Les heures passent à une allure exaspérante, pareille à une éternité, sans que je ne puisse faire autre chose que regarder le plafond d'un blanc immaculé dans une chambre qui n'est même pas mienne. Mes mains sont encore douloureuse à force d'avoir frappé telle une folle contre la porte dans l'espoir ridicule qu'il revienne sur ses pas pour me libérer. Mais rien de cela ne s'est produit. Au lieu de cela je reste allongée pareil à un cadavre sur le lit luxueux pouvant contenir au moins quatre personnes.
Je n'ai aucune notion du temps - ce foutu Lew n'a même pas pensé à acheter une horloge. Alors, pendant ce qui m'a semblé être des minutes, je me suis contentée de compter les secondes qui passaient devant moi en me narguant. D'après mes calculs, il devrait être plus de minuit passé. Normalement le fait de me retrouver seule me réjouissait mais à cet un instant je n'avais qu'une envie en tête : être populaire et avoir une masse d'amis loyaux pour pouvoir combler ma solitude.
En effet, jamais je ne me suis sentie aussitôt...abandonnée. C'en était presque douloureux. Et ce mal se propage comme un liquide venimeux dans toutes les parties de mon corps. Il me brûle.
C'est dans les moments, comme ceux-là, que je démolissais tout ; rien que pour faire disparaître ne serait-ce qu'une infime seconde la solitude qui s'est agrippée à moi. J'avais pensé à suivre mes traditions, j'avais une envie indescriptible de foutre en l'air ces magnifiques toiles, d'arracher en mille morceaux les nouveaux vêtements contenus dans la garde-robe et de péter les quatre murs qui me servaient de prison. Mais l'idée s'est évaporée aussi vite que venue et au lieu de hurler et m'en détruire les cordes vocales, je suis resté sagement allongée attendant son retour.
Mais plus les minutes passent et j'ai de moins en moins de confiance en ce qui le concerne. J'ai bien conscience du fait que je me suis fais berner comme un lapin crétin par ses mots doux et ses gestes attentionnés. Mon esprit n'était pas en état de dresser un mur gigantesque dès qu'il s'approchait de moi et mon débile de cerveau pas assez débrouillard pour fonctionner correctement et me sortir de cette misère.
Je ne sais pas de quelle manière il s'y prend mais ce foutu gars arrive à me déboussoler. Il parvient à me faire perdre tout les moyens en un stupide regard. Et moi, je reste là sans rien changer car je sais pertinemment au fond de moi que quoi que je fasse rien de pourra détourner le déroulement des choses.
Il y a quelque chose en lui qui arrive à me tourmenter. Et ça me plaît pas du tout. Je suis de ceux qui préfèrent rester solitaire, dans leur coin, à l'abri de la population sans aucune personnalité.
J'allais encore me lamenter sur mon sort pendant une éternité quand soudain, un bruit ressemblant à une clé que l'on insère dans une serrure parvient à mes oreilles. Je me redresses droite comme un I sur le lit en essayant de calmer les battements de mon coeur. Le son d'une voix grave se fait plus proche. Je me dirige vers la porte de la chambre et colle mon oreille contre cette dernière afin de saisir le sens des mots.
— Je n'avais pas le choix, déclare la voix - probablement celle d'un homme.
Silence. Puis une nouvelle voix se fait entendre mais cette fois-ci elle est plus mélodieuse et semble appartenir à une fille ou une femme.
— On a toujours le choix, mais décidément tu fais toujours le plus mauvais !
— Arrête un peu ! Tu voulais que je fasse quoi ? La laisser là-bas peut-être ?
L'homme hurle à pleins poumons et il me rappelle vaguement quelqu'un. Je me concentre un peu plus sur la conversation.
— Baisse le volume, elle pourrait nous entendre, le sermonne-t-elle.
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Kill me
RomanceC'est seulement quand on a trouvé la raison de mourir que l'on oublie celle de vivre. La vie n'a jamais été qu'un lourd fardeau selon Kaelee. La seule personne qui comptait à ces yeux étant morte, l'héroïne de ce roman décide de la rejoindre dans l...
