Chapitre 28

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Pdv Ryan

J'ouvre lentement les yeux.

La lumière m'éblouit complètement.

Je suis dans la forêt, tout est vert autour de moi.

Je me sens transporter, voler.

J'arrive devant la cascade.

Cette cascade qui hante mes pensées, cette casade où tout s'est arrêté, mais pourtant tout ne venais que de commencer.

Je sens du vent passer à côté de moi, et il apparait.

Je revois ma peur, ma panique.

Ma vue se brouille, les voix résonne dans ma tête.

"C'est de ta faute, tout de ta faute. Sans toi il n'aurait pas tombé, il ne se serait pas jeté. Tout est de ta faute. De ta faute. De ta faute.."

...

Je me réveilla en sursaut, suite au cauchemar qui ne cessait de revenir me hanter depuis ce jour maudit.

Je me jetai dans les bras grands ouverts de Bastien, laissant mes larmes couler.

Je ne veux pas y penser, je veux oublier, juste oublier...

Je serrais Bastien tellement fort que, si je n'étais pas dans cet état, j'aurais eu peur de l'étouffer.

Mais là je ne m'en souciais pas.

C'est son problème s'il voulait être mon petit-ami. Non ?

Bientôt, son chandail fut imbibé de mes larmes abondantes.

Elles sortaient de mes yeux et roulaient sur mes joues comme une larme dans l'océan emportée par les courants marins.

J'avais l'impression que cet océan contrôlait mes pensées, tout comme l'océan des yeux du garçon en face de moi contrôlait ma vie.

Mes yeux bleus immergés de tristesse et de peur se noyèrent dans ses orbes océans sans fonds.

Mes fontaines finirent de faire couler leur poison.

Les lippes douces et chaudes de mon amoureux se posèrent sur les miennes glacées et sèches.

Un océan de papillons se déversa dans mon ventre, me tordant les tripes. Un long frisson me parcoura l'échine, arrachant un sourire à ses lèvres accueillantes.

Je profita de ce moment pour introduire ma langue dans sa bouche, m'offrant un gémissement d'approbation de sa part. Mes lèvres s'étirèrent, à mon tour, en un magnifique sourire.

Il me rendait si joyeux, si vivant.

Dans ses bras, j'avais l'impression que je pourrais conquérir le monde, rendre heureux tous les démunis, envoyer tous les méchants de ce monde dans une prison au beau millieu de l'océan.

Mais quand je m'en sépare, je me sens oppressé. Oppressé par ce monde injuste, où les riches méchants règnent et que les plus pauvres au coeur d'or se font maltraiter, utilisés.

La vie est injuste, mais pourquoi ? Pourquoi ne pourrions-nous pas vivre dans un monde égaux, pourquoi doit-il absolument avoir quelqu'un à rabaisser ? Qu'ai-je fait pour être rabaissé, moi, à part être qui je suis ? Il aurait fallu que je sois comme eux, un tas de malveillance et d'artificiel ? Il aurait fallu que j'aime le foot, les filles chaudes, que j'aime baiser chaque seconde de ma putain de vie ?! J'aime Bastien, je ne l'échangerais pour rien au monde, pourquoi est-ce que je devrais changer pour eux, pour correspondre au stéréotype de l'adolescent normal ?.. Pourquoi est-ce que tout le monde ne pourrait-il pas être égaux ? Pourquoi doit-on être classé en catégorie, ne pas tous vivre notre vie en harmonie ? Sans avoir peur de déplaire à tel ou tel personne, étant accepté pour qui nous sommes et ce que nous sommes ? Ce n'est pas normal de nous faire souffrir, parce que l'on est "différent", ou plutôt que l'on ne corresponde pas à la dites "norme". Ce n'est pas normal de souffrir de cette "différence" que les autres nous rappellent toujours, tel une chanson sans fin, au point de vouloir arrêter cette chanson qui hante notre vie par un moyen aussi drastique que la mort. Mais même après qu'elle ait apporté nos âmes, nous continuerions à se répéter, encore et encore, pour le reste de l'infini, jusqu'à la mort de notre propre âme aux cieux, ces mots, ces phrases, qui on détruit notre vie, détruit notre avenir, brouillé le peu de lumière qui réussissait bravement à traverser la rivière de nos soucis, la mer de notre tristesse, l'océan de notre douleur, jusqu'au noyau de glace et de pierre qui était désormait notre coeur, brisé à jamais par la noirceur et la rudeur des fonds marins. Ces voix restant encrées dans notre mémoire, nous faisant oublier ce qu'était la joie, cette chose si pure et si rare. Ce diamant de bonheur, étincelant dans le coeur insouciant des enfants. Je voulais redevenir un enfant, sans la conscience de la vie et de ses malheurs, ne voyant que par les yeux roses de l'enfance.

Alone [bxb] (Terminé)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant