait te parler. Te voir. Tourner la page peut-être.

Leyssa la fixa.

— On verra bien.

Woody posa une main discrète dans le bas de son dos. Elle se tourna vers lui.

— Je monte la réveiller ? demanda-t-il.

— Oui, mais prends ton temps.

Quand il disparut à l’étage, Cloé sourit tendrement.

— T’as changé, Leyssa mais t’es encore plus toi-même ça a fait plaisir à voir

— J’ai grandi grâce à ma fille et malgré tout, grâce à lui.

Son regard glissa un instant vers Kylie. Une tension palpable flottait dans l’air.

— On parlera, mais pas devant elle, dit Leyssa, douce mais ferme.

Kylie baissa les yeux.

— Je comprends.

Et pendant qu’Aliyah se réveillait dans les bras de son papa, que Cloé fondait en larmes devant sa beauté, l’ombre du passé venait de franchir le seuil de leur maison. Leyssa savait que les prochaines heures allaient être chargées mais cette fois, elle n’était plus seule.

Amour Inattendu Où les histoires vivent. Découvrez maintenant