La panique s'empara de tous les jeunes présents dans la pièce. Certains suffoquaient, d'autres criaient.
J'avais tendu le bras pour vérifier que Thomas était toujours là ; je sentis une pression sur ma peau en guise de réponse.
J'allais bientôt manquer d'air, je tentais de respirer calmement, en vain.
Quelqu'un tâtonna les murs, on entendit un déclic et la lumière se ralluma.
Le blondinet avec qui on avait parlé dans le bus avait encore une main sur l'interrupteur, et nous regardait sans dire un mot. Il n'avait pas la respiration saccadée, on ne lisait pas de la peur dans ses yeux.
Soudain son visage se crispa, il se frotta le bras : un 3 était désormais inscrit à droite du 2 qu'il avait déjà.
"-Qu'est-ce que c'est que ce bordel encore ? Dit-il en se frottant énergiquement la peau.
-Tu n'avais pas ce chiffre avant ? Demanda la fille qui était à côté de lui dans le bus.
-Non, je te promets que non."
Il y eu un silence pesant, personne ne savait quoi faire.
Il n'y avait qu'une porte, le blond essaya de l'ouvrir mais elle était toujours fermée à clé.
Il revint vers nous, et on comprit ce qu'on allait faire.
Tout le monde s'assit en cercle par terre, et après que chacun eu dis son prénom, on releva les manches de nos sweats.
Armin, le blond, avait le chiffre 2,et maintenant le 3.
Celui qui avait fait la blague au garde, Nolan, avait aussi le chiffre 1, comme moi. Beaucoup n'avaient pas de chiffres dont Thomas.
"-Je crois qu'on devrait se regrouper par nos chiffres non ? Proposa Brenda, la camarade de Armin.
-Trop facile répliquais-je.
-Tu vois peut-être des complots partout ? Me répondit calmement Thomas.
-Ah parce que tu trouves la situation présente normale peut-être ?
-Elle marque un point, continua Armin. Si on doit être plus intelligent qu'eux, je pense qu'on doit d'abord trouver un moyen de sortir d'ici, non ?
Tout le monde se tourna alors vers le petit boîtier numérique à 10 chiffres intégré à la porte dont j'ignorais jusqu'à présent totalement l'existence.
-Les chiffres bien sûr! s'exclama Brenda, mais ça me paraît soudain un peu trop facile.
-Tester un million de possibilité me paraît pour le coup un peu moins facile, objecta Armin.
La dizaine de personne ayant un ou plusieurs chiffres se regroupaient alors autour de la porte.
Une demi heure avait passée, où l'on avait testé plus de 100 combinaisons, tournant l'ordre les chiffres dans tous les sens, rajoutant des zéros pour ceux qui n'avaient pas de chiffres, les enlevant, et rien ne marchait.
Thomas semblait apeuré, ses yeux vacillaient dans tous les recoins de la pièce. Je le regardais plusieurs fois pour m'assurer qu'il ne s'évanouisse pas. Mais il me sembla qu'une fois où je me retournais subitement vers lui, il était en train de souffler les yeux levés au ciel, et n'avait plus du tout peur.
Je me reconcentrais pour trouver la combinaison : on ne pouvait pas mourir maintenant, pas dès la première contrainte.
On avait cherché depuis ce qui me semblait être maintenant des heures, et pourtant lorsque la solution me frappa au visage il me parut que je l'avais finalement toujours eu dans un recoin de mon esprit.
C'était évident.
-Eh eh eh !
Tout le monde tourna la tête vers moi interpellé :
-Les chiffres que l'on a ne sont apparus que aujourd'hui, celui d'Armin est même arrivé après qu'on ai été enfermé. Si ils avaient prévu le code avant, et que les chiffres ne sont pas choisis à l'avance, alors personne ne pouvait savoir quels chiffres on allait avoir. Aucun n'avait de chiffre au tout début, je me trompe ? On a plus qu'à tester uniquement des zéros."
Armin tapa le code, je remarquai que sa main tremblait un peu.
Quand il eu terminé, le boîtier émit un bruit sourd et un voyant vert s'alluma. Le verrou s'ouvrit ensuite dans un déclic.
"-P'tit génie, Armin passa devant moi me donnant une tape sur l'épaule,un petit sourire aux lèvres et Thomas vint à ma hauteur :
-Waouh ! C'était super ce que tu as fais !
-Merci Thomas."
Il sourit tout en trottinant à travers le long couloir blanc.
On s'arrêta tous. Ce couloir n'était pas celui que nous avions pris en arrivant. D'ailleurs il n'y avait même pas de couloir, la porte devrait donner directement sur l'extérieur, et il n'y avait que cette unique porte par laquelle nous étions arrivés et repartions maintenant, et pourtant ce n'était plus le même endroit.
De mieux en mieux.
Au bout du couloir se trouvait une autre porte, qui n'était pas fermée cette fois-ci.
Armin la poussa avec appréhension, on se trouva de nouveau au milieu d'un immense local, aux murs gris clair et à l'ambiance morne d'un hôpital.
Il y avait cette fois-ci plusieurs autres portes, ainsi que des tables et des chaises.
Nolan leva les yeux aux ciels et alla s'asseoir à une chaise tandis que Armin allait récupérer le mot posé sur une table.
Il lit à voix haute :
"-Votre venue ici est primordiale. Voici-ci les règles du SmartGame :
Chacun de vous aura 10 missions à compléter sur 10 jours. Si vous terminez ces règles, vous sortirez. Celles-ci vous permettrons d'ailleurs de trouver la sortie.
Ces missions ont pour but de tester votre intelligence et vos capacités de réflexion, alors impressionnez-nous."
Il retourna ensuite la feuille :
"-Informations :
Vous avez à disposition nourriture, eau et soins pour vire aisément ces dix jours.
Les chambres sont doubles, mais respectez les couples de chambre : chaque garçon et fille qui se trouvaient ensemble lors du trajet. Pour vos missions, vous ne pouvez demander l'aide que de vos coéquipiers. Travaillez seul ou par deux, ce choix vous appartient."
Mon regard se posa sur Thomas qui avait les yeux écarquillés par la peur.
Est-ce qu'il allait pouvoir s'en sortir tout seul ?
On s'avança tous vers le fond de la pièce où s'étendait un long couloir avec des portes attenantes.
Chaque groupe choisit rapidement une chambre, de toute façon elles étaient toutes identiques.
Il n'y avait plus aucun bruit, tout le monde avait rejoins sa chambre sauf moi et Thomas lorsque je poussai la porte de celle-ci.
Mais avant d'avoir pu dire un mot, je ressentis une pression sur mon dos, je fus retournée et plaquée au mur.
Thomas avait posé une main contre celui-ci et se tenait devant moi, m'empêchant de partir.
Une lueur étrange animait ses yeux, un rictus souleva ses lèvres mais il ne sourit pas pour autant.
Je n'aurais pas dû lui faire confiance, il va me tuer, il va...
Paniquée, je tentais de passer sous son bras, mais il frappa plus fortement le mur et je décidais de ne plus bouger.
Il ouvrit la bouche, sa voix était beaucoup plus grave, mais il n'avait pas l'air méchant.
"-Règle numéro une :
Je ne crois pas que tout ceci soit une vulgaire blague, alors si le but est d'être le plus intelligent possible, on évite de montrer ses capacités au monde. Fameux le coup du code même si j'avais compris 20 min avant toi.
Je vis à la seconde où je plongeais mes yeux dans les siens qu'il avait tout de suite compris comment se protéger dans ce genre de situation, alors que je n'avais fais que me mettre en danger.
-Tu jouais un rôle ?
Il rapprocha son visage du mien,si près que je crus qu'il allait m'embrasser, mais il rapprocha sa bouche de mon oreille et parla avec une voix plus douce :
-Règle numéro 2 : on se sous-estime aux yeux des gens, ils ne doivent pas nous voir comme des rivaux. Personne n'aura peur que je lui pique sa place, mais si ils doivent maintenant avoir une personne sur qui se méfier, c'est bien toi. Jeu de l'intelligence n'oublie pas.
-Mais pourquoi tu me l'as dis à moi ?
-On va devoir travailler ensemble, non ?
Il s'éloigna de moi pour aller gagner son lit.
-Pourquoi se méfier ? Ils pourront sortir de leurs côtés si ils réussissent leurs épreuves ?
Son regard devint soudain triste, il tourna la tête vers moi en s'asseyant sur le lit :
-Ah parce que tu n'as pas encore compris ? Je te pensais plus intelligente. Il n'y aura qu'un seul gagnant c'est évident."
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Smart Game.
ParanormalLa règle est simple : il vous suffit d'être plus intelligent que les créateurs du jeu. Malya, une adolescente de 17 ans, croit être plongée en plein cauchemar : elle se retrouve prisonnière avec une cinquantaine d'autres jeunes, à l'issu d'un jeu my...
