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Le vent du matin s’était levé, emportant avec lui la tranquillité d’une journée qui aurait pu être belle dans l’encadrement de la porte, une femme au regard bouleversé tenait son sac contre sa poitrine, comme pour se protéger d’un monde qui ne voulait plus d’elle.

Leyssa, figée, avait du mal à respirer
— C’est pas possible... Tu... tu peux pas être là. T’es censée être morte. Maman. MAMAN.

Le mot lui arrachait la gorge il brûlait

Woody posa sa main sur son épaule, inquiet.
— Leyssa, respire… assieds-toi… Qu’est-ce qu’elle veut dire ? C’est vraiment ta mère ?

Cloé descendait les escaliers, une serviette autour de la taille, comme sortie d’un rêve.

— Non... non non non... c’est pas possible…
— C’est elle, Cloé… c’est elle… Elle est là... Elle est en vie.

Un silence de plomb s’abattit.
Même Aliyah, qui pleurait un instant plus tôt, s’était tue comme si elle sentait le drame se nouer.

La femme murmura :
— Je suis désolée… Je suis si désolée de vous avoir laissées toutes les deux…

Leyssa éclata.
— Non ! Tu peux pas juste revenir comme ça ! Tu peux pas débarquer après des années et dire “je suis désolée” ! On m’a dit que t’étais MORTE. Que t’avais eu un accident avec notre père que t’étais PARTIE.

Elle recula encore, la voix brisée, les larmes aux yeux.
— J’ai pleuré toutes les nuits. J’ai grandi avec un vide. Tu m’as laissée seule, tu m’as abandonnée. Tu veux quoi maintenant ? Que je t’embrasse ? Que je te dise merci ?

Sa mère éclata elle aussi en sanglots, tombant à genoux sur le carrelage de l’entrée.

— J’étais en danger, Leyssa… on m’a enlevée pendant des années j’étais prisonnière il y a des choses que tu ignores… Des gens… ton père…

— NE PARLE PAS DE MON PÈRE ! cria Leyssa. Il est mort lui il n'a pas fait semblant comme toi Cloé m’a élevée toute seule

Woody restait silencieux. Il tenait Aliyah contre lui maintenant, comme pour protéger la petite de l’énergie destructrice dans la pièce.

Cloé, elle, pleurait en silence.
— J’étais là, moi aussi… je me rappelle de la nuit où tout a basculé. Les flics sont venus, on t’a déclarée morte Y’avait deux corps dans cette accident c’était censé être toi...

La femme hocha la tête, les larmes coulant sur ses joues ridées.

— Ce corps... c’était Rachelle la secrétaire de votre père elle avait volé son sac. Mon sac. On m’avait droguée, embarquée. Pendant des années, j’étais retenue quelque part, en Europe de l’Est. Personne ne savait. Et puis un jour... j’ai réussi à m’enfuir j'ai fait mes recherches et j'ai appris que c'était un plan de Rachelle pour m'éloigner de votre père pour prendre ma place mais malheureusement il y'a eu cette accident

Leyssa secouait la tête.
— Trop facile. Trop… irréel. Tu débarques ici, dans ma vie, après que j’aie eu un bébé, reconstruit un foyer, recommencé à respirer et tu veux que je te crois ?

Elle se tourna vers Woody.

— Dis-moi que c’est un cauchemar. Dis-moi que c’est une folle une illusion

Mais Woody, grave, dit seulement :
— Elle te ressemble trop, Leyssa… C’est dans ses yeux. Elle dit peut-être la vérité.

Un long silence. Puis la voix de Cloé, tremblante :
— Ley… c’est vraiment elle… tu veux faire quoi ? Tu veux la chasser ? La confronter ?

Amour Inattendu Où les histoires vivent. Découvrez maintenant