If it's meant to be,
it will be.
(Si ça doit arriver,
Ça arrivera.)
Elle s'appelait Mélodie.
Je l'ai rencontré à un arrêt de bus. Elle avait un nez trop rougi par le froid, tout petit et enrhumé. Cheveux noirs, court lui descendant juste en bas des oreilles. Elle était petite. Je l'a regardais de bas et je n'étais pas trop grand moi-même. Mélodie portait un manteau de couleur grise avec une texture plutôt bizarre. Un foulard bleu et un chapeau rouge– rouge cramoisi, mariait son accoutrement. Ses bottes, tellement salis que le noir avait pris un teint blanc, était troué vers le haut, juste en bas du lacet.
Contrairement à moi, elle n'avait pas un livre dans les mains. Pas un journal comme le vieillard à ma gauche.
Mélodie était vide. Elle marchait comme elle était.
J'ai pensé lui adressé la parole, ce jour là. Mais comment commenceriez-vous une conversation avec le vide? Le néant? Ça semblait trop loin pour être possible.
J'aurais presque pu dire qu'elle était morte.
Elle n'étais pas là.
Pas dans notre monde en tout cas.
On est monté dans le bus– On prenait tout les deux la 24. Je me suis assis, elle est restée debout. Pendant tout le trajet, Mélodie a fixé des yeux la fenêtre d'un regard aussi absent que son être. J'aurais pu lui demandé ce qu'elle fixait vraiment, tellement ses yeux paraissait vide, et si elle m'avait répondu son reflet, je l'aurais cru.
Elle ne faisait qu'une avec lui.
L'un aussi sans vie que l'autre.
On est descendu au même arrêt, six arrêt après être monté, rue Vierma. On a marché ensemble, le silence pesait. J'ai prétendu lire mon livre alors que ses pas lourds traînaient à côté des miens. Elle semblait prisonnière. Prisonnière de l'absence qu'elle était. J'aurais voulu dire quelque chose mais j'étais déjà devant chez moi. Je me suis assis sur le parquet et je l'ai observé traîner jusqu'au lac, donner à manger aux canards, puis finalement partir. Je ne l'ai plus revu. Dieu sait que j'aurais dû lui parler.
J'ai perdu la vie deux ans après cette rencontre. Elle, après quatre ans.
Elle s'appelait Alice.
Je lui ai rentré dedans le jour de ses vingt-quatre ans. Je m'en rappelle parce qu'elle avait cette médaille rouge– rouge cramoisi, qui bordait son habit. Il y était inscrit « BONNE FÊTE! 24 ans, ça se célèrbe » .
Après lui avoir foncé dedans, j'avais minaudé des excuses minables et avait tenté de m'enfuir– la scène était particulièrement gênante. Pourtant, je n'avais pas pu y échapper puisqu'on allait au même étage, qu'il n'y avait qu'un seul ascenseur, et les escaliers, pour une raison quelconque, était fermé. Nous n'étions que deux et, avec toute ma chance, l'ascenseur a bloqué. Elle a grogné un « super » et, après quinze minutes d'attente, nous nous sommes tout les deux étalés sur le sol, attendant nos secours.
La seule chose pertinente que j'ai trouvé à lui dire a été « Célèbre est mal écrit. Sur ta médaille. »
Elle a jeté un regard vers sa médaille et un sourire forcé à traversé ses lèvres: « Je sais. Mais c'est l'intention qui compte. »
Alors que l'heure passait, je me suis surpris à la regarder longuement. Une allure de déjà-vu me parsemant. Bien entendu, nous étions tout des deux employé à Vierma, je l'avais sûrement déjà croisé mais, pour une raison quelconque, il me semblait l'avoir déjà connu. Non que ses traits me rappelait quelqu'un, c'était impossible: je n'avais jamais vu des yeux d'un bleu si glacé. C'était tellement d'une couleur froide on aurait dit de la neige plus que du bleu. Ses cheveux était blond, mais tellement blond que ça partait sur le blanc.
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Éphémère
Historia CortaÉphémère: (Adjectif singulier invariant dans son genre) 1. Qui ne dure ou qui ne vit qu'un jour, qui ne dure pas. 2. Par extension qui n'a qu'un temps, passager, fugitif. Meilleur classement: #38 nouvelle
