♪ Creep - Radiohead
Je me réveille seule dans le lit. Mes muscles sont courbaturés dû à mon mauvais rêve. Celui-ci avait pourtant l'air si réel. La voix de Cassie était à l'identique que celle d'autrefois. On dit souvent que dans nos rêves, certains messages sont cachés. Je veux bien y croire mais le mien était tellement contradictoire. Entre ses rires et sa supplication de venir la chercher, je n'y comprends plus rien. Je me hisse hors des draps et descends dans l'idée de me faire un café. Je fais mon petit rituel matinal lorsqu'on frappe à la porte. N'ayant toujours pas de nouvelle du propriétaire des lieux, je m'avance vers l'entrée de la maison. J'ouvre la porte et reste estomaquée. Queen se tient devant moi un faux sourire aux lèvres et sa poitrine qui déborde dans son haut. Comme réveil on peut trouver mieux. Cette fille me donne envie de vomir et ce n'est pas parce que je l'ai surprise dans une position compromettante avec Wade. Bon celle-ci penche effectivement dans la balance. C'est plus que ça. Avec sa poitrine en caoutchouc et sa silhouette de Barbie, elle ne se respecte pas elle-même. Sans tous ces artifices elle pourrait être vraiment mignonne. Je la regarde de haut tellement sa vue m'insupporte.
— Oui ?
— Vous êtes encore là vous ? me dit-elle d'une voix froide comme un glacier.
— Juste une hallucination due à l'anesthésiant de vos prothèses, je lui lance d'un sourire aussi faux qu'elle.
Elle hausse les sourcils en cherchant probablement le sens de mes mots. Finalement elle hausse les épaules. Nous continuons de nous regarder en chien de faïence jusqu'à ce que je voie son regard pétiller derrière moi. Je me retourne pour comprendre son changement d'humeur. Wade. Ça aurait pu être le père Noel, elle aurait eu la même expression.
— Queen ? dit Wade en rompant le silence.
Je les laisse me sentant de trop et rentre à l'intérieur en le bousculant au passage. Je suis assise sur un des tabourets de la cuisine le regard perdu dans le vide ma tasse de café à la main. J'entends des pas qui se rapprochent doucement de moi puis plus rien. Je ne prends même pas la peine de me retourner.
— Je partirai dans le début d'après-midi. Tu pourras continuer à vaqué à tes occupations.
Comme il ne dit rien, je me lève en faisant grincer le tabouret. Il se racle la gorge.
— Tu m'abandonnes une seconde fois ? Putain mais au moindre obstacle entre nous tu vas continuer à fuir ?
Je pose ma tasse dans l'évier et m'accoude sur le rebord la tête baissée. Ses pas se rapprochent vivement de moi. Sa main se pose fortement sur moi. Il m'oblige à lui faire face.
— Putain Dylan, réponds-moi !
Je lève mon menton ravalant les larmes qui me montent aux yeux.
— Parce que te voir avec elle me donne envie de rester ? Me demander tous les jours ce que serait ma vie, notre vie sans toute cette merde qui m'est arrivée est idéale selon toi ?!
— Il n'y a pas que toi qui aies souffert dans l'histoire. J'ai fini en taule souviens toi, pour un crime que je n'avais même pas commis. Je pensais que tu allais me soutenir. Crier haut et fort, que j'étais innocent.
Les lèvres entrouvertes, j'attends qu'il finisse sa phrase mais non. Il continue de me regarder avec tant de haine qu'un sanglot sort de ma bouche. Les secondes passent sans qu'aucun de nous ne bouge. Wade finit par me prendre dans ses bras. Il me murmure qu'il n'y a toujours eu que moi, même dans l'enfer carcéral où il a vécu pendant 8 ans. Il n'y a jamais eu que moi. Je me redresse, sèche mes larmes et dépose un tendre baiser sur ses lèvres. Pendant un instant, il ne répond pas à mon geste. Perdant espoir, je me détache de lui pour prendre la tangente. Il me rattrape violemment en me plaquant contre lui. Il m'embrasse férocement. Ses mains se posent sur mes fesses qu'il soulève pour me mettre sur le comptoir de l'îlot central. Il déverse en moi toute la rage face à l'injustice à laquelle nous avons fait face. Tant d'années perdues. Trop de peine et de désirs inassouvis. Mais même si les années ont passé, la passion de notre amour est toujours là. Il soulève mon tee-shirt. Mes mains s'attaquent à la ceinture de son pantalon. Nos gestes sont primitifs. Nos souffles saccadés. C'est violent, agressif, éclatant. Comme si le temps nous était compté. C'est peut-être le cas. Un compte à rebours arrivant bientôt à expiration. L'épée Damoclès au-dessus de nos têtes ne va pas tarder à s'abattre sur nous. Une fois débarrassée des vêtements qui nous empêchaient d'assouvir le point de non-retour, nos yeux s'accrochent. Un sourire carnassier se forme sur son visage. Il frotte son sexe contre le mien puis s'engouffre dedans. Nous gémissons ensemble. Ses va et vient qui étaient lents deviennent de plus en plus vifs à mesure de mes soupirs de bien-être. Le désir monte en moi jusqu'à exploser. Sa tête trouve refuge dans le creux de mon cou quand il se déverse en moi. Haletants sous le silence de la pièce, nous reprenons peu à peu un rythme cardiaque décent. Un baiser posé sur mon épaule, il se retire.
— Merde, souffle-t-il.
— C'est pas le mot que j'aurais choisis, je baragouine.
— Non, c'était génial, je rassure, mais on a oublié de se protéger. Je suis clean, tu dois me croire, proteste-t-il en caressant les traits de mon visage du revers de la main.
Je lui souris.
— Je te crois. Je t'ai toujours cru.
Le feu de cheminé crépite doucement. Emmitouflés sous un plaid, nous regardons une émission policière à la TV. Celle-ci relate l'histoire d'un jeune homme arrêté quand il était encore au lycée. Il aurait enlevé et ligoté un enfant avant de l'étouffer avec un oreiller. Le corps du petit garçon avait été retrouvé dans une rivière les yeux scotchés. Comment peut on infliger cela à un enfant ? Et les parents comment peuvent-ils continuer à vivre avec l'atrocité avec laquelle le fruit de leur amour a été traité ? Dans la logique des choses, ce sont aux enfants d'enterré leurs parents et non l'inverse. Nous vivons dans un monde de fous. Un monde où le crime est devenu monnaie courante. Je suis prise de frissons. Les bras de Wade se resserrent contre moi.
— Suis-moi, on en a assez vu.
Je hoche la tête et il éteint le téléviseur.
— Je dois te montrer quelque chose.
Nous nous mettons debout et je le suis sa main dans la mienne. Depuis que nous avons fait sauvagement l'amour dans la cuisine, nous ne nous sommes pas lâchés. C'est comme si nous étions dans notre bulle et que nous rattrapions le temps perdu. On débouche vers une porte à côté de la chambre de Wade. Une fois à l'intérieur, je reste bouche-bée. Les murs ne sont pas recouverts de peintures ou de tapisseries. Non. A la place, des articles de journaux, des photos de lieux et de personnes y sont punaisées. Wade reste sur le seuil tandis que je m'avance doucement. Plus je m'approche plus je comprends ce que cette pièce signifie. Une scène de preuves se développe devant mes yeux. Sur le mur face à l'entrée de la pièce, la photo de mes parents enlaçant ma petite sœur qui se trouve au centre. Les faits écrits sur des pages d'articles sur la gauche, il y en a au moins une vingtaine. Je les ai déjà tous lus. Des milliards de fois. Je passais mes nuits à comprendre le pourquoi du comment. En lisant entre les lignes. La maison de mes parents se trouve sur la droite. Au-dessus les photos de Logan, Andy, Wade, Tante May. Des fils de différentes couleurs sont accrochés sur chacune d'elles et reliés à une photo, un article. Sur le mur de droite l'avis de recherche de Cassie avec la photo d'Andy à côté. Suivi d'un point l'interrogation. Sur celui de gauche, un tableau blanc est posé sur une sorte de chevalet. Je commence à lire.
· Andy (cousin de Dylan), fils de lieutenant Elliott West : Accusé de la disparition de Cassie. Hospitalisé en Hôpital Psychiatrique depuis 5 ans. N'a jamais avoué son crime. Ps : Quelqu'un cherche à le faire passer pour fou. Mais Qui ?
· Logan (meilleur ami de Dylan/Wade et petit ami de l'époque d'Ashton) : A été vu sur les lieux les mains ensanglantées par un témoin. Accusé pour meurtres. Tentative de suicide en prison, dans le coma. État critique.
· Wade (petit ami de Dylan et meilleur ami de Logan), fils de Peter Perry médecin. Jugé coupable sans preuve. Remise de peine et libération sous bracelet électronique.
· May Murland (tante de Dylan), rivalité avec la victime. Jalousie ? Règlement de comptes ? Coupable ? Probablement.
J'arrête ma lecture là, sur ces mots. Coupable ? Probablement. Tante May ? Coupable ? Impossible. Tante May est la gentillesse incarnée. C'est elle qui m'a aidée à prendre ma vie en main. A essayé de me faire reprendre goût à la vie, même si je n'y suis pas parvenue totalement. Elle ne ferait jamais ça. Non c'est impossible. Je me retourne vers Wade les larmes aux yeux. Et je me mets à hurler. Hors de moi.
— Tu crois que c'est ma tante qui a pu commettre cette horreur ?!
— Les gens ne sont pas ce qu'ils semblent être Dy. Pour moi ta Tante est sûrement coupable.
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Présumé coupable [ terminé ]
RomanceHolly/Dylan est une jeune avocate de 28 ans vivant en ermite. Un appel en plein milieu de la nuit va lui faire rouvrir une ancienne enquête enterrée depuis 12 ans. La mort de ses parents et la disparition de sa petite sœur. Elle aurait dû mourir cet...
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