Tuer tuer tuer
Carol ouvre ses yeux en grand. Plus aucune émotion ne se reflète dans ses iris charbonneux. L'obscurité a envahi ses prunelles. Ses pupilles sans vie font penser au néant. Elle offrent un contraste brutal avec sa peau blanche. Elle fixe le mur devant elle sans vraiment le voir. Son âme est égarée dans un endroit où personne ne peut la récupérer. Ses longs et raides cheveux noir corbeau glissent devant son visage et forment un rideau qui la coupe du monde extérieur. Coupe.
Tuer tuer tuer
Carol écarquille les yeux et le noir envahit totalement ses prunelles. Ce ne sont plus que deux billes sombres sans âme. Quelqu'un vient de pénétrer dans l'immeuble, sur son territoire. La petite fille ignore la raison de sa présence ici. Ce qu'elle sait, ce qu'elle sent, c'est qu'il doit partir. Personne ne dérange Carol. Et certainement pas les hommes. Hommes.
Tuer tuer tuer
Carol avance rapidement le long du couloir. Le bruit de ses petits pas se répercute sur les parois. Les torches fixées aux murs de pierres renvoient l'ombre de la fillette sur le sol sablonneux. Le claquement d'une porte en métal retentit et se répercute dans le sous-sol de l'immeuble. Carol s'arrête au milieu du couloir. Elle serre son petit poing sur le manche de son couteau. Un homme assez grand, d'une vingtaine d'années, habillé d'un jogging, apparaît. Jogging.
Tuer tuer tuer
Carol fronce les sourcils. Un éclair de haine traverse ses yeux. Elle hait les hommes. Elle hait les joggings. Elle hait plus que tout les hommes en jogging. Elle en ignore la raison. Elle les hait, c'est tout. Elle lève son couteau et s'avance vers l'homme qui hurle comme un cochon qu'on égorge. Égorge.
Tuer tuer tuer
Carol se souvient. Un homme en jogging l'a attirée ici quand elle était vivante. Il l'a égorgée. Et maintenant elle hante ce souterrain avec l'arme de son meurtre à la recherche de son tueur pour se venger. Elle plaque l'homme contre un mur et lui place le couteau sous la gorge. Puis elle hurle de sa voix crissante et sifflante de haine :
- Tu vas crever comme tu m'as tuée, ordure !
L'homme se débat mais la poigne du fantôme est trop forte.
- C'est pas moi, c'est pas moi, j'ai rien fait ! Pleure-t-il tandis que son regard désespéré appelle à l'aide.
Les yeux de Carol se rétrécissent et un seul mot sort de sa bouche, vibrant d'indifférence :
- Menteur.
Puis elle lui tranche la gorge. Tranche.
Tuer tuer tuer
Carol regarde le cadavre de l'homme s'effondrer au sol. Le sang coule abondamment de son cou et se déverse sur le sol où le sable l'aspire. Cela rappelle à la fillette qu'elle a soif. Elle s'accroupit et place ses mains en coupe sous la blessure de l'homme. Elles se remplissent de sang et la petite fille les porte à sa bouche, renversant la moitié de leur contenu sur sa robe blanche. Elle boit goulûment, les paupières fermées, savourant ce goût chaud et métallique qui lui coule dans la gorge. Un large sourire étire ses lèvres, dévoilant deux petites dents du bonheur. Un rire sadique secoue son corps tout entier. Elle rit de la douce chaleur que lui apporte sa vengeance. Carol tourne sur elle-même, écarte les bras et rit. Elle sautille autour du corps de l'homme et rit. Elle s'élance dans un couloir et rit, rit, rit. Son rire se répercute sur les parois et bondit vers l'avant, lui montrant le chemin. Le rire démoniaque d'une enfant hantée par le désir de vengeance. Vengeance.
Tuer tuer tuer
Carol se promène dans les souterrains. Ses cheveux noir corbeau ébouriffés pendent devant son visage. Ses yeux sombres n'expriment que le néant. Elle est tachée de sang. Torturée, désespérée, esseulée, elle tourne en rond dans le sous-sol de l'immeuble où elle est morte. Elle a tout oublié, et c'est ainsi. La malédiction d'une âme assassinée ne peut être levée.
Mayappy♪
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Divagations
DiversosDivagations Des histoires pour imaginer. Des poèmes pour s'envoler. Des citations pour réfléchir. Des morceaux de moi pour me définir. Des pensées pour vous toucher. Des personnages pour vous accompagner. Des divagations, éveillées de mon esprit, po...
