Lorsque Célia fut prête, elle rabattit le capuchon de sa cape sur sa tête et se dirigea à grands pas vers la porte.
« A plus m'man ! lança-t-elle.
- Woplà ! Où est-ce que tu vas comme ça ? »
Elle sentit qu'on la tirait en arrière par l'épaule. Célia se retourna vers Lucia qui la retenait, perplexe :
« Explorer le Vilan, pourquoi ? »
Sa mère sourit.
« Ne t'avais-je pas dit que si je commençais à t'expliquer, il vaudrait mieux que je t'explique tout ? »
Célia leva les yeux au ciel, trépignant sur place. Sa mère la retardait, là !
« Tu l'as déjà fait.
- Erreur ! la rabroua sa mère. Je n'ai fait que commencer. »
La petite fille fut entraînée malgré elle vers la table par sa mère, qui tira une chaise et lui fit signe de s'asseoir. Elle s'exécuta, résignée à retarder son escapade. Elle l'observa tandis que celle-ci s'asseyait à son tour.
Lucia ouvrit un tiroir sous la table et un sortit une pile de feuilles blanches et une boîte rectangulaire faite en bois sombre. Célia ouvrit de grands yeux, soudainement intriguée.
« Qu'est-ce que c'est ? interrogea-t-elle en pointant la boîte du doigt. »
Les lèvres de sa mère s'étirèrent d'un doux sourire, et cela fut l'unique réponse que reçut sa fille.
Elle l'ouvrit délicatement et poussa la boîte vers Célia. Celle-ci la prit à deux mains et la tira vers elle, curieuse. La boîte était à moitié pleine, et, dedans, bien rangés, se tassaient une vingtaine de longs bâtons noirs, d'apparence plutôt fragiles et friables.
« Ces fusains appartenaient à la mère de ma grand-mère. Jadis, la boîte était remplie à ras-bord, mais au fil du temps... »
Lucia laissa sa phrase en suspend. Célia continuait de regarder les fusains, curieuse, bien qu'encore un brin impatiente de pouvoir sortir.
« Je peux les toucher ? demanda-t-elle. »
Sa mère acquiesça et la petite fille toucha du bout des doigts le bois calciné. Elle écarquilla mes yeux un bref instant en retirant son doigt et en observant la couleur noire qui était restée dessus. Célia sourit, amusée, réfléchit un instant puis se tourna vers sa mère :
« Pourquoi tu me montre ça ?
- Parce que c'est grâce au fusain que je vais t'apprendre une chose très importante.
- Laquelle ? perça la petite voix aiguë. »
Là aussi, Célia n'eut qu'un sourire débordant de tendresse pour toute réponse.
Lucia prit un fusain et une feuille et commença à tracer des traits. Célia rapprocha un peu sa chaise de celle de sa mère pour mieux observer ses gestes. Sa main traçait des courbes vives et franches, sans aucune hésitation, dansait de droite à gauche, tandis que les traces noires apparaissaient sur le papier, comme par enchantement. Le papier semblait prendre vie, s'animer sous le dessin de sa mère. La fillette observa son visage. Il était calme, apaisé, et elle remarqua avec étonnement que Lucia dessinait les yeux fermés.
Elle focalisa à nouveau son attention sur le dessin. Que pouvait-elle bien dessiner de si important, de si significatif pour qu'elle le connaisse... par cœur ? Le papier était à présent couvert de traits, qui s'entremêlaient, se rejoignaient, se croisaient.
Finalement, la main de Lucia s'arrêta et reposa le fusain. Célia regarda les côtes de sa mère se soulever tandis qu'elle prenait une grande inspiration, pour finalement répondre :
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Hawk
Science FictionNous sommes en 2052. Le monde est ravagé par une maladie mortelle, qui transforme les personnes touchées en "zombies" : les Infectés. Toute le pays est ravagé. L'ordre militaire règne, et seules les villes les plus importantes de la patrie sont prés...
