La démence de l'ange

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Point de vue James Ashford.

L'église de Richards, avait été renommée par Les Lancourt lors de sa construction sur leur propriété. Immense, imposante et chargée de cette atmosphère qui n'était propre seulement qu'aux édifices religieux, elle pouvait faire peur au premier regard. Pourtant, quand on franchissait le pan de ces portes, le bois vernis des bancs et ces motifs rigoureusement complexes, le style rococo qui s'établissait de l'autel jusqu'au plafond écrasant les structures et pour finir les multiples cliptiques et leurs scènes religieuses parsemés le lieu déjà bien fourni. Il fut dit que la décoration de l'église avait été imaginé par la mère, seul les tableaux et les vitraux avait été ordonné par le patriarche.

Il suffisait d'entrer dans l'édifice, et la signature de la pâte artistique féminine frappait de plein fouet. James avait en horreur ce spectacle. Transformer une chose si précieuse en un ramassis d'idioties l'énervait comme jamais. Il n'aurait jamais laissé sa femme prendre ainsi le contrôle, encore moins ordonner quoique cela fût-est-ce.

Bien qu'il n'approuvait pas les lieux, il fut ordonné par la famille Lancourt qu'il se marierait ici.

Evidemment, ce marier avec une des filles Lavina avait été orchestré par sa mère de toute part. Leur dotes étaient importantes, et bien qu'elle fusse immensément riches, elles étaient dotés d'une beauté sans pareilles. Une beauté qui attirait l'œil. Il fallait de ce fait s'empresser de les marier avant de perdre un parti aussi bénéfique.

James avait choisi par ailleurs celle qu'il aimait tant parmi les sœurs, la cadette Hortense Lavina de Lancourt. Il l'avait toujours préféré aux autres. Sa moue naïve, son air candide autant que sa timidité fluette... il n'arrivait toujours pas à se décider sur le fait qu'il la trouvait jolie ou simplement divertissante.

D'aussi loin qu'il s'en souvienne, elle avait toujours été plus docile que ces domestiques.

Le jeune homme esquissa un léger sourire au coin caressant du bout des doigts l'un des bancs face à l'autel consacré aux rituels sacrés. Le bois avait la douceur d'une peau de bébé, et ces pensées dérivèrent allègrement aux arômes de la peu nue de la catin vénusienne et l'amenèrent sombrement aux délicieuses lèvres pourpres de la mulâtre des Lindsay.

Récemment, il avait entendu bien des choses sur cette dernière. Sa participation à l'affaire juridique du négrier qui avait sombré dans les eaux du pacifique. Elle avait persuader ainsi son oncle l'idée de lever une loi qui faisait de cet état un empire parmi tant d'autre. L'abolition prochaine de l'esclavage. Elle c'était aussi entiché d'un misérable avocat débutant répondant au nom de John Davinier, qui d'ailleurs l'avait demandé en mariage.

Le jeune homme cessa de bougea et fixa le banc comme si celui-ci était soudainement devenue la pire immondice qu'il n'eut jamais vu.

La mulâtre allait se marier... Dido allait devenir une femme mariée... Dido aimait un homme.

Un homme qui n'était pas lui.


Point de vue de Victoria Ashford.

La femme remonta les pans de sa robe pour monter les escaliers de l'église. C'était une coutume chez les femmes de rangs élevés, les fondations d'une parfaite éducation, pourtant c'est avec entrain qu'elle se précipita dans l'antre religieux. Un entrain si vif, qu'elle donnait l'impression d'être aussi bourrue que les femmes paysannes du bas peuple.

Elle perdit de toute son assurance singulière quand elle déboula dans le corridor de l'église, faisant claquer ces talons sur le carrelage lustré passant outre le fait qu'elle marchait sur une mosaïque illustrant l'ange Gabriel.

Noir désirOù les histoires vivent. Découvrez maintenant