Retrouvailles

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Le 09 septembre 1978 à 14h, Hôpital de Saint-Avold

Jérôme Martin était en pleine séance de kinésithérapie lorsque Sarah Bexto débarqua à sa grande surprise. Il ne pensait pas qu'elle reviendrait aussi vite. Il avait réfléchi toute la matinée sur le fait de continuer à lui mentir pour la protéger ou lui avouer toute la vérité et assumer les risques qui pourraient en résulter. Il en était là de ses réflexions lorsqu'elle était arrivée. Il n'avait pas eu le temps de se décider sur l'option choisie. De toute manière, elle ne lui laissa même pas le temps de prendre la parole. Apparemment, quelque chose la paniquait.

« Jérôme, excuse-moi de te déranger mais il fallait que je te vois, ou plutôt que je te parle. C'est important. Je sais que tu ne te souviens plus de rien, mais justement j'ai besoin d'un œil extérieur. »

« Sarah, attends il faut que je te parle. »

« Ecoute, j'ai trouvé une lettre à mon domicile. Une lettre du tueur. Il révèle beaucoup de choses. Il me connaît personnellement. Il sait que j'ai un frère qui s'appelle Paul et que nous ne nous voyons plus depuis des années. C'est forcément quelqu'un que je connais ou que j'ai connu. Mais je n'ai aucune idée sur l'identité de cette personne. Je ne sais plus quoi faire. J'ai l'impression de tourner en rond. Que peux-tu me conseiller ? Aide-moi s'il te plaît. Je n'en peux plus. »

Elle était au bord des larmes. Elle était à bout nerveusement, il ne fallait pas être devin pour le comprendre. Malheureusement, il ne lui serait d'aucune aide. Il ne la connaissait pas assez pour connaître les rapports qu'elle entretenait avec les membres de sa famille. Elle n'avait d'ailleurs jamais abordé ce sujet avec lui. Il ne savait donc pas si elle avait encore ses parents, des frères et sœurs, oncles ou tantes... Il tenta de le lui expliquer :

« Sarah, je suis désolé mais je n'ai aucune idée concernant ta famille. Nous n'avons pas vraiment eu le temps d'aborder ce sujet. Maintenant, si tu veux mon avis sur quoi faire avec cet assassin, c'est continuer les recherches de manière normale comme tu le fais habituellement. Il essaye peut-être juste de t'attendrir ou de te détourner de manière sentimentale en constatant que tu t'approches trop près du but. »

« C'est possible. Mais je ne crois pas. Je ressens vraiment comme une connexion avec lui. Je sais que c'est inconvenant venant de celle qui est censée enquêter sur lui mais il sait trop de choses que personne ne sait à mon sujet. Je n'en ai jamais parlé à personne mais lui le sait. Ca ne peut pas être de simples coïncidences. »

« C'est possible. Quoi qu'il en soit, reste sur tes gardes et continues à être professionnelle. On ne sait jamais. Par contre, je dois te dire quelque chose. C'est important. Je me souviens de tout. »

« C'est une bonne nouvelle. Mais depuis quand ? Tout t'es revenu d'un coup ? C'est possible ? »

« En fait, je n'ai jamais vraiment perdu la mémoire. Le médecin était au courant. Mais j'ai préféré simuler une amnésie pour te protéger car je savais que tu continuerais à être en danger en étant à mes côtés. J'ai préféré ne pas prendre de risque. Tu es trop précieuse à mes yeux. J'espère que tu pourras me pardonner mais c'était ça ou prendre le risque qu'il s'en prenne à toi ou à nous. Je suis vraiment désolé. »

« Non, ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas. Je comprends. J'aurais juste aimé que tu me fasses confiance, que tu me laisses décider de ce qui est bien ou pas pour moi. »

Jérôme n'en revenait pas. Elle ne s'était pas énervée après lui, lui reprochant simplement de ne pas lui avoir demandé son avis. C'était compréhensible. Cette femme était tout simplement surprenante.

Il en était sûr, cette femme était la femme de sa vie. Il ne devait pas laisser passer sa chance. Désormais, il se fit la promesse d'être toujours sincère avec elle. Il s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras afin de la réconforter :

Meurtres en Terre LorraineDes histoires addictives. Découvrez maintenant