Chapitre 2 :
J'entendais les cris de ma mère mais je ne comprenais pas ce qu'elle disait. Quelqu'un palpait mon pouls en donnant des instructions. J'avais envie d'ouvrir les yeux pour leur empêcher de me mettre ses câbles qui me démangeaient. Mais j'étais trop faible. Au bout d'un moment le silence se fit. Malgré tout, je sentais une présence. J'essayais de dire quelque chose, mais la personne (ou la chose) me mit un doigt sur la bouche pour m'en empêcher.
- Ne parle pas, tu vas t'épuiser.
Je connaissais cette voix, elle m'était familière. Ben. Mes yeux s'ouvrirent automatiquement. Ils parlèrent à ma place.
- J'étais venu voir un proche, mais comme je passais devant ta porte, je me suis dit que ça te ferait p'têtre plaisir.
- Euh, oui. Enfin c'est un peu étrange, tu me connais pas.
- Si.
- Comment ça?
- Ben je sais que tu intelligente et autoritaire.
J'éclata de rire, il hésita avant de se joindre a moi. Il se rassit et il y eut un grand blanc pendant un moment jusqu'à que je me décide à rompre le silence.
- Bon, euh puisque tu es là tu ne peux pas appeler l'infirmière pour la prévenir que je pars ? lui demandais-je en enlevant les tuyaux qui me gênaient.
- Je crois que tu dois rester en observation jusqu'à ce midi, m'informa Ben.
- Ce midi ?! Ne me dis pas que je suis restée dans le coma pendant presque une journée entière ?
- Et bien si, mais je vais voir ce que je peux faire. Cependant, tu me dois quelque chose. Réponds-moi franchement : est-ce que tu te souviens de ce qui s'est passé hier ?
- Vaguement. Je me rappelle avoir défoncé la porte, je ne sais comment et avoir poussé très fort un élève je crois qu'il s'est blessé, je ne sais plus.
- C'est tout ?
- Oui. Enfin...non mais j'ai dû me prendre un coup sur la tête, c'est débile.
- Ça on ne le saura que quand tu me l'auras dit.
C'était bizarre, ça faisait à peine une journée qu'on se connaissait, mais j'avais l'impression de le connaître depuis toujours.
- J'ai cru t'avoir vu te lécher les doigts, je marquai une pause, recouverts de sang, terminais-je.
J'attendais sa réaction, pensant qu'il allait soit éclater de rire, soit me prendre pour une folle. À ma surprise, je distinguais plutôt une lueur de colère et il me répondit violemment.
- Oui, tu as sûrement dû rêver.
- C'est bien ce que je pensai, admis-je en essayant de croiser son regard.
- Bon, eh bien je dois y aller, me dit-il en se levant précipitamment.
Une partie de moi voulait l'en empêcher, mais l'autre disait de le laisser partir, encore vexée par son comportement. Mon côté fâché l'emporta et je lui adressai un bref signe de la main. Il n'y répondit pas, bien que je fusse sûre qu'il m'ait vue. Je balançai ma bouteille d'eau, qui était posée sur ma commode. Je souhaitai qu'elle explose, mais elle fit un rebond contre le mur et retomba par terre. Je soupirai. Comment un garçon que j'avais rencontré la veille pouvait me faire cet effet-là ? Je m'appuyai contre l'oreiller derrière moi et fermai les yeux.
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