Pdv Ryan
J'errais dans les rues vides, seul.
J'avais demandé à Bastien de retourner chez lui, de dormir, de m'oublier. M'oublier, c'est si facile...
Le jour se levait, et je marchais toujours dans le froid et la solitude.
Me remémorer Bastien est dur, sa présence me manque, sa chaleur me manque, il me manque...
Chaque jour, depuis presque une semaine, je passais devant le lycée à la fin des cours, juste pour le voir... Juste pour voir son visage, me rappeler son rire, me laisser envahir par son sourire.
C'était devenu une obsession, je voulais m'assurer qu'il allait bien, qui continuait de prendre soin de lui. Je ne voulais que personne ne le regarde, que je sois le seul qui puisse le faire. Je voulais l'admirer des heures et des heures, sans m'arrêter. Je voulais l'avoir pour moi, et moi seul.
C'était sûrement la fatigue, la quasi-inexistante trace de nourriture dans mon organisme.
J'avais mal, partout, je voulais juste mourir.
Mais pourtant, ce qui me gardait en vie, c'était l'espoir de voir Bastien à la fin des cours...
Il me gardait en vie, sans même le savoir.
Il me gardait en vie, mais pourtant je me tuais... Je mourais à petit feu, lentement et douloureusement. Mais pourtant... Pourtant je suis toujours vivant, surmontant la douleur. Quand j'abandonnerai contre elle, c'est Bastien qui me l'aura demandé, puisqu'il est maintenant la seule raison de ma survie dans ce monde.
Ce soir là, encore, j'attendais devant la grille du lycée que Bastien en sorte.
Les visages dévalaient devant mes yeux, apparaissant et disparaissant de mon champ de vision.
De mes yeux d'un bleu maintenant terne, je cherchais encore et encore le châtain, sans succès.
Lorsque tout le monde fut parti, je le vis.
Il était là, à quelques mètres seulement, sans que je puisse le toucher.
Recroquevillé sur lui-même, des spasmes le secouait de la tête aux pieds.
J'entendais ses pleurs. Un son doux, mais pourtant si violant pour mon coeur, qui fut déchiré.
À cet instant, tout ce que je voulais, c'était de le prendre dans mes bras. Le serrer, l'embrasser, le chérir... Et c'est ce que je fis.
Je m'en foutais de pourquoi il était triste.
J'oubliais toutes les personnes qui pouvaient nous voir, le fait que mes parents m'aient abandonné, j'oubliais ma peine et ne voyais que la sienne. J'ignorais le monde qui tournait autour de nous, ne sentais plus que ses doigts sur mon dos et ses larmes roulant dans mon cou.
Je ne voyais, n'entendais, ressentais, plus que lui.
Je l'aime. Je l'aime tellement que s'en est maladif. Mais, ça, il ne le saura jamais.
Je me détruis et le détruis lui, mais c'est plus fort que moi.
Il pleurait, sans arrêt. Ses larmes étaient comme un tsunami, ravageant tout sur son passage.
Son visage déformé par la tristesse était désormais face au mien.
Je sentais son souffle chaud rouller sur ma peau, m'envoyant des frissons dans tout le corps.
Mais pourquoi je devais ressentir ça ?
Qu'a-t-il de si spécial pour que je me sente comme ça avec lui ? Si bien ?
C'est comme si mon corps recevait enfin ce qu'il a toujours voulu. Dans ses bras, je ne pense plus à rien. Il n'y a que lui, lui, et seulement lui.
Mon âme le réclame, pourtant mon esprit fait tout pour s'en éloigner.
Doucement, il rapproche son visage.
Ses lèvres touchent les miennes, de douces gouttes d'eau salée tombe sur ces dernières.
Elles ne s'embrassent pas. C'est à peine un frôlement, pourtant cela semble comme une tonne sur moi.
Ma tête se vide, mon coeur s'ouvre, et j'oublie.
J'oublie mon hygiène immonde, ma vie de merde, les voitures qui passent, les oiseaux qui chantent.
Il n'y a plus que ses lèvres sur les miennes.
J'aimerais tant être capable de le repousser, et de courir loin, très loin. D'échapper à ses bras si chauds et réconfortants et d'oublier tout sentiments, comme avant.
Je n'étais pas heureux avant, mais au moins ils ne pouvaient plus me briser...
Mais, là, je lui ai donné mon coeur.
Il peut en faire ce qu'il veut, le reconstruire, ou bien le détruire.
J'aimerais tant qu'il en recolle tous les morceaux... Mais, pour cela, il devra les construire lui-même.
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Alone [bxb] (Terminé)
Teen FictionLes larmes. La lame. Les regrets. Les larmes. La lame. Le sauveur. Quand le mal te fait du bien, tu n'arrêtes pas, tu continues, tu te fais mal, tu te détruis... Mais l'amour peut vaincre ce mal, peut vaincre cette peur... Jusqu'à un certain point. ...
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