Noir. Le ciel est tombé dans son habit nocturne, avalant la moindre clarté. Même les solitaires éclairages de la ville ne suffisent pas à faire fuir cette obscurité écrasante.
Les immeubles et autres bâtiments ne sont que des masses noires supplémentaires sur ce paysage sombre. Mon appartement rejoint ce tableau en se plongeant dans une couleur tout aussi enténébrée, et qui ne laisse que les chiffres rubis de mon réveil marquer la chambre de leur trace.
Tout se marie parfaitement bien avec mes pensées. Elles sont aussi noires et dénuées de couleurs que les teintes qui m'entourent. Cela pourrait me rassurer, me procurer un semblant de compagnie, pour me sentir moi seul dans mes réflexions sombres.
Mais c'est tout le contraire.
J'ai 'impression d'être encore plus perdu dans cet océan de ténèbres, une âme à présent solitaire qui dérive dans ses abysses.
Je connais la solitude. Cette sensation désagréable qui me fait sentir à part même entouré d'une foule de personnes. Parce que je n'ai jamais pu me confier, totalement me montrer devant les autres et agir de manière entièrement sincère. Il y avait toujours ce fossé, ce secret qui m'empêchait d'être vraiment moi-même devant ceux que je côtoyais quotidiennement.
Mais là, c'est bien pire que ça.
Parce que durant une poignée de semaines, j'étais sorti de cette solitude. Grâce à lui, j'avais pu goûter à un début de bonheur. J'arrivais un peu mieux à m'accepter, même si les doutes me brouillaient encore l'esprit. Sauf que maintenant, tout repart de zéro, de manière encore plus douloureuse. Car je sais ce que je rate à présent, je sais exactement ce que j'aurais pu vivre avec lui sans cette histoire d'accident.
Et ça fait mal.
Allongé sur mon lit, je fixe le ciel à travers ma fenêtre ouverte. Mon corps me semble épuisé, tout autant que mon esprit. Je n'ai même pas la force de me rouler sous les draps. Mon regard se tourne lentement vers les lumières rouges de mon réveil pour y lire les chiffres qui s'ancrent dans l'obscurité.
Deux heures quarante deux.
Un long et las soupir m'échappe.
Le sommeil me fuit. Encore. Il court et me nargue, s'enfuit toujours là où je ne peux le rattraper. Exactement comme les deux dernières nuits.
Et lorsque Morphée m'autorise enfin un répit au creux de ses bras, ce n'est qu'une promesse non tenue. Car le sommeil qu'elle m'offre est rarement reposant. Il est taché de cauchemars, obscurcit de pensées noires, et dérangé par des larmes incessantes.
La nuit ne me semble clairement plus aussi agréable qu'avant.
Ce qu'elle me fait vivre n'est qu'une torture de plus. Mais au final, je crois que je le mérite.
Jimin doit être dans un état aussi lamentable que moi depuis que je lui ai tout avoué.
Ce n'était pas comme ça que ça devait se passer. C'était le pire scénario possible, le voir en pleurs, aussi anéanti et perdu, tout ça à cause de moi. Le moindre souvenir de cette soirée me donne envie de m'arracher le cœur tellement je me trouve horrible.
Et évidemment, les larmes continuent de couler sur mes joues. Je pensais qu'elles finiraient par se tarir au bout de deux ou trois jours, mais dès que je rentre chez moi, elles ne s'arrêtent plus. Me rendre plus pathétique que je ne le suis déjà semble leur tenir très à cœur.
Une rapide vibration me sort un instant de mes pensées, et une lumière explose dans la chambre. Mais elle est beaucoup trop faible pour en chasser l'obscurité qui est bien installée autour de moi.
Mon téléphone.
Je me jette presque dessus, le cerveau soudainement impatient de lire ma nouvelle notification. Dans la précipitation, j'en tombe presque du lit. Mon cœur s'accélère et une lueur brillante trouve sa place dans mon regard fatigué.
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Second Chances {Jikook}
RomansaPourquoi Jungkook a-t-il si soudainement disparu et coupé tout contact avec ses anciens amis il y a toutes ces années ? Jimin ne pensait pas avoir un jour la réponse à cette question, jusqu'à ce que le destin ne décide de placer à nouveau son ami d'...
