Point de vu Kayla
Je me réveille doucement et frotte mes yeux de ma main droite. Je met quelques secondes avant de remarquer que quelque chose bloque mon autre bras. Je me retourne donc et aperçois Leya, paisiblement endormie. Je n'ose pas bouger mais en même temps mon bras est tout engourdit... Je décide de rester immobile. Je regarde sur ma gauche mon chien en train de dormir dans sa panière et souris. Je fixe le plafond et ferme les yeux deux secondes puis les rouvre directement. Si Leya est ici, à côté de moi, ça veut dire que... Oh non mais qu'elle heure est-il? Je jette un oeil au réveil sur ma table de chevet et le cadran affiche 18h16. J'ai dormis 3 heures?! Il est resté tout ce temps à l'appartement? Attendez stop! Il m'a vu dormir? Je tire doucement mon bras en retenant la petite fille qui dort à mes côtés puis me lève en la recouvrant de la couverture que j'écrasais. J'attache mes cheveux et sors de ma chambre qui était restée ouverte. Lorsque j'arrive au salon, je vois Loïs, assis sur le canapé, un verre de coca à la main et la télévision allumée. Je toussote, histoire de lui faire remarquer que je suis là, ce qui le fait se retourner. Lorsque son regard se pose dans le mien, un sourire se dessine sur ses lèvres et je ne peux m'empêcher d'étirer les miennes.
-Bien dormis? demande-t-il.
Je hoche la tête.
-Tu es resté là tout le long?
-Oui, j'ai regardé la télé et je me suis servie à boire, ça ne te dérange pas? dit-il.
-Non, du tout tu as bien fait, souris-je.
Il me regarde un moment puis se décale sur le fauteuil en tapotant la place désormais libre. Je m'avance jusqu'à lui et m'assoit à ses côtés.
-Alors?
Je le regarde en ne comprenant pas où il veut en venir.
-Alors quoi?
-Tu m'expliques ce que j'ai loupé ces deux derniers mois?
Oh... ça...
-Pas grand chose, ma soeur est partie mais ça tu le sais déjà, ma santé est stable d'après les médecins comparé à il y a 6 mois, malgré le fait que j'ai de plus en plus de mal à respirer, ensuite, je passe le bac de français et de science dans quelques semaines. Voilà. Et toi?
-Moi? Rien d'intéressant, si ce n'est que j'endosse le rôle d'un père auprès de ma petite soeur, que je révise quand elle dort et que voilà. C'est tout.
Je soupire.
-Bon, maintenant, dis-moi tout. Tu en as parlé?
-De qu..
-Ne joue pas à ça, tu sais de quoi je parle Kay'.
-Ouais... Bah non.
-Pourquoi?
Il pose sa main sur la mienne qui est sur ma cuisse.
-Parce que je suis sûre que ce n'est rien de grave et je ne veux pas plus inquiéter les médecins. C'est tout.
-Si ce n'est rien de grave les médecins ne s'inquièteront pas.
-Ma mère si.
-Mais c'est normal Kayla, imagines le jour où tu auras un enfant s'il est malade, tu seras tout le temps inquiète, tu ne crois pas?
-Oui, mais..
-Pas de mais, me coupe-t-il, tu vas en parler ok?
Je hoche la tête négativement.
-Non. Non, je ne veux pas.
-Alors c'est moi qui..
-S'il te plaît non, dis-je avant qu'une larme déferlant le long de ma joue, je ne veux pas avoir encore un problème, pas maintenant que tout va mieux.. je t'en prie...
Il sert le dessus de ma main et je le vois se crisper légèrement, il lève son autre main et l'approche de mon visage, sûrement pour sécher mes larmes mais je le devance et effleure ma joue de ma main libre. Il s'arrête dans son mouvement et est sur le point de reposer sa main mais je la lui attrape et la pose sur ma joue doucement.Je ferme les yeux au contact de sa peau sur la mienne. Bouillante et à la fois douce. Je garde mes paupières closent en sentant qu'il retire son autre main de la mienne puis la place dans mon dos pour me rapprocher de lui. Il pose ma tête sur son épaule et je me recroqueville sur moi-même pour me reposer sur lui. Il m'entoure de ses bras et dépose ses lèvres sur mon front un moment puis cale son menton sur ma tête. Je peux sentir son souffle chaud dans mes cheveux. J'inspire un bon coup et ouvre les yeux. Je relève ma tête vers lui et il plonge son regard dans le mien; nos visages ne sont plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre mais je ne cille pas.
-A une condition, lâche-t-il.
-Laquelle? Demandais-je.
-Ou plutôt deux, la première, peu importe l'ampleur du problème, tu m'appelles à moi en premier et je viens, peu importe l'heure, le jour, je me débrouillerai.
Je hoche la tête.
-Et la seconde...
Il détourne le regard, inspire un bon coup et replonge ses iris marrons dans les miens.
-Accepte de venir manger avec moi vendredi soir.
Sur le coup, je recule ma tête, surprise puis souris timidement.
-Ok.
-Promis? souffle-t-il.
-Promis, répondis-je.
Un sourire se dessine sur ses lèvres et instinctivement je mordille mes joues. C'est toujours plus discret que la lèvre inférieur.
-Kay', tu sais...
Il fut coupé par des pleurs. On se détache l'un de l'autre puis il se lève en courant vers ma chambre, moi emboîtant ses pas. Il s'agenouille devant sa soeur en pleur.
-Calmes-toi ma poupée, calmes toi, ce n'est rien, je suis là.
Après avoir dis ça il lui arrange son tube à oxygène puis lui caresse la tête avec tendresse, comme Inaya le faisait quand je faisais des crises d'angoisse. Les larmes de la petite fille continuent de couler et mon coeur se sert. Je rentre dans la pièce et cherche dans mes tiroirs.
-Qu'est-ce que tu fais Kay'?
-Attend Loïs..
J'enlève mes pantalons et récupère la peluche en ours cachée en dessous. Je range tout et vais me poser sur mon lit à côté de Leya puis lui essuie ses larmes. Je lui donne la peluche, sans réticence et elle le prend en le serrant contre elle. Loïs ne cesse ses caresses. L'inquiétude dans son regard se lie parfaitement. S'il s'attache à moi son inquiétude risquerait de doubler et je ne le veux pas. Je ne veux pas qu'il souffre doublement. C'est pas le moment Kayla!
-Merci...
Leya venait d'articuler ce mot entre deux sanglots. Elle tend les bras vers son frère qui l'attrape et la porte. Je prend sa bouteille d'oxygène et le suis.
-On va y aller, merci encore Kay' de nous avoir laissé te prendre ta journée, dit-il en me faisant un clin d'oeil.
-Il n'y a pas de soucis Loïs, ça m'a fait plaisir.
Je lui sourit et leur ouvre la porte. Je m'apprête à sortir pour l'aider mais il se retourne.
-Ne descend pas, je vais me débrouiller, ne t'inquiète pas.
-Mais...
-Pas de mais, restes tranquille chez toi princesse.
Je me tend à l'entente de ce surnom et il descend. Machinalement je recule et ferme la porte. "Princesse"...
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Eternal suffering
Teen FictionChacun mène un combat, certains le gagnent tandis que d'autres échouent. -Ce n'est pas la maladie qui m'aura mais bien moi qui l'aurai.- Jeune adolescente, malade depuis 5 ans, presque associable. Lui, elle, eux. Il ne peut y avoir un instant de bo...
