13. Il est à toi...

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Paulo Dybala.


                On descend du jet de Leo. Madrid. Je ne pensais pas mettre les pieds dans cette ville. Leo lient nos mains et on se dirige vers l'extérieur.

                  Le taxi se gare et je paye, généreusement, le chauffeur. On descend et on regarde la maison. L'excuse de Leo : besoin de voir les petits. Antonella nous a donné l'adresse sans aucun problème. La porte s'ouvre et les petits courent vers nous. Le plus petit me saute dans les bras.

"Salut, les gars !

-Salut ! Cristiano est ici ?

-Dans le salon. Pouruqoi ? demande l'ex fiancée de Leo.

-Je dois le voir. C'est important."

               Je repose le petit Messi et ils courent vers le jardin alors qu'on entre dans la villa. Ronaldo est dans son salon, jouant à la console avec Benzema. Il se tourne vers nous et soupire. Le français me détaille de la tête aux pieds, souriant en coin. Il a quoi, lui ? Il veut ma photo ?

"Je pense que je vais aller dans la cuisine en attendant que vous ayez terminé."

               Le français quitte la pièce, nous laissant face au portuguais.

"Je veux juste éclaircir un truc : pourquoi ?

-Pourquoi quoi ? demande-t-il, innocemment.

-Tu sais très bien de quoi il parle ! s'énerve Leo. Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu essayes de bousiller sa carrière ? C'est quoi ? De la jalousie ? T'as peur qu'il soit meilleur que toi ? T'as pas compris, encore ? Il deviendra meilleur que toi. Quoiqu'il arrive. La suspension de six matchs, t'es fier de toi ?

-Plutôt ouais. J'ai entendu dire que t'avais failli ne pas pouvoir jouer, l'autre jour ? Sincèrement désolé. Mais ils devaient savoir la vérité.

-La vérité ? Sur des anxyolytiques ? T'as conscience que c'est totalement débile ou pas ?

-T'as pas fait ça, Cris ?

-Si, Anto. Il l'a fait. Pour détruire Paulo parce qu'il sait qu'il sera toujours moins bon que Paulo au même âge. Parce qu'il est jaloux de sa réussite. Et qu'il sait qu'il finira par être détrôner de sa place de ballon d'or. Et ça l'énerve. Refais un coup de pute du genre, et je te jure que les médias sauront bien des choses.

-Ca serait dommage que quelques débordements soient mis à l'honneur à propos du grand Léo Messi, aussi. Tu as déjà commencé pour lui ?

-Cris ! Tu ne sais absolument rien de ce qu'il s'est passé ! Rien ! C'était un accident et on sait, tous, qu'il ne frappera jamais Paulo. Parce qu'il l'aime, bordel ! OK, Leo peut être jaloux. Mais pas comme toi. Pas au point d'interdir la personne qu'il aime de sortir. Je veux que tu sortes de ma vie. J'ai... besoin d'air. Je rentre en Argentine. Les gars !"

                  Mes deux beaux-fils arrivent et leur mère leur ordonne d'aller chercher leur affaire alors que Ronaldo se laisse tomber dans le canapé. Il a foutu son couple en l'air. Encore.

                  J'embrasse Leo qui me prend dans ses bras. Il frotte mon dos.

"Ca ira ?

-Ouais. T'inquiète pas.

-Veilles sur eux.

-Promis. De toute façon, le temps qu'il comprenne, on aura le temps de le voir venir."

                  Mon petit ami me sourit et caresse ma joue. J'appuie le contact avant de l'embrasser et de monter dans l'avion. Je me met le long du hublot.

"Tu es sûr qu'on ne dérangera pas ?

-C'est promis.

-C'est pas un peu...

-Etrange ? Je t'avoue que j'ai jamais tenté, encore, la cohabitation avec l'ex de mon mec. Mais tu n'es pas n'importe quelle ex de n'importe quel mec. Tu es l'ex la plus gentille et compréhensive qu'il y ait. Et puis j'aime Leo. Et je sais qu'il voulait que tu sois en sécurité avec les garçons, Anto. Ne t'inquiète pas. Vous ne dérangerez pas. Et les gars pourront profiter de ma superbe piscine. Pas vrai les gars ?

-Tu habites un appartement, oncle Paul !

-Je vous ai pas dit ?

-Quoi ? demande Matteo.

-Je vais déménager dans une grande villa avec piscine. Vous n'étiez pas au courant ?"

               Ils secouent la tête et on s'accroche après en avoir reçu l'ordre. L'avion décole. C'est parti pour la pire partie du voyage. Je me crispe, tentant de paraître neutre. Les petits, dès qu'ils le peuvent, se décrochent, ainsi que leur mère. Mes tremblements m'en empêchent et Antonella froncent les sourcils alors que les gars courent voir Gabriella pour avoir des boissons.

"Tu vas bien ?

-Je suis aviophobe.

-T'as peur des avions ? Merde ! Pourquoi...

-J'ai pas vraiment le choix, tu sais ?"

                 Elle hoche la tête mais le froncement de ses sourcils persistent.


Antonella Roccuzzo.


               Je reçois un message. Oui, je sais, on doit éteindre les portables dans un avion, même si c'est un jet privé. Mais je ne peux pas. Je dois avoir le contrôle de ce qu'il se passe en bas. Je prends mon téléphone et fronce les sourcils en voyant un message de Leo.

          'Je crois que Paulo n'a pas prit ses médicaments. Il risque de faire une crise. Aviophobie due à son acrophobie et sa claustrophobie. Fouilles dans sa poche s'il fait une crise. Il doit en prendre deux.'

               Je lève le regard vers le jeune homme qui ferme les yeux.

"Paulo ? 

-Hum ?

-Leo se demande si t'as prit tes médocs !?"

               Il secoue la tête et je fais le tour de la tablette. Je glisse ma main dans sa poche et sors une boîte de médicaments et en pique deux avant de lui prendre la main et de lui mettre dedans. Gabriella arrive avec des boissons. Un soda pour Paulo, du champagne pour moi et du jus de fruit pour les gars. Elle fronce les sourcils mais je lui fait signe que c'est OK.

"Un verre d'eau, s'il te plaît."

                 Elle me sourit, hoche la tête et va chercher ce que je lui ai demandé. Paulo se crispe, douloureusement, sur l'accoudoire. Les gars me fixent, inquiets.

                Paulo nous laisse passer devant lui dans l'appartement. Il y a longtemps que je n'avais pas mis les pieds ici. Surtout pas en tant qu'ex du propriétaire.

"Tu vas faire quoi de cet appart ?

-Le vendre, je pense.

-Combien ?

-Il t'intéresse ?

-Pourquoi pas. J'adore l'Italie.

-Parce que si tu le veux, je te l'offre sans soucis.

-Non, je...

-Antonella Roccuzzo, je te dis que cet appartement t'appartiendra dès que j'habiterais dans ma villa. Je ne pense pas que je manque d'argents, tu sais ? Il est à toi et aux garçons."

               Je le prend dans mes bras pour le remercier. Ce gosse est génial. Vraiment.


Rien n'est jamais acquit. Surtout pas la paix.

✔️ Tant qu'il y a de l'amour [Léo Messi x Paulo Dybala]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant