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- Bonjour Messire. »

Les domestiques avaient pris l'habitude de saluer Arzhvaël, qui leur répondait d'un bref signe de tête et d'un sourire malheureusement caché sous son masque d'acier. Certains en revanche l'évitaient comme la peste. Leur faisait-il peur ? Le prince-ours préférait penser le contraire et rejeter cela sur le fait qu'il pouvait être intimidant : toujours caché, souvent silencieux, et seul. Et quel autre bâtard avait eu les mêmes droits que lui ? Aucun.

Voyant arriver la Reine, suivie de son plus jeune enfant, Arzhvaël posa un genou au sol, inclinant sa tête vers l'avant.

- Ma Dame. »

La Reine, esquissant un bref sourire, posa la main sur l'épaule du bâtard de son mari. Au tout début, elle l'avait haï, lui et la race de sa mère, ne pouvant réprimer les haut-le-cœur qui lui montaient lorsqu'elle apercevait le nourrisson dans son berceau. Puis, donnant naissance à une fille de quelques semaines la cadette d'Arzhvaël, son instinct maternel avait emporté ce dégoût. Elle l'avait aimé comme il lui était possible de l'aimer, tâchant de le protéger de tout sauf de son père : c'était bien là la seule chose qui lui était incontrôlable et contre laquelle elle était impuissante.

- Relève toi voyons, je n'aime pas voir mes enfants user de ce genre de politesse. »

Dans sa voix, Arzhvaël entendait les années passées et le peu à venir. Ses intestins se broyaient eux-mêmes à cette seule pensée. Pour la chasser, il se releva et posa une main sur le sommet du crâne de son jeune frère.

- N'aurais-tu pas grandi cette nuit ? J'aurais pu parier que hier, tu faisais quelques centimètres de moins ! »

Le garçonnet rit, poussant de ses petites mains celles gantées du prince-ours.

- Je serai bientôt plus grand que toi ! » répliqua-t-il fièrement.

- Il n'y en a pas l'ombre d'un doute ! »

Arzhvaël rit à son tour : c'était bien vrai, un jour, Answald le dépasserait de plusieurs centimètres. Bien qu'ayant hérité d'une taille plus importante que celle habituelle des Alfes Sombres, due à son côté humain, Arzhvaël n'en restait pas moins plus petit que la plupart d'entre eux.

- Mère, puis-je aller en haut de l'Hlidskjalf avec Arzhvaël ? »

Le petit homme s'était tourné vers la Reine, qui lui rendait un regard désapprobateur.

- N'as-tu pas ton cours de maniement des armes ? »

- Mais ce n'est peut-être pas si grave si je le manque pour cette fois ... »

Sa voix s'était abaissée et la déception y était bien présente. Arzhvaël se baisse donc à sa hauteur.

- Une autre fois mon petit prince. »

- Promis ? »

- Promis ! Sur ma tête d'ours ! » Il lui tendit son poing fermé et l'enfant y cogna le sien, à l'identique. « Allez maintenant va ! ou Messire Revold ne va pas être de bonne humeur ! »

Tout le monde savait qu'il valait mieux ne pas être en retard aux cours qu'il prodiguait, que vous soyez princes n'y changeait rien.

- Revold a beau être un bon professeur, je maintiens toujours que tu devrais être celui assurant l'apprentissage des combats à l'épée d'Answald, et ce malgré le fait que ta technique ne soit pas conventionnelle. Personne ne manie l'art du combat tel que toi. »

Flatté, le prince-ours lui sourit bêtement en se relevant.

- Père n'accepterait jamais, et vous le savez. »

Elestreÿa : l'AssembléeDes histoires addictives. Découvrez maintenant