26 | CE NE SONT PAS TES AFFAIRES

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La journée touchait à sa fin. Il faisait nuit quand le dernier cours se termina, soit aux alentours de 21h. Durant cette longue journée, je n'avais pas, ou alors brièvement écouté. Le ciel, assombri et lourd, partageait mon humeur écrasante. De petites gouttes de pluie commencèrent à glisser dans mes longs cheveux blonds, devenant de plus en plus nombreuses. Manque de chance, je n'avais pas de parapluie. Sûrement plus que quelques minutes pour qu'il pleuve à verse, à moins qu'un nuage ne passât. Et si je ne me dépêchais pas de rejoindre le bus, j'allais finir trempée et malade.

Seulement, c'était le cadet de mes soucis. Mon esprit était trop focalisé sur plein de choses à la fois, y compris Rosie.

Est-ce qu'elle va bien ?

J'espérais du plus profond de mon cœur que oui et qu'elle ne vivrait plus un événement de ce genre à l'avenir.

Mais surtout, je le savais. J'étais consciente qu'une fois de plus, je m'étais délibérément exposée au danger. Je me remémorai le premier mot. Celui-là même qui stipulait que je devais me tenir en dehors de leur chemin.

Et qu'est-ce que j'ai fait ?

J'avais foncé droit dedans, balayant d'un revers de la main cet avertissement pourtant clair comme l'eau de roche. Or, c'en était une chose qu'ils s'en prennent à moi. Ce que je redoutai le plus désormais, c'était la sécurité de Lenny. Et progressivement, je faillis à mon devoir. Par cette simple action, je venais peut-être de le mettre en danger.

Au fur et à mesure que je descendis les marches — faiblement éclairées par les lampadaires — afin de regagner le parking de l'université, ma gorge se noua, les larmes me montèrent aux yeux. Je dus m'appuyer contre le mur un peu plus bas. Incapable de les gérer, mes mains tremblèrent. Il suffit de peu à mon imagination pour élaborer d'éventuelles scènes où, par moments, je vis Lenny blessé. Dans d'autres, il disparaissait sous mes yeux. Je songeai à la police. Cependant, je doutais de la fiabilité des nombreux agents, sans omettre que je ne savais pas réellement à qui j'avais affaire. Et bien que j'ignorai dans quoi je venais de m'embarquer, je savais que tout cela me dépassait. Mes réflexions, elles, ne me menaient à rien.

Je ne voyais aucune issue.

Soudain, je cessai de ressentir les gouttelettes. Une veste beaucoup trop grande se retrouva sur ma tête, la protégeant, elle et mes épaules.

— Tu vas où ?

— Je rentre chez moi ? répondis-je à Félix en fronçant les sourcils.

— Le bus vient de partir.

— Quoi ?!

Je passai ma main sur mon visage, soupirai.

— Hmm... merci de m'avoir prévenue, j'appellerai un taxi dans ce cas.

— Viens, je te ramène.

J'ouvris la bouche pour constater qu'il tournait les talons en guise de réponse. Son comportement me remémora Kayzen. Lui aussi ne m'avait pas écoutée, l'autre fois. Nous arrivâmes à la hauteur d'une moto. Une BMW noire. Il me tendit le casque, je déglutis.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Je... en fait...

Il dégagea les mèches de ses cheveux de jais qui tombèrent devant ses yeux, et son regard passa de sa moto à moi. Il comprit que je serais incapable de monter. La peur de tomber prit le dessus, surtout de nuit, sans compter si la pluie se renforçait dans les minutes qui allaient suivre.

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