Chapitre dix - PDV NASH

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Lorsque ces trois mots sortent à leur tour de ma bouche, je crois que personne, ni même Rafael, ne pourrait douter d'eux. Son sourire s'élargit encore plus, et il m'embrasse avec avidité. J'ai l'impression que tout mon corps s'amuse à faire exploser des feux d'artifices, tandis que je lui rends son baiser, incapable de comprendre comment, en à peine deux petits mois, Rafael a pu chambouler autant de choses dans ma vie. Je pensais impossible de tomber amoureux, de réussir à m'ouvrir et de vivre normalement avec une personne que j'aime. Parce que, oui. Même si tous les deux, on doit continuer à se connaître, il y a bien une chose sur laquelle je suis persuadé : j'aime Rafael.

J'aime son rire, son courage, sa façon de se frotter le nez quand il rigole, sa façon de marcher, son sourire, ses regards intenses, ses froncements de sourcils quand je fais quelque chose qui le perturbe, sa façon de se comporter avec Olly et Maya, la patience dont il fait preuve avec Anthea. Et par-dessus tout, j'aime sa façon de m'aimer.

Tandis que nos lèvres se séparent, j'observe chaque parcelle de son visage. Je crois que je ne me lasserai jamais de le regarder.

-Tu sais, ce n'est pas parce que je viens de te dire que je t'aimais que tu as le droit de me regarder comme si tu allais me sauter dessus pour me bouffer, réplique-t-il, amusé.

-Je te regarde normalement ! M'exclamais-je, indigné.

-Je serais ravi de continuer de discuter avec toi de tes nombreuses petites manies, mais je crois que si on ne se dépêche pas de rentrer, Anthea va nous envoyer le FBI aux trousses.

-Oui, c'est pas faux, dis-je, ayant soudainement peur de sa très certaine réaction disproportionnée.

Écoutant ma pulsion, je décide de prendre sa main, et sous son regard radieux, on commence à se mettre en route pour aller jusqu'à la voiture. Subjugué par la beauté des rues de Brooklyn pour la saison de Noël, il me faut quelques minutes avant de sentir des petites particules gelées tombant sur mon visage et mes vêtements. Des flocons.

-Rafael ! M'exclamais-je en m'arrêtant en plein milieu du trottoir, gênant au passage quelques passants.

Tombant à moitié sur le sol glissant, il se tourne vers moi, prêt à ronchonner.

-Il neige ! Hurlais-je presque.

Le nez en l'air, observant les flocons de neige se déposer à une vitesse vertigineuse sur le sol, je ne remarque pas tout de suite que Rafael tire la tronche.

-Bonne déduction Sherlock... désolé de te décevoir mon chou, réplique-t-il en me reprenant la main, mais je déteste la neige. Donc ta tentative d'être romantique vient de tomber à l'eau. Allez, dépêche-toi ! Je sens qu'Anthea va nous faire un sérieux burnout si on la fait attendre encore plus longtemps.

Un peu vexé, je me tais et me laisse me faire tirer à travers les passants et les voitures garées près du parc où nous avions laissé celle de Rafael. Complètement crevés et congelés, on se laisse choir comme deux larves sur les sièges avant. Rafael met le chauffage, mais ne démarre pas la voiture. Bloqués dans une bulle de chaleur et de confort, on se contente de regarder la neige tomber sur le parc et le Brooklyn Bridge, la buée s'étalant petit à petit sur les vitres et le parebrise.

-J'arrive pas à y croire.

La voix de Rafael vient rompre tout le charme. Interloqué, je l'interroge du regard.

-Je parle de mes parents, marmonne-t-il en laissant aller sa tête sur celle de son siège. Toute cette... peine... pour que finalement, ils décident tout bonnement de me retirer de la famille comme si je n'étais rien. Je n'arrive vraiment pas à y croire.

All the sun [BxB] Des histoires addictives. Découvrez maintenant