PDV: Ashton
Soudain, mon père franchit la porte, son expression et sombre, me laissant deviner qu'il n'est pas venu pour discuter gentiment avec moi...
Dans un état de paralysie totale, je suis là, immobile, sans voix, mes poumons suspendus dans une apnée profonde. Rien ne semble justifier le moindre geste, la moindre parole, même respirer semble superflu, tant la torpeur de l'indifférence m'envahit. Pourquoi agir, pourquoi parler, pourquoi même inspirer, lorsque chaque action semble n'avoir aucun impact, aucune importance ? Alors que mon destin il le tient déjà entre c'est main, près à m'écraser à chaque instant.
C'est alors que je distingue qu'il se dirige vers moi, il s'approche dans l'obscurité. Une vague de tension ma envahit, réveillant mes sens engourdis, je bondis sur mes pieds dans un sursaut brusque. D'un geste prompt et décidé, j'arrache la perfusion reliée à mon bras.
Mon cœur palpite dans ma poitrine, une peur glaciale m'envahit à la simple idée de sa présence. Pourquoi est-il ici, pourquoi maintenant, je ne veux pas le voir... Je sens mes membres trembler, mes yeux s'embuer de larmes incontrôlables, une angoisse sourde me prend à la gorge. Je suis pétrifié, figé dans cette terreur qui me submerge. Je ne veux pas revivre ça, je ne veux plus le voir, tout ce que je désire ardemment, c'est être seule, juste un moment de quiétude, une parenthèse de calme dans ce tumulte de douleur.
Soudain, une voix s'élève dans la pièce, c'est Lou, ma sœur. Son courage, sa détermination à affronter l'adversité m'émeuvent, me font prendre conscience de l'injustice de la situation.
Lou : Toi, tu es méchant ! Lâche-t-elle avec une fermeté qui force le respect.
Mon regard se tourne vers elle, un mélange de fierté et de crainte mêlées.
Mais il se retourne, son visage déformé par la colère, une menace tangible dans son geste. D'un bon réflexe, je me précipite vers Lou, la protégeant de mon corps comme un rempart. Et là, le coup tombe, lourd et brutal, comme un éclair de douleur qui me frappe de plein fouet. La claque résonne dans la pièce, dans ma tête, dans chaque recoin de mon être. Je sens mon corps être propulsé loin de Lou, comme une marionnette désarticulée, tandis que ma vision se trouble, ma tête tournant sur le côté dans un tourbillon de confusion et de douleur.
Tyler lance un cri de désespoir, sa voix résonnant dans la pièce comme un écho de détresse.
Tyler : NON, MAIS QU'EST-CE QUI VOUS PREND ?! VOUS ÊTES MALADE ! Hurle-t-il, laissant échapper toute la frustration et l'incompréhension qui le submergent.
Je le vois se précipiter vers moi, un élan d'angoisse me saisit, et instinctivement, je me recule. Pourquoi moi ? Pourquoi suis-je la cible de cette violence, de cette colère dévorante ? Je n'ai rien fait pour mériter cela... Rien, sinon suivre les règles, obéir aux ordres, accomplir mes devoirs, prendre soin de chacun sans jamais me plaindre. J'ai toujours été là, docile, sage, prêt à tout pour maintenir la paix et l'harmonie autour de moi. Alors pourquoi suis-je toujours la victime désignée, incapable de trouver ne serait-ce qu'un moment de répit, une brève accalmie dans ce tumulte incessant ?
Dans un murmure à peine audible, je supplie.
Ashton : Arrêtez... je vous en prie...
Mais les paroles de mon père résonnent dans l'air, comme un jugement implacable.
Père : Tout est ta faute ! Je ne te pardonnerai jamais.
Sa voix est chargée de ressentiment, de douleur refoulée, de regrets amers.
Je le regarde, mon cœur se serre douloureusement. Il souffre lui aussi, je le sais. Il a perdu celle qu'il aimait, il s'est raccroché à moi, à sa manière. Mais cette étreinte est empreinte de reproches, de frustrations accumulées, et c'est sur moi qu'il déverse toute sa colère. Parce que je suis le lien qui le relie à celle qui l'a laissé seul, à son tourment quotidien. Je suis le fruit de leur amour, mais aussi le témoin silencieux de leur tragédie. Je ne sais plus si je dois lui en vouloir ou le plaindre. Je comprends sa douleur, je la ressens au plus profond de mon être, mais en même temps, je me sens impuissant face à cette injustice qui me frappe sans répit. Je connais le vide, la solitude qui vous enserre, qui vous dévore de l'intérieur. Je le comprends, et pourtant, je me sens si loin de lui, si étranger à sa peine.
Lou fixe Tyler avec une supplique muette, ses yeux emplis d'angoisse traduisant toute la détresse qui l'envahit.
Quant à moi, je suis tétanisé, incapable de réagir, mon esprit pris dans un tourbillon de confusion et de douleur. Mes pensées sont comme embrouillées, noyées dans un océan de souffrance indescriptible.
Une décharge de douleur irradie mes côtes, m'arrachant un petit cri étouffé alors que je me replie sur moi-même, tentant de trouver un réconfort dans ma propre douleur.
C'est alors que la voix de Mélodie perce le silence, sa préoccupation palpable dans chacun de ses mots.
Mélodie : Ça va, Ash ? Elle me regarde, inquiète, cherchant des réponses dans mes yeux hagards.
Je hoche la tête faiblement, incapable de prononcer le moindre mot.
Tyler prend Lou dans ses bras, son ton dur et autoritaire trahissant sa frustration et sa colère.
Tyler : Tu vas dégager, je ne sais pas qui tu es, mais si tu ne pars pas, j'appelle les flics, tu as compris ?
Et puis, comme par miracle, il s'en va, me laissant dans un état de confusion et d'étourdissement.
Tyler revient vers moi, m'aidant à retourner dans mon lit. Mes paroles sont à peine audibles, un murmure à peine perceptible.
Ashton : Tyler, peux-tu mettre Lou à côté de moi, s'il te plaît ?
Ma voix est faible, teintée de fatigue et de vulnérabilité.
Tyler : Oui. Répond-il simplement.
Quand Lou est enfin près de moi, je la serre contre ma poitrine, sentant le poids de l'émotion m'envahir. Quelques larmes perlent au coin de mes yeux, traces silencieuses de ma détresse. Épuisé, je finis par m'endormir, le soulagement de sa présence apaisant peu à peu les tourments de mon esprit tourmenté.
A Suivre...
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Believe Me
Fiksi RemajaCette jeune fille, gardienne d'un secret lourd, voit son âme se consumer à petit feu chaque jour. Elle souffre en silence, cherchant désespérément un moyen de s'échapper de cette douleur qui la consume. Elle se sent comme une simple poupée de chiff...
