Je grimaçai en essayant de me rendormir.
— Lulu !
Je sentis qu'on me tirait le bras, ce qui suffit à me réveiller et j'ouvris péniblement les yeux en baillant.
— Téléphone, souffla Lenny.
Je me redressai d'un coup, me préparant au pire. L'angoisse parcourut chaque millimètre de mon corps, dans la crainte d'un éventuel message. Je fus soulagée de constater que c'était une fausse alerte et qu'il s'agissait uniquement de l'alarme.
Nous étions vendredi, la veille de la soirée à laquelle j'hésitai encore à m'y rendre.
Et puis dans quel intérêt ?
J'éteignis l'alarme qui vibrait et ramenai mes cheveux en une queue-de-cheval haute. En voulant sortir du lit, je trébuchai. La chute fut inévitable, je me retrouvai aussitôt au sol, me réceptionnant sur les fesses.
— Aïe... maugréai-je.
Mon petit frère gloussa comme à son habitude devant ma maladresse. L'écran de mon téléphone sur le lit, lui, indiqua 07h45. Mes yeux s'écarquillèrent, encore plus en lisant le message de Madame Wilson, stipulant qu'elle avait un empêchement pour la journée, et qu'elle ne pourrait pas déposer Lenny.
— Nous devons nous préparer, Lenny ! Vite ! m'alarmai-je en me levant, me précipitant dans mon dressing à la recherche de vêtements dans ma penderie et fonçai dans la salle de bain.
Je sortis rapidement de la pièce, attrapai mon sac au passage et dévalai les escaliers. Dans la cuisine, je pris des cookies, une gourde où j'y versai de l'eau, du jus de pomme, et les rangeai dans son sac à dos bleu. Je le refermai, m'emparai de mes chaussures en les enfilant à toute vitesse. Lui, était déjà dehors. Je fonçai pour le rejoindre, sacs en main d'un côté et de l'autre mon téléphone où j'avais déjà appelé un taxi.
Le trajet, se résumant à 5 minutes en voiture, se déroula en peu de temps. Nous nous retrouvâmes à présent debout face à l'établissement. Un sentiment de soulagement me traversa en constatant que nous avions pu arriver de justesse. Le bus venait tout juste de déposer les enfants, dont une dernière jolie petite fille aux longs cheveux blonds que je reconnus immédiatement.
— C'est Rosie ! sourit Lenny en agitant la main.
Elle ne nous vit pas.
Si tous les autres avaient rejoint l'école, elle était la seule à marcher un peu plus lentement. Sentant sûrement nos regards sur elle, Rosie tourna sa tête dans notre direction. Son regard s'illumina d'un coup, un grand sourire égailla son visage. Soudain, mon petit frère, cartable sur le dos, traversa la route en courant pour la rejoindre.
— Lenny ! m'écriai-je en vérifiant les éventuels dangers. Ce n'est pas faute de t'avoir dit que...
Je m'interrompis en déviant mon attention ailleurs. Plus précisément sur une Ford noire que je venais juste de remarquer, à quelques mètres de là. Mon petit frère en sécurité de l'autre côté de la route, mon attention restait sur le pick-up. Pourtant, instinctivement, je savais que quelque chose clochai.
Traversant prudemment, je tournai la tête sur la droite. Un individu vêtu entièrement de noir, s'approchait à vive-allure. La capuche de son sweat - alors qu'il faisait chaud - m'empêchait de voir son visage. Il ne me fallut peu pour que je fasse très vite le lien entre deux choses. Surtout en identifiant ce qu'il serrait dans sa main. Il se mit à courir vers les enfants et je leur ordonnai de rentrer dans l'école. Lenny tint la main de son amie, lui intimant de se dépêcher. Rosie tomba, égratignant ses paumes au passage.
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MEMORIA
Roman d'amour« Lucy Collins, 22 ans, est loin d'avoir la vie qu'elle aurait souhaitée. Entre les nombreux conflits permanents auxquels elle peine à y faire face et la discorde qui règne dans sa famille... Elle est complètement meurtrie. Lorsqu'elle apprend qu'...
