♪Bruises – Lewis Capaldi
Cette affaire est en train de me rendre folle. Trop de choses m'échappent. Je sais que les faits sont là devant moi mais rien n'y fait. Je suis tellement aveuglée par la haine que je me lève de ma chaise et bouscule Wade au passage. Je dois allez voir May et la forcer à m'avouer ce qu'elle me cache. Je suis pratiquement sûre qu'elle sait quelque chose qui pourrait me faire avancer sur cette tragédie. Le vent paralyse les traits de mon visage. La tempête de neige a beau être passée les bourrasques elles sont toujours présentes. Comme si le ciel bleu et les oiseaux chantant allaient réapparaître dès que cette histoire lugubre serait terminée. Si tout pouvait être aussi simple. Je fonce vers mon véhicule et m'y engouffre. Je ne prends pas la peine de mettre le chauffage. Ma rage me tient chaud. Je dois savoir ce qu'elle me cache et ce qui lui fait autant peur. May a toujours été une personne sincère et honnête. Elle n'est pas du genre à cacher quoi que ce soit. Et pourtant je vois dans ses yeux cette peur qui l'habite. On se voile tous la face en faisant mine que tout va bien mais nos peurs nous prédominent. Elles refont surface quand on s'y attend le moins. Elles nous guettent dans nos moindres faits et gestes. Je roule sans jamais freiner, esquive deux trois écureuils. Je suis tellement concentrée sur ma destination que plus rien ne compte. Je me gare dans l'allée de la maison de ma tante et sors de ma caisse en claquant la portière aussi fort que possible. Je cavale les marches et frappe de mon poing la porte en bois. Celle-ci s'ouvre sur Hank.
— Dylan ? Vous allez bien ?
— Ça ira mieux lorsque May me dira ce qu'elle me cache.
— Je ne pense pas que ce soit le bon moment.
— Ce n'est pas mon problème son secret m'empêche probablement de connaître l'identité de la personne qui s'en est pris sauvagement à mes parents et qui a kidnappé ma sœur.
Ne sachant apparemment quoi rétorquer il me laisse passer. Je déboule dans le salon. May est devant la cheminée qui crépite, Swan à ses côtés. Il regarde May avec adoration avant de couiner pour lui indiquer ma présence. Tout en continuant de me tourner le dos, elle commence à prendre la parole.
— Je savais qu'un jour ou l'autre tu allais revenir ici pour connaître ce que tu penses que je cache, ma puce.
— May j'ai besoin de savoir. Je suis pratiquement sûre que ça peut être la clé de toute cette histoire. Alors je t'en conjure parle-moi, je ne te jugerai pas.
— C'était il y a très longtemps...
— Je sais bien avant ma naissance.
— Dylan, si tu veux vraiment savoir laisse-moi parler. C'est une chose dont je ne suis pas fière et que je suis obligée d'endurer tous les matins quand je me lève.
Je hoche la tête même si elle ne me voit pas. Une boule se niche dans ma gorge. Je suis si près du but.
— Je suis tombée enceinte quand d'autres filles de mon âge se triturent la tête sur telle et telle tenue pour faire plaisir à son premier amour. Mon premier amour, lui, il était dangereux. Je ne lui jette pas la pierre on ne choisit pas sa famille. La sienne l'a abandonné quand il avait 10 ans. Par chance il s'est fait adopter rapidement dans une bonne famille, mais le mal était déjà fait. Le mal l'a rongé. Il était tellement beau...
Je m'avance lentement vers elle puis pose ma main sur son épaule doucement pour ne pas l'effrayer mais pour lui montrer mon soutien.
— Un soir ta mère a été invitée à une fête. Elle devait me garder ce soir-là mais elle m'a emmenée avec elle. Nous n'avions que 2 ans de différence. A côté d'elle j'avais l'air d'une gamine plate tandis qu'elle, elle resplendissait. Comme toi à son âge. Le père de cet enfant était aussi présent à cette fête. J'avais pour consigne de rester près de Kate mais au bout d'un moment elle a disparu aux bras de ton père. Ils étaient si amoureux l'un de l'autre. Je me suis retrouvée seule à une fête pour terminale alors que je n'étais qu'en seconde. Je me suis sentie si inférieure par rapport à eux, jusqu'à ce qu'il arrive. Il a commencé par me complimenter me dire que je n'étais pas comme les autres. De jolies choses qu'une fille naïve comme j'étais a toujours voulu entendre. Il m'a offert un verre me promettant que ce n'était pas alcoolisé. Au bout du deuxième verre, je me suis sentie un peu tanguer. Il a prétexté que c'était probablement le mouvement de foule, on est donc sorti dehors prendre l'air. A partir de cet instant là c'est devenu flou. Même maintenant des années plus tard, je ne me souviens de rien. Quand je me suis réveillée, ma tête bourdonnait, j'étais désorientée. J'étais allongée dans l'herbe en entendant des voix lointaines, quand je suis revenue à moi, ton père me fixait avec ce regard inquiétant.
Au fur et à mesure de son récit, sa voix grelottait. Elle se retourne vers moi, les yeux baignés de larmes. Je la prends par les épaules et la serre fort contre moi.
— May, ne me dis pas que...
— Je suis tombée enceinte cette nuit-là. La nuit de mon viol.
— C'est pour cela que ma mère a été présente lors de l'adoption. May est ce que tu sais le prénom de cet enfant ?
— Oui c'est moi qui lui ai donné. Il porte le prénom de ton grand père.
A cette révélation, je porte la main à ma bouche. Nous nous asseyons sur le sofa, Swan au pied de May.
— Andrew, je chuchote abasourdie.
— Ton cousin Andy est mon fils.
— Oh mon dieu May ! Comment as-tu fait pour vivre avec ça tous les jours. Andy et moi étions tous le temps collés l'un à l'autre.
— La seule chose qui me permet de me pardonner moi-même était de le voir heureux, jusqu'à cette nuit-là, il y a douze ans.
Je dois lui poser une dernière question. Mais acceptera-t-elle de me donner la réponse ? je me lance, après tout je n'ai plus grand-chose à perdre.
— May sais-tu qui est John Kubrik ?
Soudainement elle se raidit. Ses mains tremblent, elle déglutit rapidement et ses yeux se fixent partout sauf sur moi. Hank arrive près d'elle, se met à son niveau et lui caresse les cheveux pour la calmer.
— Je suis là mon ange. Il n'est pas ici, il ne peut pas te faire de mal.
— Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas, répète-t-elle inlassablement.
Hank me regarde à présent, le regard désolé.
— Ce n'est pas le bon moment Dylan, dès qu'elle se sentira mieux je vous appellerai.
Je me lève à contre cœur. Tante May agrippe ma main et me dit.
— Le mal est plus proche que tu ne le crois ma puce. Il se déguise en personne humble mais il ne l'est pas. Tu penses qu'il protège les innocents mais c'est pour mieux les contrôler.
Je sors de la maison désarçonnée. J'avance petit à petit mais il me manque une information qui pourrait me donner un avantage sur le maître chanteur. La personne qui a ôté la vie de mes parents rode toujours à New-Port. Il est comme un vautour, il nous traque en attendant le bon moment pour nous attaquer, mais je ne le laisserai pas faire. Je sors mon cellulaire et envoie un sms à Dan.
« Trouve moi tout ce que tu peux sur un dénommé John Kubrik, sa date de naissance, si c'est sa vraie identité ... TOUT !!!».
Soudain je regrette que mon père ne soit plus là. Si ce John Kubrik était présent lors de cette fête alors c'était un ami de mon défunt père.
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Présumé coupable [ terminé ]
RomanceHolly/Dylan est une jeune avocate de 28 ans vivant en ermite. Un appel en plein milieu de la nuit va lui faire rouvrir une ancienne enquête enterrée depuis 12 ans. La mort de ses parents et la disparition de sa petite sœur. Elle aurait dû mourir cet...
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