Le long bloc abritant le fameux « couloir de la mort » était effectivement semblable à celui regroupant les détenus condamnés à perpétuité, excepté le fait que la construction formait un très grand « L ».
Là encore, un gardien était assis à un bureau, surveillant le couloir.
Finch, le gardien-chef Vince et David s'arrêtèrent devant chacune des cellules : John Finch semblait tenir à présenter, au moins sommairement, le nouveau jeune directeur à tous les détenus, et vice versa.
Certains avaient un air parfaitement normal, anodin. Quelques uns paraissaient même tout à fait courtois et charmants. Si l'on ne s'était pas trouvé dans cet endroit, David se dit qu'ils auraient pu passer sans problème pour de sympathiques collègues ou voisins.
On était loin de se douter des horreurs qu'ils avaient commises pour se retrouver là, à attendre d'être électrocutés, exécutés par la justice des hommes.
D'autres, cependant, étaient franchement plus inquiétants, comme notamment un dénommé Ruppert dont le regard de fou, insoutenable, faisait froid dans le dos. David apprit par Finch qu'il avait été reconnu coupable d'avoir violé et tué au moins 8 fillettes, les ayant séquestrées dans des conditions épouvantables.
Un autre tournait en rond comme une bête fauve en psalmodiant à voix basse une litanie incompréhensible. Lorsqu'il vit les trois hommes s'approcher de la porte de sa cellule, il cessa net son manège, vint se planter devant les barreaux et, blême, dit à Finch d'une voix suraiguë :
- C'est l'heure, n'est-ce-pas, c'est l'heure ! Vous venez me chercher ! Dieu m'a prévenu que c'était l'heure, qu'il m'attendait.
On voyait de la salive blanche à la commissure de ses lèvres.
Finch leva le bras dans un geste qui se voulait apaisant.
- Calmez-vous, Garrand. Non ce n'est pas l'heure, ni le jour, ni même la semaine. Lorsque ce jour approchera, nous vous le ferons savoir, n'ayez crainte.
Le type le regarda avec des yeux qui semblaient prêts à jaillir de leurs orbites, essayant visiblement d'assimiler ce que venait de lui dire Finch.
Il se retourna finalement, alla s'assoir sur son lit et se cacha la tête dans les mains, demeurant prostré ainsi.
- L'exécution de Garrand a été repoussée déjà deux fois, chuchota Finch en poursuivant leur marche, mais il reste sans doute le premier en tête de la liste. Il erre, quasiment en permanence, dans une sorte de délire mystique et dit que Dieu lui parle. Il a tué une famille entière, ses voisins en fait : le mari et la femme éventrés avec un couteau de cuisine et les deux enfants de 9 et 11 ans pendus à l'aide de fil de fer à un tuyau de chauffage dans le sous-sol de la maison. Il a toujours prétendu que c'était Dieu qui le lui avait ordonné mais a cependant été reconnu responsable de ses actes.
Ils tournèrent à gauche au bout du couloir, s'enfonçant dans l'aile du bloc qu'on devinait être un cul de sac de ce côté-ci et où se trouvaient les dernières cellules.
David compta qu'il y en avait huit mais seules les trois dernières, au fond, étaient occupées.
Ces huit cellules différaient de toutes les autres, notamment en ce qu'elles étaient beaucoup plus vastes et comportaient une douche. Mais aucune fenêtre ne donnait sur l'extérieur, l'éclairage étant donc entièrement artificiel, et la paroi séparative d'avec le couloir, tout comme la porte, au lieu des traditionnels barreaux à claire voie, étaient faites de plexiglas transparent très épais percé ça et là de nombreux petits trous d'un diamètre un peu plus gros que celui d'une cigarette.
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La promesse
Cerita Pendek"David était pâle comme un spectre. Jusqu'à présent, même devant tous ces détenus coupables des pires méfaits, même face aux menaces de Lucas, il n'avait pas vraiment réalisé où il se trouvait. Mais là, la vue de cette terrible chaise... Ce fut...
