Espoirs

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Hôpital de St Avold, 07 septembre 1978

Cela faisait maintenant un mois que Sarah venait ici tous les jours, souhaitant avoir enfin une bonne nouvelle, espérant toujours mais en vain un miracle. Un mois que celui qu'elle aimait était cloué dans son lit d'hôpital, toujours dans le coma sans aucun signe d'amélioration. Les médecins avaient beau affirmer que le plus dur était certainement passé puisqu'il vivait encore mais qu'il fallait lui laisser du temps, elle désespérait de le voir se réveiller un jour et pouvoir à nouveau lui parler, le toucher, l'embrasser...

Et pendant ce temps, Timothé Reynold s'était fait la malle. Il avait complètement disparu de la circulation. Même sa sœur ne savait pas où il pouvait se trouver, elle non plus n'avait aucune nouvelle de lui. Il n'y avait que deux possibilités à cela : soit son complice l'avait tué afin que personne ne puisse remonter jusqu'à lui, soit il l'avait aidé à se planquer en lui fournissant tout le nécessaire ( logement, alimentation, argent, pièce d'identité... ). Le problème pour Sarah et son équipe était qu'ils n'avait absolument aucune idée de l'option choisie par le tueur. Tout était possible, à l'image de cette enquête folle.

Pourtant cette journée allait être différente car lorsqu'elle arriva à l'hôpital, elle fut surprise de voir un sourire sur le visage du médecin qui l'accueillait comme chaque matin. C'était devenue une habitude pour eux. Ce médecin avait été ému par les circonstances de l'accident et touché par cette femme qui croyait dur comme fer au rétablissement de l'homme qu'elle aimait. Il s'était donc promis de l'accueillir lui-même chaque matin pour prendre le temps de discuter quelques minutes avec elle. Au fond de lui, il avait été attristé de constater qu'elle était la seule et unique visite que son patient avait eu depuis son admission dans son service, hormis ses collègues de travail. C'était à croire qu'il n'avait réellement aucune famille ni même d'amis tenant à lui. Mais aujourd'hui était peut-être, du moins l'espérait-il, un nouveau départ pour cet homme et cette femme.

Cette nuit, son patient avait montré quelques signes d'amélioration qui lui faisait espérer une prochaine sortie du coma. Toutefois, rien ne pouvait indiquer s'il aurait des séquelles physiques ou mentales. Il faudrait patienter pour en savoir plus, le temps d'effectuer quelques examens de contrôle. Mais il avait bon espoir d'un rétablissement total. La balle n'avait touché aucun organe vital, seule l'hémorragie avait été un risque vital pour sa santé mais elle avait été prise à temps ce qui devrait éviter des complications handicapantes. Il rassura donc rapidement le Lieutenant Bexto qui venait d'arriver.

« Lieutenant Bexto, comment allez-vous ? Bien j'espère parce que les nouvelles semblent positives ce matin. Il paraît que votre collègue a montré des signes d'amélioration cette nuit. J'allais justement vérifier s'il y a du changement et s'il est prêt à reprendre conscience. Exceptionnellement, je vous autorise à venir avec moi dans la chambre. »

Trop émue pour répondre quoi que ce soit, Sarah le suivit en silence tout en essayant de rester impassible pour ne pas se faire de fausse joie si Jérôme ne se réveillait pas. Pourtant, un grand sourire apparut sur son visage lorsqu'elle pénétra dans la chambre et constata que ce dernier était enfin réveillé. Certes, il paraissait très fatigué et un peu paumé mais c'est tout à fait logique après une semaine dans le coma. Il ne devait certainement plus se souvenir de grand-chose concernant son accident et c'était tant mieux pour le moment. L'important était qu'il guérisse. Mais une ombre passa sur son visage quand il l'aperçut et le coeur de Sarah se fendit en deux, comme brisé par un coup de poignard lorsqu'elle l'entendit prononcer ces mots :

« Excusez-moi madame, mais qui êtes-vous ? Et pourquoi suis-je dans une chambre d'hôpital ? »

Cela faisait maintenant presque une heure que Sarah s'était enfuie en courant de cette chambre d'hôpital où elle avait vu tous ses espoirs s'effondrer en une fraction de seconde. L'homme qu'elle aimait, celui pour qui elle aurait tout donné, celui qui lui avait redonné le sourire et l'envie d'aimer, lui ne se souvenait plus du tout d'elle. Ni de son nom, ni même de son visage. Elle était effondrée au point de ne plus rien vouloir sur cette terre. Elle maudissait celui qui était à l'origine de tout cela. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle était totalement impuissante face à cette situation. Cela faisait maintenant presque six mois que ce tueur en série avait débuté ses meurtres et il ne lui restait environ que trois mois pour éviter une nouvelle et dernière victime. Sinon elle aurait échoué et pourrait abandonner toute idée de promotion et d'avenir. De toute façon, le souhaitait-elle encore vraiment si c'était pour vivre seule jusqu'à la fin de sa vie ? Maintenant qu'elle avait découvert qu'elle pouvait être heureuse aux côtés de quelqu'un, il était inconcevable pour elle de finir seule.

Meurtres en Terre LorraineDes histoires addictives. Découvrez maintenant