chapitre 17

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Pdv omniscient

Leurs chandails glissèrent sur leurs corps, les réchauffant.

Ils se découvraient, sans se hâter, toute leur vie devant eux.

Seul les yeux touchaient l'autre corps, mais c'était encore plus déstabilisant que leurs mains.

Leurs mouvements étaient lents, sensuels.

Leurs bouches se retouchèrent, s'embrassèrent.

Leurs yeux se fermaient.

La peur avait quitté le corps du petit blond,  et l'envie commençait à envahir celui du plus grand.

Ses mains se firent plus pressantes, elles jouaient avec la ceinture du pantalon de Ryan, impuissant.

Tout d'un coup, la magie s'interrompue. Leur monde qu'ils s'étaient créé s'effondra.

La mère du châtain entra dans la pièce, sans se préoccuper de Ryan, demandant à Bastien d'aller défaire l'épicerie.

Pdv Ryan

Je resta là, stoïque.

Une femme... Un rouge à lèvres rose pétant débordant de ses lèvres trop volumineuses pour être naturelles. En fait, on dirait que tout d'elle était refait. De ses cheveux bruns à ses gros seins.

Sans l'offusquer, si je l'avais croisé dans la rue, je l'aurais pris pour une prostitué.

Bastien semblait gêné.

Lorsque que la femme, qui je supposait être la mère à Bastien, commença à m'observer, je me cacha sous les couvertures, ne trouvant pas mon chandail.

Eh merde...

Elle avait dû voir mes marques, les lacérations recouvrant mon corps meurtris.

C'est comme si la réalité me revenait en face.

Comme si je me réveillait d'un magnifique rêve.

Ce rêve, c'était Bastien et moi.

Et le monde réel, c'est ma souffrance étalée sur mon horrible corps.

Et elle l'a vu.

Et, d'ailleurs, Bastien aussi l'a vu.

Comment a-t-il fait pour rester après avoir vu la merde que je suis ?

Je suis juste un amas de coupures et de tristesse. Comment a-t-il fait pour supporter son regard sur moi plus de deux secondes ? Je suis immonde ! Même sa mère me juge... Je l'ai vu dans ses yeux.

La dame partie, suivie de près par son magnifique fils.

Il me lança un regard désolé, avant de passer la porte en me chuchotant qu'il se dépêcherait.

Je m'allongea sur le matelas, fixant le plafond d'un blanc défraîchi.

Seul. Encore seul. TOUJOURS seul !

Alone [bxb] (Terminé)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant