Je me levai en jetant les couvertures à terre, sans même m'en préoccuper.
J'en ai besoin...
Je filai à la salle de bain. Je barrai la porte et m'accroupi pour pouvoir passer ma main en dessous du meuble de notre lavabo. C'est là que je cachais ma lame.
J'empoignai ce bout de métal qui me faisait tant de bien et de mal en même temps. Je commençai à m'entailler le poignet. Cela me faisait mal. Mais je m'en contre-fichait.
Quand je me coupe, quand j'entaille ma peau laiteuse avec cette lame tranchante, je ne me sens pas vraiment mieux comme certains pourraient le penser. C'est plus que j'oublie, je me sens vide. C'est être sans émotions, sans sentiments. Cela me fais oublier mes sentiments, ça me laisse un moment de répis pour souffler et repartir sur une autre note, mais parfois plus mal.
Une marque de plus. Et une autre. Et une autre encore. Le sang coulait sur le sol, mais qui pourrait s'en préoccuper? Personne ne m'aimait, personne ne le voyait. Je suis seul.
D'apparence, on pourrait dire que mes parents m'aiment. Mais s'ils m'aimaient vraiment, ils auraient remarqués que je n'allais pas bien, non? Mais non. De toute façon, personne ne m'aime. On me l'a bien fait comprendre.
Toutes ses insultes me revenaient en tête. Tous ces mots crachés avec tant de haine, sans même me connaître. J'appuyais plus fort sur la lame tranchante. Ma peau me brûlait, mais j'aimais cette sensation. Cette sensation de pouvoir avoir le contrôle sur la douleur que l'on supporte. Avoir le contrôle sur au moins une chose dans ma vie de merde.
J'appuyais encore plus fort. Le sang était plus abondant et coulait plus rapidement. Je me sentais doucement partir.
On frappa à la porte.
-Ryan, est-ce que ça va? Cela fait trente minutes que tu es enfermé dans la salle de bain, dit mon père au travers de la porte.
-Oui, oui, dis-je, me réveillant un peu, commençant à laver ce liquide rouge que j'aimais tant voir couler.
-D'accord, reprît mon père.
J'entendis ses pas s'éloigner.
Il s'en fout...
Je me levai difficilement et positionnai mon bras sous l'eau froide du robinet que je venais d'ouvrir.
Au bout d'une dizaine de minutes, le sang cessa de couler. Je m'essuyai le bras avec un peu de papier de toilette que je jetai dans la toilette, avant de rabaisser la manche de mon sweat et de sortir de la salle de bain.
Maudite vie à la con, pourquoi la souffrance existe-t-elle? La vie est injuste à s'acharner sur des personnes qui n'ont rien fait, dont la vie semble s'acharner sur leur sort, les privant d'un tantinet soit peu de bonheur, de goût de vivre... La vie est remplie d'injustices insurmontables.
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Alone [bxb] (Terminé)
Ficção AdolescenteLes larmes. La lame. Les regrets. Les larmes. La lame. Le sauveur. Quand le mal te fait du bien, tu n'arrêtes pas, tu continues, tu te fais mal, tu te détruis... Mais l'amour peut vaincre ce mal, peut vaincre cette peur... Jusqu'à un certain point. ...
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