Point de vu Kayla
La nuit fut assez longue : je n'ai pas cessé de penser à Loïs, ce qu'il aurait bien pu dire à Inaya lorsqu'il l'a eu au téléphone. D'ailleurs, quand l'a-t-il eu au téléphone? Et Inaya... seulement un message par semaine, si ce n'est pas moi qui l'envoie bien sûr... je ne comprend pas ce qu'il lui prend, nous étions pourtant bien, enfin, c'est mon double, ma moitié, j'ai besoin d'elle pour avancer.
Quoi qu'il en soit, mon lieu pour m'évader reste la forêt, et à cette heure ci, ça ne me ferait pas de mal.
Je sors de la salle de bain en resserrant ma queue de cheval puis prend les clés sur la table de la cuisine, avant de laisser un mot sur celle-ci comme quoi je ne reviendrai pas tard.Au bout d'une demi-heure, je respire enfin l'air frais de la nature, et admire ce doux paysage. Je m'engouffre au milieu de ces hauts arbres et m'arrête au niveau du ruisseau. Je recherche le ruban rouge et finis par le trouver sur le branchage qui couvre le trou ou se réfugie Fire. Je m'abaisse et sors de mon sac la boite de croquettes pour chien; peut-être qu'il aimera les croquettes de Tobby qui sait?
Je siffle doucement et il finit par sortir et se frotter contre ma main qui était tendue vers lui.-Tu m'as manqué toi, murmurais-je.
Je le caresse puis le laisse manger tranquillement. Je m'adosse à un arbre non loin et me laisse glisser le long de celui-ci, sac à dos sur le ventre, jusqu'à ce que mes fesses entrent en contact avec le sol frais. Il doit tout juste être 10h et mes parents sont sûrement en train de travailler vu que nous sommes lundi. Je ne suis pas allée en cours puisque les trois quarts des élèves ont fait un blocus devant le lycée aujourd'hui et autant dire qu'être bousculée toutes les trente seconde pour essayer d'accéder à l'établissement puis de constater que le professeur est absent ne m'enchante pas. Je sors mon carnet et mon stylo, puis commence à écrire. Je retranscris mes pensées les plus intimes, celles dont jamais je me serais doutée un jour, je les notes sans réfléchir puis inscrit la date en tout petit en bas. Je souffle un bon coup et lis ce que je viens d'écrire :
" Bon, tu sais à peu près tout vu qu'hier soir en rentrant je t'ai écrit, mais je t'ai simplement écrit ce qu'il s'est passé et non ce que j'ai réellement pensé... En fait moi non plus. Tu sais, dans mes anciens carnets, j'écrivais telle une adolescente en manque d'affection qui voulait un petit copain mais qui restait dans son coin pour ne pas que l'on s'attache à elle même si au fond, elle ne demandais que ça. En fait, ce que je veux te dire, c'est que je parlais souvent de célébrités quand j'avais environ 13, 14 ans et puis je notais la description physique des personnes qui me plaisaient. Oui j'étais ce genre de personne, et petit à petit j'ai changé, je n'écrivais que ce qui me pesait réellement sur le coeur, ce qui me faisait mal. Je n'ai jamais eu de petit copain, je ne voulais pas. Enfin, j'étais sûre de ne pas vouloir. Ou peut-être pas finalement... Mais ce qui est sûr c'est que tant que mes résultats de la prochaine échographie que je passerai ne sont pas donnés, je ne tenterai rien avec personne. Personne. Ou peut-être lui... Non, personne. Enfin... ses iris brunes sont tout de même envoutantes... Et sa voix... et sa personne... sa peau... son corps assez musclé sur le terrain de foot... je ne sais pas. Je ne sais plus ce que je veux réellement. Je le veux lui. Mais à la fois je ne le veux pas. Pourquoi? Parce que j'ai peur."
Lundi 15 mai 2017.
Pourquoi ai-je écrit ça... Je ne peux pas l'aimer... Et si demain je n'étais plus là? Et si je les laissais tomber? Parce que, sans vanité, on a tous quelqu'un qui tient à nous dans ce vaste monde, et les quitter en mourant et une bien horrible chose. J'ai connu le décès de mon grand-oncle et autant vous dire que c'était assez douloureux... Et sincèrement... ce lieu est en train de me rendre folle! Il me rappelle Loïs! Tout me rappelle le grand brun! Il faut que je parte d'ici je n'en peux pus, je dois oublier, tout oublier, l'oublier. Je range tout dans mon sac, caresse frénétiquement le petit museau de mon renard puis part en courant. En sortant des hautes branches je me retrouve à quelques mètres de la propriété des Parker. Et merde... J'avance en mettant la capuche de mon sweat rouge et baisse la tête en priant qu'il ne soit pas là! Je marche sans vraiment savoir où je vais jusqu'à ce que l'on m'attrape l'épaule.
-Hey, où tu vas comme ça toi?
Cette voix...
-Tiens, Ash', que fais-tu là, à cette heure-ci?
Il semble réfléchir puis sourit innocemment.
-Je suis venue rendre visite à Leya, je me suis dit que ça lui ferait sûrement plaisir de voir son cousin, répondit-il.
Je hoche la tête. Le moment est assez gênant puisque pendant quelques secondes personne ne dit rien.
-Et.. toi? Que fais-tu ici? demande-t-il à son tour.
-Oh bin j'étais euh... fin tu sais.. comme d'habitude quoi, je veux dire j'étais là bas.
Mon bafouillage était complètement ridicule. Et pourquoi je suis gênée là? Oh c'est complètement débile!
-Oui, j'ai compris t'inquiète.
Je pince mes lèvres puis rentre mes mains dans mes poches. Oui, gênant. J'ouvris la bouche pour parler mais il fit de même au même moment ce qui rendit le moment encore plus... GÊNANT!
-Je vais y aller, lâchais-je enfin.
-Je te raccompagne si tu veux, c'est sur mon chemin, proposa-t-il.
Je réfléchis un instant. Une opportunité pareil de gagner du temps et éviter les transports n'est pas donnée tous les jours, c'est moi qui vous le dit!
-Ok.
Je le suis alors jusqu'à sa voiture que j'affectionne tant puis monte côté passager. J'attache ma ceinture pendant qu'il s'installe et allume le contact.
-Pourquoi ne m'as-tu pas appelé comme tous les soirs? demanda-t-il d'un coup.
Je tourne ma tête vers lui, fixant ses traits assez tirés, sûrement dû aux nerfs. Il faut dire qu'en ayant été loin de Loïs j'ai relativement été proche de Ashton, allez savoir pourquoi. Nous nous appelions tous les soirs pour nous raconter nos journées, et il m'a accompagné à deux de mes rendez-vous médicaux. Oui,j'ai accepté qu'il vienne avec moi et autant vous dire que je ne comprend toujours pas pourquoi. Je crois que les remords s'installent petit à petit.
-Alors? Insiste-t-il.
Je sors de mes pensées puis réponds :
-Je n'y ai pas pensé.
Il fronce les sourcils.
-J'ai appelé ta mère pour savoir s'il y avait un problème subtilement et elle m'a tout bonnement répondu que tu étais chez Loïs.
Je perd patience quand?!
-C'est quoi le problème Ashton? Pardon, c'est quoi TON problème? Tu me surveille maintenant? Tu demandes où je suis à tout le monde, ma mère, mon père, ce sera qui bientôt? Ma soeur? Ah non, pardon, tu le fais déjà, Je ne sais pas combien de fois je vais te le dire et j'ai pourtant été bien claire : nous ne sommes pas ensemble. Et je ne me mettrai avec personne. Fin de la discussion.
Mes nerfs étaient toujours très tendue et la tension était assez palpable. La fin du trajet se fit dans un silence de mort. Je sortis de la voiture en claquant la porte puis monta chez moi. En rentrant, j'ôtais mes chaussures, posa mes clés et parti dans ma chambre récupérer mon pyjama et des sous-vêtements afin de me doucher. Comme d'habitude je ferme la Porte de la salle de bain à clé malgré le fait que personne ne soit là, puis je retire mes vêtements. Je me regarde dans le miroir. J'ai maigrit. Beaucoup maigris. Je détourne le regard de mon horrible reflet, attache mes cheveux en un chignon et rentre dans la cabine de douche. Je laisse couler l'eau froide sur ma peau, pour faire redescendre la tension puis commence à me savonner. Au bout d'un certain temps, je rince le savon sur ma peau puis sort en m'enroulant dans une serviette. Je soupire.
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Eternal suffering
Teen FictionChacun mène un combat, certains le gagnent tandis que d'autres échouent. -Ce n'est pas la maladie qui m'aura mais bien moi qui l'aurai.- Jeune adolescente, malade depuis 5 ans, presque associable. Lui, elle, eux. Il ne peut y avoir un instant de bo...